« N’aie pas peur, je suis là. »

unbrindemaman © EM – « N’aie pas peur, je suis là. »

C’est, je crois, l’un des mois les plus difficiles de l’année pour moi. Il est plein d’ambivalences, de naissances et de décès. Avec autant de joies et de petites fêtes que de tristesses. C’est le mois de mai. Mon mois de mai à moi. Celui qui succède à mon doux mois d’avril, celui-là même qui me renvoie toujours à mes souvenirs d’enfant, à ma première famille et à mes moments de vie les plus naïfs. Après ce mois de nostalgie, sans répit, je tombe inlassablement sur le mystérieux mois de mai. Depuis trois ans maintenant, c’est le mois qui a fait de moi une adulte d’un coup de savate.

Est-ce que j’aurais même imaginé un jour que ce pourrait être de moi que l’on pourrait parler, dans les futurs repas de famille, entourés d’enfants avides d’histoires, comme de l’arrière-grand-mère qui avait perdu un jumeau à terme sans crier gare ? Je serais cette arrière-grande-tante qui avait vécu une chose horrible : « Tu te rends compte… » Celle qui avait toujours le sourire et qui répondait toujours  :« Ça va et toi ? », comme si de rien n’était, comme si tout allait finalement bien pour elle. Celle qui n’en parlait jamais et qui continuait à vivre comme tout le monde. Si seulement ils pouvaient savoir combien j’ai envie d’en parler. Au moins autant de fois que j’y pense… un peu chaque jour. Mais dans le présent, ça n’intéresse personne, et je reste seule avec mes sentiments.

Je commence à m’approcher de certaines dates qui m’engourdissent quand j’y pense : la naissance de mes jumeaux, la fête des mères et quelques autres dates aux alentours qui ont beaucoup de sens,  des dates que personne ne retient mais qui sont intactes dans mon cœur… Pour ne parler que de la fête des mères, elle n’a jamais été une vraie date importante pour moi (c’est un truc commercial, non ?). Mais voilà,  l’année de naissance de mes enfants, cet événement précis, qui bouge d’année en année, tombait le jour même de leur naissance, comme une petite claque supplémentaire. Ce matin-là, et alors que l’accouchement était prévu le lendemain au petit matin, j’ai voulu trouver le moyen de m’évader l’esprit. Je m’étais réveillée tôt d’un cauchemar très réaliste dans lequel j’étais pétrifiée de peur. Dans ce rêve étrange, l’un des deux berceaux qui était à mes cotés s’était tourné d’un quart de tour tout seul. Un rêve vraiment très étrange qui m’avait fait froid dans le dos au point de m’en réveiller en larmes. Un cauchemar comme je n’en fais absolument jamais (le premier, pas vraiment effrayant avec du recul, et dernier en date, datant peut-être de mes cinq ans).

Ce dimanche matin, je n’avais ni envie de lire sur la grossesse, la maternité ou l’accouchement, ni envie de perdre mon esprit dans un roman qui allait m’emmener dans quelque chose de trop décalé de ce que j’allais vivre quelques heures plus tard. J’étais seule et j’avais seulement envie de laisser mon esprit se décharger complètement de toute forme de stress possible. J’ai décidé d’allumer la télévision de ma petite chambre d’hôpital dans laquelle j’étais confinée depuis 14 jours. L’hospitalisation avait été tellement longue, je voyais enfin le bout. J’avais finalement réussi à me détendre complètement avec des programmes pour enfants un peu nuls il faut le dire (Gulli étant la seule chaîne dont j’avais le droit dans mon forfait), mais ils avaient le mérite de me laisser sereine pour une heure ou deux. Puis il y a eu cette publicité sur la fête des mères : c’était le jour même, et à ce moment précis, j’ai eu une monté d’angoisse et de chagrin terrible, incontrôlable. J’ai décroché mon téléphone, j’ai appelé ma maman, je lui ai souhaité une joyeuse fête des mères et j’ai fondu en larmes. J’avais l’intime conviction que j’allais perdre la vie dans cet accouchement, je lui ai même fait mes adieux (c’est complètement loufoque quand j’y pense). C’était un sentiment inexplicable, qui prend au cou et qui était complètement nouveau pour moi. Je n’avais jamais ressenti cela avant. Je lui ai énoncé les grandes lignes de mon testament à cet instant (j’ai même écrit quelques mots à mes enfants). Je n’avais pas peur de la mort en tant que telle, mais j’étais terriblement chagrinée à l’idée de ne pas pouvoir rencontrer mes enfants.

Pour moi, c’était certain, le lendemain se serait fini pour moi. Je serais une maman fantôme qui n’aurait même pas eu le temps d’embrasser ses enfants pour qui elle avait tant souffert. Ma maman m’a rassurée comme elle a pu. Elle était démunie et un peu perdue par ce que je lui racontais. Avec du recul, je me demande vraiment ce qui m’a pris. C’est en apprenant que nous étions le jour de la fête des mères que j’ai réalisé le nouveau rôle imminent qui m’attendait. J’avais pourtant hâte, mais il faut croire que mon subconscient avait déjà ressenti des choses. Il m’était inimaginable de projeter ce sentiment sur mes enfants, alors je pense que j’ai naturellement dû penser que c’est de moi dont il allait s’agir. La mort avait-elle déjà pénétré mon ventre ? Depuis combien de temps ? À l’instant même ? Quelques heures avant ? À quelques minutes près ? Et mon cauchemar ? Depuis quand est-ce que je fait des rêves prémonitoires, moi ? Est-ce même possible de ressentir autant de choses d’un coup ? Ça existe vraiment ?

Le mystère reste entier. Je n’ai pas partagé cette grande angoisse soudaine avec mon époux qui n’était pas présent cette matinée-là. Je ne voulais pas l’inquiéter, mais je peux dire sans aucun doute que j’ai ressenti la mort roder autour de moi. J’aurais préféré en être la cible, mais on ne choisit pas ces choses-là.

Une heure plus tard, une sage-femme découvrait, durant une dernière échographie de contrôle, que c’était fini. « Un cœur sur deux s’est arrêté, c’est comme ça, on ne peut rien faire Madame. » J’ai accouché en urgence, le jour de la fameuse « fête » des mères. Dans l’incompréhension la plus totale. Ce fut un déchirement sans nom. Je pouvais m’attendre à tout sauf à cela. Depuis ce jour, je ne cesse d’y repenser. À ce pressentiment que j’ai eu, à cette certitude de ma mort à moi, quelques minutes avant qu’on ne m’annonce qu’une partie de moi s’était effectivement envolée.

Je n’ai réellement ressenti la mort roder autour de moi qu’une seconde fois, de façon très surprenante lors d’un voyage en famille, suite à cette épreuve qui m’a laissée hypersensible, hyperprévoyante et hyperprotectrice avec ma fille, mon époux et ma famille en général. Je précise que je n’ai absolument jamais eu de pensées morbides et que j’aime la vie, je n’ai jamais eu de tels pressentiments avant de rencontrer la mort. Dieu merci, nous n’avons rien eu durant ce voyage, mais au retour nous avons croisé une voiture retournée sur la route entourée de nombreux soignants. Quelqu’un est peut-être mort ce jour-là, ce n’est pas certain mais c’est très probable. Cette image reste encore gravée dans ma mémoire.

Pourquoi écrire tout cela ? Je ne sais pas. Il m’arrive de me sentir complètement décalée du reste du monde. Comme si j’étais déjà cette arrière-grand-mère lointaine qui avait vécu de vraies choses. De vraies épreuves de la vie. Le genre de choses qu’on ne partage pas avec n’importe qui si l’on n’est pas prêt à entendre des atrocités ou des idioties mais qu’on apprend à décrire tout de même en dépit de tout cela, avec recul toujours. Et tant pis pour ceux qui n’ont pas la maturité et l’intelligence émotionnelle de comprendre. De toute manière, je reste seule avec mes souvenirs et mes ressentis. Je suis alors tantôt cette coquille vide avec le cœur en miettes, abattue et vidée, et quelques temps plus tard, je peux être une version de moi-même pleine de force et de courage. Mais en même temps, est-ce que j’ai vraiment le choix ? Je sais que dans les deux cas, l’espoir est toujours là, alors je tiens. Mais, aussi entourée que je puisse l’être, c’est un chemin douloureux que j’empreinte seule.

C’est souvent le soir que mon esprit et mon cœur me soumettent ce temps de « décryptage » que je n’ai parfois pas. Le mois de mai semble donc devenir le mois des insomnies sans que je ne puisse rien y faire. Et je me refais inlassablement le même film. J’essaie de comprendre. Je me revois discuter avec les médecins, les sage-femmes, le personnel soignant. Je revis tout sans aucun manquement, avec détails, sans écart avec la réalité. J’analyse chaque mot et chaque regard pour comprendre. Je revois mon fils dans mes bras. Mon grand garçon qui était si beau et si mignon. Un vrai petit homme qui semblait avoir vécu tellement plus que moi, avant même d’être né. Mon fils que j’aime tant et dont je souffre de n’avoir pu embrasser assez les joues, les mains et le front. Il me fallait bien une vie pour parvenir à lui offrir une quantité acceptable de l’amour qu’il mérite tant, si j’avais pu. Je me rappelle ses traits, son poids dans mes bras, son sourire, ses cheveux. Tous ces détails troublants que je retrouve intacts sur ses photos et en sa sœur jumelle aujourd’hui encore. Je me rappelle de mon époux qui était affecté comme jamais je ne l’avais vu auparavant, son fils dans les bras… Je me rappelle aussi les réactions de notre entourage et de l’équipe médicale. Toutes différentes, parfois absentes, parfois sommaires, parfois inquisitrices, parfois réconfortantes, à l’écoute, accusatrices ou compréhensives, et aussi maladroites la plupart du temps. Et je me demande, qui était vraiment là pour moi ? Pour nous ? Qui sont ceux qui ont cherché à savoir si nous allions bien ? Qui sont ceux qui nous ont pris dans leurs bras ? Qui avait l’oreille attentive et les mouchoirs tendus simplement par bonté et par empathie, sans rien attendre en retour, sans curiosité mal placée ? Qui a sincèrement pris du temps pour nous ? Même si ces situations sont désagréables et gênantes ? Qui a fait l’effort de rester neutre et délicat, même si ce n’est pas évident ? Qui a fait l’effort ?  Et qui en fait toujours ? Je me rappelle que j’ai beaucoup entendu : « Allez c’est bon, arrête de pleurer, tu as ta fille, estime-toi heureuse. » C’est le genre de réflexion qui balaie d’un revers de la main les sentiments que j’ai besoin d’extérioriser et de simplement partager. Le genre de réflexion auquel on ne peut rien répondre parce que le mur qui se tient devant nous est trop imperméable. Froid.

Les premiers temps étaient traumatisants, et ce, au-delà des faits, de par les images qui en ressortent, de par certaines réactions ou certains mots que j’ai reçus, et ce sont ces attitudes qui ont contribué à ce que je finisse par me résoudre à garder de plus en plus les choses pour moi, pour me protéger. Mais voilà les conséquences, c’est un très lourd chagrin qui refait surface et qui déborde la nuit, souvent au mois de mai, à l’approche des fameuses dates. C’est ma réalité. Même sur mon propre blog, j’ai mis du temps à en parler, pour ne pas déranger. C’est triste quand on y pense.

« N’aie pas peur, je suis là. » Ça, c’est une phrase que j’aime, qui a du sens, qui veut dire en quelque sorte : « Tu peux compter sur moi, je suis à tes côtés pour traverser cette épreuve ». Ces phrases, j’aurais eu besoin de les entendre mille fois ou même au moins une seule fois. Même si elle sont simplistes et qu’elles ne déterminent rien, elles restent émotionnellement très réconfortantes pour quelqu’un qui a justement peur. Moi, sur le coup, j’étais pétrifiée par à peu près tout. Peur de ne pas comprendre, de ne pas réussir à profiter de mon fils tant qu’il était encore dans l’hôpital près de nous. Peur de perdre aussi ma fille soudainement. Peur d’être submergée par la peine. Et, comme toutes les nouvelles mères, peur de mal faire et de me sentir perdue dans ce nouveau rôle inconnu et tranchant pour lequel tous les regards étaient tournés vers moi. Je me suis finalement très bien débrouillée et ce dernier point n’a pas du tout posé problème. Au contraire, passées les premières heures, ce n’est qu’auprès de ma fille que je me sentais comprise, en sécurité, forte, protectrice et utile. C’était une évidence. J’étais sa seule maman. J’étais leur maman et je les aimais de tout mon cœur tous les deux, autant l’un que l’autre, pour toujours.

« N’aie pas peur, je suis là. » Il faut croire que c’est une phrase que j’ai beaucoup répétée à ma fille puisqu’elle me l’a sortie hier, avec son cœur, avec une prononciation  parfaite en me caressant la tête alors que je venais de sursauter après qu’une mouche se soit posée sur ma main. Ça n’a l’air de rien, mais ces mots et ce geste de réconfort immédiat m’ont profondément touchés. Évidemment, ce n’est pas le rôle d’un enfant de réconforter son parent. Ce n’est pas ce que j’attends de ma fille. Je fais d’ailleurs attention de ne pas trop craquer devant elle concernant son frère, ce qui ne nous empêche pas de lui parler de son jumeau. Nous le faisons avec le sourire la plupart du temps. Je pense que c’est de voir qu’elle a cette empathie et cette douceur en elle qui m’a vraiment beaucoup émue.

Avant la naissance de mes enfants, je n’avais jamais vraiment rien vécu de personnellement difficile. J’avais une vie simple, avec des défis simples, des études longues et difficiles certes, mais ce n’était pas une question de vie ou de mort, c’était mon choix, mon truc à moi. Je n’avais pas de vrais problèmes… J’étais à l’écoute de tout le monde, toujours disponible. J’étais la bonne copine réconfortante. J’étais le réceptacle des histoires les plus tristes et graves de mes copines, on me parlait de cancers, de problèmes graves, d’avortements et d’autres histoires lourdes à vivre et difficiles à supporter. Parfois, cela dépassait le cadre de mes copines les plus proches, et des filles que je connaissais à peine prenaient le temps de me déballer leur vie la plus intime, comme si j’étais la seule personne disponible pour entendre cela. J’étais la confidente et moi je n’avais jamais rien à raconter, car je n’avais pas de problèmes. Je ne me posais même pas la question de savoir s’il y aurait quelqu’un de l’autre côté pour moi le jour je pourrais en avoir besoin. J’écoutais juste, je réconfortais, je donnais mon avis aussi tranchant soit-il mais avec sincérité lorsqu’on me le demandait, et j’aiguillais comme je pouvais les âmes en peine qui venaient pleurer à mon épaule. Je me suis toujours sentie spéciale vis-à-vis de toutes ces confidences qui m’arrivaient étrangement aux oreilles sans que je ne demande rien. C’était juste comme ça. Je n’avais aucun problème, il fallait bien que j’aide les autres, non ?

Puis récemment, j’ai compris. Ce que j’ai remarqué depuis que j’ai vécu ce que j’ai vécu, c’est que nous sommes dans une société du « chacun pour soit », où si tes émotions me gênent, je ne vais pas faire trop d’efforts pour essayer de prendre le temps de te réconforter, parce que je ne veux pas que tes ondes de tristesse viennent se réverbérer dans ma petite bulle. Mais bon, allez allez, c’est bon, arrête de pleurer, qu’on passe à autre chose. D’ailleurs, je t’ai raconté ma journée ? C’est la réalité du monde dans lequel nous vivons. Une société du chacun pour soit, une forme de course au bonheur individuel où rares sont encore les personnes qui sont touchées par les problèmes des autres au point de leur tendre les bras. Et alors que l’humain a intrinsèquement besoin l’un de l’autre pour aimer, se sentir aimé, et avancer sainement dans la vie, entouré d’autres êtres humains à l’écoute, il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas dans cette dynamique empathique. Il y a même beaucoup de personnes qui n’ont aucune notion de sollicitude. Mais vraiment aucune…

Pour les plus fragiles qui traversent des épreuves difficiles, certains ont même recours à des psy parce qu’il n’y a vraiment plus d’issus. Est-ce que je suis un peu en train de dire que si tout le monde avait au moins un peu de sollicitude pour les autres, alors il n’y aurait plus vraiment besoin de psy ? Je parle du cas utopique où tout le monde aurait la chance d’avoir au moins quelqu’un de confiance à qui parler, et de quoi être réconforté… Peut-être que c’est ce que je pense, effectivement.

Pour moi, personnellement, j’ai eu quelques soutiens qui ont été très importants, non pas parce qu’ils cherchaient à trouver une explication, ni parce qu’ils voulaient à tout prix que j’arrête au plus vite de pleurer. Non, ils ont juste été à l’écoute et ils m’ont simplement prise dans leurs bras. Je n’attendais rien de plus. Et d’ailleurs, que pouvaient-ils faire de plus ? Ils ont fait le maximum et c’est ce qui était important. Je savais que le vrai chemin intérieur, je le ferais seule, mais ce petit soutien extérieur a tout de même été très important. Alors je n’ai pas eu besoin de psy, mais à côté de ces personnes incroyables qui ont vraiment été là et que je n’oublie pas, j’ai entendu tellement d’inepties de la part du reste du monde, parfois à des moments où j’étais la plus sensible et fébrile, que j’ai eu tendance à me renfermer sur moi-même pour me protéger de certains mots pourtant incohérents parfois, surtout incroyablement déplacés la plupart du temps. Aujourd’hui, je n’attends vraiment plus rien des gens, même plus des médecins qui sont pourtant censés avoir fait un peu de psycho dans leur parcours, je suppose… Aujourd’hui, ma foi reste ma seule toile de fond, et même si j’aurais préféré pouvoir m’exprimer davantage sans avoir le sentiment de déranger, je reste sur cette base, accompagnée des gens qui m’aiment vraiment et qui m’ont déjà démontré leur soutien sincère et désintéressé.

J’ai eu cette grande désillusion au moment du choc, mais on ne m’y reprendra plus, maintenant j’ai compris. Tout le monde n’est pas sensible, tout le monde ne comprend pas, tout le monde ne veut ou ne peut pas faire l’effort, tout le monde n’est pas ce qu’il prétend être et c’est d’ailleurs sûrement pour toutes ces raisons que les psy ont autant de boulot… Les jours où j’ai vraiment un trop plein d’émotions, je me dirige vers ceux qui ont vraiment été là, ceux qui ne m’ont pas déçue au moment où j’avais vraiment besoin de soutien. Je me dirige vers ceux en qui je sais que je pourrais me confier sans problème. Ils sont très peu nombreux, mais j’ai la chance d’en avoir quelques-uns dans mon entourage, sans oublier mon époux et ma fille, dont la seule présence me rassure et me réconforte. Et même avec ces quelques soutiens importants, je ne me fais pas d’illusions : le vrai chemin, on le parcourt seule, dans sa tête et son cœur, avec ses souvenirs, avec ses émotions, et avec sa foi.

Je terminerai ce billet un peu brouillon par cette belle phrase de Gandhi (ce billet se transforme finalement en un genre de rendez-vous des mots inversé) : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

Moi, j’ai sûrement énormément de choses à changer sur plusieurs points. Mais concernant mon empathie et ma sollicitude, je ne compte pas changer pour devenir aigrie sous prétexte que j’ai vécu une chose difficile. Car quand je lis cette citation, je pense à ces (et je ne les mets pas toutes dans le même sac) secrétaires, ces sage-femmesces gynéco et autres femmes qui se sont occupées de moi avec si peu de douceur à cette période traumatisante de ma vie. Je pense au jour où elles traverseront des épreuves aussi difficiles à vivre que ce que j’ai enduré, si elles ont à en vivre (et je ne le leur souhaite vraiment pas). Je pense à elles, parce que bien malheureusement, à moins de beaucoup de chance, je doute qu’elle puissent s’attendre à plus que ces mentalités froides qu’elles ont elles-mêmes contribué à forger autour d’elles.

En ces soirs de mai, quand je me replonge dans tous ces souvenirs,  je me demande pourquoi j’ai été témoin d’autant de « froideur » alors que j’ai toujours été très chaleureuse avec tout le monde, tout au long de ma courte vie. J’ai le sentiment de ne pas avoir mérité un tel traitement. Évidemment, je ne parle pas du décès soudain et inexpliqué de mon fils ; cela, personne n’y peut rien, je n’en veux à personne pour cela, et ces questions sont trop complexes à mon échelle, mais je parle bien de la réaction des gens vis-à-vis de cette épreuve. Ces réactions qui m’ont tant déçue et qui me laissent encore un goût amer. Alors pourquoi ?

La seule réponse que j’ai trouvée, c’est que j’étais bien trop naïve. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur la réalité de la vie, la vie où tout n’est pas rose. Il y a cette redoublante en archi qui, à mon arrivé en première année, me disait : « L’archi, c’est comme dans la vie, tu marches ou tu crèves. » J’étais persuadée qu’elle avait tord et je pensais d’ailleurs que c’était à cause de cette mentalité malade qu’elle avait loupé son année. Et finalement, j’ai découvert qu’énormément de personnes ont cette mentalité. C’est ça le problème. Personnellement, et même avec tout ce que j’ai vécu, je continue de penser qu’elle avait tord. Et aujourd’hui, même si j’ai le cœur d’emblée plus lourd lorsque je vais à la rencontre des personnes, je reste avenante et à l’écoute car je reste convaincue que c’est ce dont les habitants du monde ont besoin pour aller mieux, justement parce que la vie est dure.

C’est ce que je compte continuer d’enseigner à ma fille.  C’est vrai, je lui répète souvent « N’aie pas peur, ne t’en fais pas, je suis là » quand je veux la réconforter, et j’espère que ce sont des mots qu’elle continuera de prononcer à son tour le jour où elle sera auprès de personnes qui auront besoin de réconfort à leur tour, même si elle ne leur doit rien, juste par humanité. Vraiment juste par humanité. Parce que je sais que même si le chemin intérieur, nous le faisons toujours seule, et même avec la foi, nous avons tout de même besoin des autres membres de la communauté humaine pour avancer, c’est comme ça.

Un « Ne t’en fais pas, tu n’es pas seule », c’est comme un sourire, c’est comme une caresse sur l’épaule, c’est comme un regard réconfortant, ça ne coûte rien.

Je n’oublierai simplement pas de lui préciser que toutes les personnes qu’elle pourrait rencontrer dans sa vie n’auront pas forcement la sollicitude et le cœur qu’elle a, et qu’une fois de plus, elle ne devra pas s’en faire, car ce qui importe, et ce qui est certain, c’est que même si le chemin on le fait seul, elle pourra toujours compter sur moi, son papa et sur son frère qui reste auprès de nous, dans nos cœurs et notre esprit pour l’accompagner si besoin. Et notre foi reste un moteur d’espoir incommensurable qui fait que même seule au monde, même délaissée de tout le reste de l’humanité, nous ne sommes jamais complètement seule.

Je me relis un peu et je constate que j’ai seulement suivi le fil de ma pensée. Je pars finalement un peu dans tout les sens et je me répète beaucoup. Dans cet article qui est déjà bien trop long, je ne parle pas seulement du cheminement et de la gestion émotionnelle personnelle du drame en tant que tel, qui pourrait faire l’objet d’un article à part entière, mais je parle aussi de l’accompagnement qu’une personne peut espérer recevoir de son entourage ou des personnes présentes au moment du choc ou encore de simples inconnues, pour espérer aller mieux.

Bien sûr, personne ne peut changer les faits, et personne ne peut prétendre réussir à faire oublier les soucis d’un coup de baguette magique, mais avec quelques gestes et quelques mots, on peut faire tellement. Durant les premiers mois où j’étais vraiment très sensible, un regard fuyant pouvait me briser le cœur, une remarque déplacée pouvait me remplir de rancœur, de colère et d’incompréhension, comme si j’avais besoin de ça en plus… Une question mal placée pouvait me tourmenter des nuits entières (elles me reviennent encore aujourd’hui).

Toutes les intonations, les regards et les mots, d’inconnues comme de proches, avaient de l’importance pour moi, c’était mon seul moyen pour me rattacher à l’humanité de nouveau. Inversement, la simple mention du prénom de mon fils et de mon rôle de maman pour lui pouvaient me remplir de joie, parce que ces personnes qui n’avaient pourtant jamais rencontré mon fils le considéraient comme un membre à part entière de ma famille, avec respect et bienveillance. Le dire et le montrer concrètement était important pour moi. Faire comme si nous n’avions rien vécu, et comme s’il n’avait jamais existé, était très malsain et je ne le supportais pas.

Aujourd’hui, avec beaucoup de recul et avec plus de lucidité sur cette humanité détraquée et malade dans laquelle nous évoluons, je lâche du leste. Je suis peut-être moins « exigeante » (exigeante est un grand mot, disons plutôt que ce que je pensais être naturel comme réactions de réconfort ne l’était tout simplement pas pour tout le monde). Je n’attends rien et plus encore, je me préserve. Je reste très sensible mais je me protège encore beaucoup mieux du regard et des réflexions des autres. Parce que j’ai enfin compris que tout le monde ne peut simplement pas comprendre, tout le monde ne sait pas comment faire pour avoir les bons mots ou pour simplement être là. C’est triste de le réaliser sur le coup, mais c’est comme ça. C’est la vie et il faut continuer d’avancer.

EM.

Merci à celles qui auront eu, une fois encore, le courage de me lire jusque-là… Si vous avez déjà été confrontée à des épreuves difficiles dans votre parcours de vie, avez-vous été bien entourée ? Avez vous été déçue, ou alors vous n’attendiez rien ? Avez-vous eu recours à des aides extérieures ou êtes vous parvenue à vous en sortir seule ? Si vous avez la foi, comment celle-ci vous a-t-elle aidée à garder le cap ? Exprimez-vous librement en commentaire.

Personnellement, j’ai écrit la première partie de cet article hier, et cette nuit j’ai beaucoup mieux dormi. Alors c’est vrai, comme on a aussi pu me le faire remarquer, il y a pire dans la vie que d’enterrer son enfant. C’est vrai, au moins on a pu en avoir un, et puis dans mon cas, j’en ai une autre en vie. C’est certain que je suis reconnaissante pour cela, mais il n’empêche que j’ai une peine relative à un autre traumatisme qui mérite d’être extériorisé. Ce n’est pas parce qu’il y a pire qu’on ne peut pas se permettre d’y penser, d’en parler et de pleurer quand on en a besoin. Alors n’hésitez pas à en parler et à écrire aussi quand il n’y a plus personne pour soulager vos douleurs au moment où vous en avez besoin, parce que ça fait du bien.

Il n’y a pas que des écrits tristes sur mon blog, ce n’est pas parce que j’écris à ce sujet que je suis incapable d’être joyeuse et d’avoir des projets dans ma vie. Vous le voyez bien… Arrêtons de penser qu’endiguer nos sentiments pourrait nous aider à aller mieux. Car c’est tout le contraire et je suis convaincue qu’une majeure partie des problèmes du monde se tient dans cette simple question ; dans des non-dit qui causent tant et tant de névroses qui s’entremêlent parce que la sollicitude des uns et des autres se perd à mesure que les orgueils individuels grandissent…

Pour ma part, il me reste encore quelques dates à traverser, le mois de mai laissera place au mois de juin et la vie va continuer. De toute façon, il n’y a pas mille choix, il faut continuer d’avancer.

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Unbrindemaman débarque sur Etsy !

unbrindemaman © EM – Unbrindemaman débarque sur Etsy !

Une nouvelle aventure s’offre à moi ! Eh oui, depuis quelques temps, je réfléchissais à trouver le moyen de faire rayonner davantage ma boutique, puisque le confinement et toute cette triste histoire de virus a aussi touché de plein fouet ma petite activité.

Je m’estime heureuse évidemment puisque personne n’est malade et que tout va bien. Mais j’ai pris ce laps de temps pour me former enfin davantage à cet exercice délicat qu’est la vente. Avec l’asso et le système de boutique que nous avons mis en place, mon époux et moi avons absolument toutes les casquettes et je n’avais pas encore vraiment  pris le temps de me former à la vente en tant que telle. Durant cette période, j’ai pris conscience d’une somme incroyable de choses, de petits défauts, de lacunes dans ma communication, de manquements dans les mises en scène de mes produits. Plein de choses à améliorer… Pourtant, vous avez été au rendez-vous, et aussi fou que cela puisse paraître, j’ai pu sortir une seconde collection et continuer d’avancer dans ce projet. Pour cela, je vous remercie encore.

J’ai passé des heures à lire et écouter à ce sujet et j’ai aussi compris une chose essentielle qui est que la boutique que vous avez connue jusque-là n’était rattachée qu’à mon blog et mes réseaux, mais qu’elle n’était rattachée à rien de plus que cela. Cela signifie que mon travail se retrouvait ainsi perdu dans une immensité phénoménale de recherches possibles, et seules les personnes qui connaissaient directement mon travail, via mon blog ou mes réseaux (vous), pouvaient retomber sur ma boutique. Ce mode de fonctionnement limite beaucoup les interactions, les échanges et la plage de découverte possible pour de nouveaux clients potentiels.

Je me suis penchée sur les différents réseaux de ventes en ligne et Etsy m’est apparue comme une solution très intéressante, intuitive, modulable, personnalisable et pratique à mon échelle. Alors me voilà lancée depuis le 7 mai ; et alors que je m’apprête seulement à communiquer au sujet de ce nouveau tournant, je viens à l’instant de recevoir la notification relative à ma première commande ! Elle me touche d’autant plus qu’il s’agit d’un badge de mamange. Je suis très touchée, émue et un peu fière il faut le dire, car je travaille énormément depuis quelques temps pour remédier à ce problème de visibilité qui s’estompe toujours quelques temps après que mes petites brindilles ne soient passées voir les nouvelles collections. Cette nouvelle inscription à un réseau plus grand qui met d’emblée les personnes en relation me rassure et me conforte dans l’idée que je n’ai pas encore exploré toutes les possibilités d’extensions unabrimanesques (à prononcer en transformant le « u » en « ou » et en roulant le « r »  ^^).

Je ne m’emballe pas pour autant, je sais qu’il est très difficile de se faire une place sur internet et qu’il est encore plus difficile de se frayer un chemin dans le milieu de la papeterie destinée au monde de la maternité, qui est très vaste et riche. Je sais qu’une vente à trois jours de l’ouverture est peut-être une vente « miracle » et qu’elle ne déterminera pas forcement le rythme global des ventes, mais je veux y croire un peu et me dire que j’aurai essayé une nouvelle piste qui restera, quoi qu’il en soit, complémentaire à tout le reste.

Je ne retire donc pas pour autant la première boutique en ligne qui reste active et qui continuera peut-être de plaire d’avantage aux habituées. Je ne voudrais pas non plus faire fuir les personnes qui ne veulent pas passer par Etsy pour commander mes produits et qui étaient déjà à l’aise avec le système en place. Pour la suite, nous verrons ce que l’avenir nous réserve. 🙂

Voilà pour la nouvelle du jour ! À l’aube du « déconfinement », c’est ma petite surprise à moi, une nouvelle plateforme avec un nouvel univers mieux souligné, davantage mis en valeur. Merci à toutes pour votre confiance et pour votre soutien. N’hésitez pas à en parler autour de vous. Si vous êtes créatrice et que vous avez aussi sentie une onde de choc suite au Coronavirus, je ne peux que vous enjoindre à étudier de nouvelles pistes d’extensions vous aussi. Certains réseaux de vente sont reconnus et ils peuvent peut-être être plus efficace pour votre visibilité. Ils peuvent également représenter une réelle entraide entre les créatrices.

Continuez à prendre bien soin de vous en cette période si particulière. ♡

EM.

Avez-vous une boutique Etsy ? Avez-vous déjà acheté auprès de petits créateurs sur cette plateforme ? N’hésitez pas à me donner votre avis et/ou vos astuces et conseils si vous êtes connaisseuses.

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Publié dans Infoblog, Mumpreneuse | 19 commentaires

Nos activités pour les 2-3 ans !

unbrindemaman © EM – Nos activités pour les 2-3 ans !

Ahhh, une bonne vieille page blanche et du temps pour écrire un petit billet sur le blog !

Enfin, me direz-vous !

J’espère que votre confinement se passe bien et que personne n’est touché par le Coronavirus autour de vous. Cette situation est super particulière ; personnellement je suis partagée entre la grande volonté de passer BEAUCOUP moins de temps sur les réseaux, notamment pour passer des temps de qualité avec mon mari et notre fille, et dans le même temps, je ressens régulièrement le besoin de partir en quête de nouvelles idées d’activités à faire avec ma fille, car même si elle n’était déjà ni en crèche ni à l’école avant le confinement, elle continue de grandir vraiment très vite et elle est de plus en plus demandeuse de nouvelles activités.

C’est là que les réseaux/blogs ont du bon, par ces temps en tout cas. J’ai remarqué que le confinement permettait de mettre en lumière une nouvelle vague riche en idées d’activités pour les petits de la part de parents qui peut-être avaient moins le temps de s’y consacrer avant (boulot en extérieur et horaires serrés obligent). On voit donc naître un nombre incalculable d’images de parents et d’enfants en bas âges en pleines sessions d’activités, ce qui est très inspirant ! J’avais envie d’ajouter ma petite pierre à l’édifice en partageant avec vous quelques idées d’activités que nous mettons en place pour occuper, amuser ou stimuler notre Choupette (avec ou sans confinement).

Je trouve qu’il y a justement un âge, vers les 2-3 ans, où l’enfant est vraiment très très demandeur. Il arrive que notre Choupette passe 5 à 10 minutes sur une activité et jongle ainsi d’un espace à l’autre en nous tirant avec elle, sans nous laisser le moindre répit. C’est pareil chez vous ? Parfois, je n’ai plus d’idées tellement ses centres d’intérêts changent vite !

J’espère que cet article pourra me permettre d’y voir plus clair moi-même sur la palette d’activités que je lui offre au quotidien (est-ce adapté à son âge ? dois-je en faire plus ? faire différemment ?). Cela me permettra aussi, je l’espère, de recueillir vos visions et vos idées à vous, pour partager ensemble sur nos pratiques et pour nous aider à avancer au mieux en suivant les besoins et intérêts de nos petits.

C’est vrai, quand on y pense, ce n’est pas si évident de savoir quoi proposer quand ? Lorsque nous devenons mère, le bébé n’est pas livré avec un manuel d’utilisation année après année (et c’est sûrement tant mieux !). Il m’arrive de me demander si ma fille fait et sait ce qu’elle « devrait » faire et savoir à son âge. Avec les réseaux, c’est encore pire, puisque la comparaison peut vite se profiler. Ce qu’il ne faut surtout pas faire évidemment, car chaque enfant grandit à son rythme… mais nous le savons toutes et c’est bien triste, avec l’école qui arrive à grands pas, c’est ce qui finira fatalement par arriver, la comparaison : entre les enfants eux-mêmes, ou du point de vue de l’enseignant, par rapport au programme qu’il doit suivre et réussir à inculquer aux enfants.

J’estime donc que les activités dont je vais vous parler sont de l’âge de ma fille, au vu de ses compétences à elle (quasi 3 ans), mais peut être que c’est déjà acquis pour vos enfants, ou peut-être qu’ils ne se sont pas encore intéressés à ces aspects-là… Le mystère du « niveau » requis à trois ans reste entier pour moi, parce que je n’ai pas voulu faire trop de recherches ciblés au risque de me culpabiliser et de mettre une pression inutile sur mon enfant et sur moi-même en tant qu’« éducatrice » (dans le sens de la transmission des connaissances scolaires) en plus de ma casquette de « simple » maman aimante, qui guide, qui éduque (le cœur), qui rassure, et qui fait déjà tant d’autres choses…

Voilà pour ma looooongues introduction (pour changer) ! Je vais essayer de passer de partie en partie en illustrant au mieux les activités majeures. Cette liste est non exhaustive évidemment, c’est un petit échantillon d’idées.

1 – GRAPHISME

Ah, le graphisme, c’est est bien le domaine qui me plaît le plus ! Vous savez que j’adore dessiner et il me tient à cœur de lui transmettre cette passion. J’adore ces temps que nous passons ensemble, d’autant plus que c’est là que je vois les évolutions les plus significatives.

Généralement, c’est le matin que je prends le temps de faire faire cette activité à ma choupette, sous différentes formes. Le plus souvent, je dessine des formes ou des lettres en pointillé sur une feuille et je lui demande de tracer par dessus le plus proprement possible.

Il y a également le dessin libre évidemment, mais dans notre cas (et pour mon plus grand bonheur), elle préfère être accompagnée, alors j’ai trouvé le moyen de la pousser à reproduire des dessins de manière ludique et amusante en réduisant le sujet à des formes simples. Dans ce cas, je lui montre pas à pas et elle n’a qu’à essayer de reproduire mes gestes sur son coin de feuille. Parfois, elle prend des libertés et parfois c’est vraiment pas mal du tout !

 unbrindemaman © EM – À gauche, mon petit chat simpliste dessiné pas à pas ; et celui de ma fille à droite, reproduit au fur et à mesure. Je trouve ça super amusant !

 unbrindemaman © EM – Portrait libre par ma fille. 

Dans cette catégorie, il y a l’emploi de la peinture, mais je dois avouer que depuis quelques semaines, j’ai carrément caché la palette de peinture, parce que nous en faisions beaucoup trop à mon goût… Quelques bouts de murs se sont retrouvés colorés et ça m’a démotivée pour un temps. À son âge, une minute sans surveillance et c’est parti pour la peinture au doigt un peu partout sur le visage et la tête. J’ai besoin de faire une pause, mais nous reprendrons sûrement bientôt, car c’est très captivant pour elle.

Il y a aussi le coloriage sous sa forme la plus simple avec des feutres (lavables s’il vous plaît) ou aux crayons/pastels. Je ne sais pas pour vos enfants, mais ici c’est l’ennui assuré au bout de 5 minutes, alors ce n’est pas sur ce genre d’activité que je peux compter pour avoir un peu de calme. Elle a très bien compris le principe du coloriage sans dépasser, mais visiblement, ça l’ennuie et elle ne les termine quasiment jamais.

2- ACTIVITÉS MANUELLES

Pour cette catégorie, il y a tous les jeux de constructions type blocs à superposer. Nous avions également des Legos il y a un temps, mais nous les avons « perdus » (sombre histoire)… Prochaine étape, s’équiper en Kapla et en Legos de nouveau.

Par activités manuelles, j’entends finalement tout ce qui lui permet de construire des choses avec précision et concentration. Il y a les circuits de voitures. Nous avons aussi un jeu avec de petits rondins tout léger qu’il faut mouiller un peu pour les coller les uns avec les autres pour fabriquer des formes amusantes. Vous connaissez peut-être déjà, il s’agit des PlayMais : c’est très amusant. (Pareil, c’est à éloigner des canapés et des murs, sinon bonjour les libertés artistiques colorées.)

unbrindemaman © EM – Essayez les combats imaginaires avec des bonhommes construits en PlayMais, ce sera fou rire assuré pour bébé.

La pâte à modeler reste sans doute mon outil favori, puisque je m’amuse vraiment beaucoup en même temps qu’elle et ça détend vraiment. Nous pouvons y passer des heures pour le coup.

Pour affiner la motricité, je propose parfois à notre fille d’enfiler des perles. J’utilise le set que j’ai remporté durant le dernier concours de ma copinaute Jeanne s’amuse. (Sous haute surveillance comme toujours, mais à 3 ans, j’ai l’impression qu’elle a bien compris mes explications, car elle me les répète souvent, elle sait donc qu’elle ne doit surtout pas les porter à sa bouche.)

unbrindemaman © EM – Ça a du bon de remporter des concours ! 🙂

Nous lui avons proposé des ciseaux pour enfant il y a de là plusieurs moi, (ils ne découpent que le papier), elle sait très bien s’en servir, mais elle est plus intéressée par mettre des feuilles en miettes que suivre des lignes définies. Et pour le collage, j’oublie toujours de refaire le plein de colle ! Il va falloir y remédier.

3 – APPRENTISSAGE

J’ai eu la bonne idée et l’instinct de nous prendre une petite plastifieuse un peu avant le confinement. Super idée, puisque ça nous a permis de fabriquer un alphabet qui prône fièrement dans un coin du salon. Le matin, j’essaie de faire parler toutes les peluches qui traînent pour leur faire dire l’alphabet un à un. Ma fille les écoute et répète. Avec cette méthode, elle connaît à ce jour un peu plus de neuf lettres en majuscules qu’elle reconnaît quel que soit le contexte, avec pas mal d’assurance. Cela dépend des jours et de son humeur, mais c’est plutôt sympa de les avoir sous les yeux je trouve.

unbrindemaman © EM – La plastifieuse est super utile pour préserver les choses plus longtemps. 

Dans la catégorie des apprentissages, il y a tout ce qui est comptine chantée ou avec gestes. Elle en connaît autant en français qu’en anglais, avec le bon air et les bons gestes, mais souvent avec quelques-uns de ces mots réduits en mayonnaise selon les chansonnettes. C’est très mignon à écouter et à regarder en tout cas ! Une chose est sûre, elle a le sens du rythme.

Dans cette partie, j’inclus aussi le nombre incalculable de fois où nous lui faisons répéter des phrases qu’elle prononce mal ou pas en entier. Elle adore répéter, ça ne la dérange pas du tout, alors j’en profite pour lui en proposer souvent.

unbrindemaman © EM – Nous avons aussi quelques supports très pratiques pour s’entraîner à l’oral et nous en avons aussi pour le graphisme.

Il y a aussi les temps de lectures qui sont très riches, que ce soit pour le développement du vocabulaire ou de l’imaginaire.

Pour ce qui est des couleurs, toutes ne sont pas au point, mais elle en reconnaît beaucoup tout de même. Parfois, alors que je sais qu’elle connaît parfaitement bien le bleu, je la surprends à nous taquiner en nous disant qu’il s’agit d’un rouge avec un sourire en coin… J’ai l’impression de l’ennuyer lorsque j’insiste trop, et voilà ce qui arrive, alors j’essaie de me calmer avec mes questions trop « scolaires » qu’elle détecte à des kilomètres…

unbrindemaman © EM – Passion pour les histoires…

Pour le dénombrement en tant que tel (j’entends par là, faire le lien entre les quantités et les chiffres), nous avons commencé il y a peu avec différents moyens comme dénombrer les œufs que nous devons mettre dans le gâteau…

Le boîte à compter n’a pas encore énormément servie. Parfois, l’activité part en freestyle sans mon accord, mais c’est tellement drôle que je ne maîtrise plus la situation. Il faudrait que je me motive à la sortir d’avantage, mais je dois trouver le bon moment pour la captiver avec.

unbrindemaman © EM – Le genre d’outil que je dois commencer à vraiment investir !

4 – DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Cette catégorie regroupe tous les temps qui permettent à ma fille de s’exprimer pleinement sans règles que nous avons établie nous-mêmes. Généralement, c’est sous forme de spectacles qu’elle organise quand elle le décide. Parfois, elle me demande d’allumer le haut-parleur pour avoir un son de fond. Elle choisit elle-même son costume (généralement une robe de princesse) et elle nous propose ses plus belles représentations. Ces moments sont vraiment très intéressants parce que je sens qu’elle prend vraiment confiance en elle et c’est très agréable de voir qu’elle se permet de prendre de telles initiatives.

Elle raconte des histoires, invente des jeux de rôles autour de sa dînette, passe du temps avec son ami imaginaire, nous explique des choses que nous comprenons plus ou moins bien selon les jours. Il lui arrive souvent de jouer à la magicienne, et dans ce cas, il nous faut rapidement nous transformer en ce qu’elle a décidé. Si je manque de concentration au moment où elle veut jouer avec moi, elle me le fait remarquer tout de suite.

Elle passe aussi vraiment beaucoup de temps à construire des châteaux avec les coussins et les plaids du canapé. Elle les réquisitionne tous et si elle ne nous réquisitionne pas avec, ce sont des petits temps qui nous offrent un peu de calme. Le reste du temps, généralement, il faut la regarder, réagir et/ou l’accompagner durant l’activité. C’est souvent quand je l’observe jouer seule, ce qui arrive rarement, que je me dis qu’elle aurait été tellement plus comblée avec son frère jumeau au quotidien pour exploiter ensemble toute cette énergie débordante… Heureusement, nous sommes là pour elle, nous faisons de notre mieux.

5 – LOGIQUE

Quand ma fille était toute petite, je suis tombée sur un livre avec des puzzles de neuf pièces intégrés. Elle était beaucoup trop petite pour réussir à les résoudre, alors j’ai décidé de les ranger en attendant un âge plus avancé. Finalement, il y a peu, alors que je passais un peu de temps sur Instagram, j’ai vu une petite fille de 3 ans résoudre un puzzle de 24 pièces sans difficulté. WAW, j’était sous le choc. J’avais oublié de re-proposer cette activité à ma fille et je me suis sentie tellement mal à l’idée qu’elle puisse avoir du retard sur ce plan. C’est vrai quand on y pense, plus tôt un enfant est habitué à résoudre un type de « problème » et plus tôt ses compétences se développent. C’est donc à nous de penser à les leur soumettre au bon moment.

Elle n’avait plus refait de puzzle depuis ceux à 2/3 pièces de sa période bébé… J’ai donc repris les choses depuis le début. J’ai fait un dessin tout simple avec ses centres d’intérêt (avec un loup bien sûr), puis elle a vu tout le processus. Le dessin, l’impression, le découpage, la plastification…

unbrindemaman © EM – Les petits puzzles maisons et personnalisés qui ont beaucoup de charme…

Lorsque les petits puzzles à assembler de ce type étaient plus ou moins acquis, nous sommes passés aux « vrais » puzzles à imbriquer. Nous continuons de travailler sur ce pan, mais ça l’amuse clairement, alors je me dis que la machine est lancée.

Dans la catégorie « Logique », il y a la construction des mots avec des lettres. À notre stade, je lui montre plus qu’elle ne le fait d’elle-même, mais elle me le demande. Ce sont des temps intéressants. Elle comprend que pour écrire « papa », il faut un P puis un A puis un P puis un A… Vous voyez le truc…

unbrindemaman © EM –Le magnéti’book m’aide pour faire cette activité de manière ludique, juste en s’amusant.

6 – TEMPS LIBRES

Cette catégorie complexe inclut les petits temps de la journée pour lesquels j’ai vraiment besoin de calme et d’autonomie. Si je travaille sur quelque chose qui me demande de la concentration, j’ai alors besoin qu’elle joue seule, ce qui est très compliqué.

Si vous avez d’autres idées, je suis preneuse, voici comment je procède : ma meilleure arme repose sur un petit bac d’eau plein ainsi qu’un pinceau accompagné d’autres accessoires, comme un bébé en plastique, un biberon ou un ballon… Le but du jeu, la laisser jouer avec une quantité d’eau. La laisser donner le bain à son bébé, le nourrir, faire de la peinture à l’eau sur son ballon en plastique, sans surveillance… Bref, vous l’aurez compris, le but est de la captiver avec de l’eau non teintée pour n’avoir qu’à la changer après l’activité et éviter les carnages non désirés… Finalement, elle se retrouve souvent trempée, mais j’ai mon quart d’heure complètement au calme et je sais qu’elle s’est vraiment amusée pendant ce temps.

Dans cette catégorie, il y a le très controversé YouTube Kids. Bouuuuh, je vais sûrement en décevoir plus d’une. À trois ans, ma fille explose de rire devant Pato qui glisse sur une peau de banane, elle imite très souvent Elly avec son tutu rose et Nina lui met le sourire aux lèvres… Les connaisseuses ont sûrement reconnu le très fameux Pocoyo et sa joyeuse petite bande. Il y a des épisodes plus intéressants que d’autres, il faut choisir. Et pour que ces petits temps aient plus d’intérêts, nous les lui mettons aussi en anglais pour lui apporter quelque chose de plus dans son quotidien. Elle connaît Blippi qu’elle adore, mais aussi les Alphablocks, le classique Peppa Pig, Caillou, la très gracieuse Princesse Sofia ou encore les Pyjamasques : elle ne manque d’ailleurs pas de nous faire remarquer que nous en sommes, par exemple lorsque mon mari porte son masque lors des sorties obligatoires quand il y en a.

Concernant les écrans, nous restons vigilants et nous savons que ce n’est pas une activité des plus saines en soi. Il est communément dit qu’il ne faudrait pas mettre les enfants devant les écrans avant trois ans, mais si vous ne le saviez pas, je vous informe que ce sont des commerciaux qui ont tranché sur l’âge, car c’est justement à partir de trois ans que l’enfant devient réceptif aux publicités et qu’il devient un consommateur utile et intéressant : il devient alors acceptable de dire que trois ans serait le bon âge… Vous voyez comme le discours est formaté par des attentes qui nous dépassent. En réalité, il faudrait attendre beaucoup plus longtemps ou idéalement, passer le moins de temps devant les écrans, ce qui nous concerne aussi, nous, adultes… Pour notre part, nous avons fait le choix d’autoriser quelques vidéos parfois. Pour les comptines à gestes, l’apprentissage n’en a été que plus facilité.

Bien sûr, nous sommes vigilants sur les contenus, l’accompagnement, la durée de visionnage, car les écrans sont mauvais pour les yeux et la concentration. Il faut être très conscients de cela et ne jamais laisser un enfant seul devant un écran sans surveillance. Ici, nous privilégions tout de même le haut-parleur ou la petite Lunii qui commence à prendre une petite place sympa dans notre quotidien. Mais je vous le dis, « malheureusement », je n’ai pas réussi le zéro écran catégorique.

unbrindemaman © EM – Cette « boîte qui parle » est une bonne alternative, elle ne possède pas réellement d’écran. Elle raconte des histoires en français et/ou anglais… Nous avons également mis des comptines dessus.

Pendant cette période de confinement, nous avons vu surgir une chaîne pour les tout petits de 3 à 6 ans il me semble, il s’agit de « La maîtresse part en live  :, c’est un programme en direct d’une durée d’une heure, animé par une super maîtresse, à suivre en accompagnant l’enfant. C’est très riche et très intéressant. Je vous invite à la découvrir. D’ailleurs, ça me fait penser que je ne pense jamais à aborder les temporalités avec ma fille. La date du jour, les saisons… Je pensais que c’était un peu tôt pour aborder ces sujets là, mais en fait, pas du tout. Il y a donc du boulot à faire sur ces sujets !

7 – SPORT

Je pense à tous les parcours de 3 km de long que j’installe minutieusement avec des tas de coussins au sol, des obstacles à franchir pour éviter de se faire dévorer par les crocodiles imaginaires… Sauver les doudous en détresse (bonjour le salon en bataille, mais bon il faut bien passer par là…).

Il y a toutes les activités sportives qui sont principalement assurées par mon mari en ce moment, comme l’introduction au basket (grande évolution en quelques semaines, elle parvient à faire rebondir la balle trois à quatre fois avec beaucoup de concentration), mais aussi au football avec des tirs de plus en plus précis… Lancer et attraper un ballon (en mousse, parce que j’ai horreur des ballons lourds qui risquent de lui exploser le nez quand mon mari s’emporte un peu trop dans le jeu) ou un coussin… encore plus doux, pour mon plus grand bonheur.

Elle maîtrise les roulades à merveille, je suis impressionnée qu’elle puisse en faire autant d’affilée sans avoir le tournis. Personnellement, suis très très loin de pouvoir réussir cette prouesse à mon âge. C’est là que je prends le plus conscience de son énergie. Les enfants sont vraiment incroyables sur ce plan.

8 – VIE PRATIQUE

Ahh la vie pratique, c’est sûrement là que les enfants apprennent un maximum de choses finalement. À trois ans, ma fille sait qu’elle doit impérativement se laver les mains avant et après les repas. Elle connaît tous les mots de politesse comme « Merci », « désolée », « attends minute » pour « attends une minute », « s’il te plaît » et j’en passe…

À force de répéter nous-mêmes ces mots dans notre quotidien, elle les a appris naturellement sans forcer.

Finalement, dans cette catégorie il y a tous les gestes du quotidien qui font travailler sa motricité, comme faire la cuisine avec moi (je m’en occupe car j’adore cuisiner, mais elle pâtisse aussi avec son papa), mettre la table, débarrasser, ranger, trier ses jouets (avec de l’aide pour l’aiguiller). Si c’est son papa qui étend le linge, elle prendra plaisir à l’aider, et si c’est moi qui plie le linge sec, elle me demande toujours de la prendre avec moi pour qu’elle puisse elle aussi plier ses habits ou les nôtres. Passer un coup de balai après m’avoir vu le faire est aussi devenu une habitude. Grace à tous ces mouvements du quotidien, elle affine ses gestes et devient plus précise. Je le remarque vraiment.

Voilà globalement les thèmes principaux qui me sont venus en tête à l’écriture de cet article. Plus ma fille grandit et plus je remarque que je suis le genre de maman qui a tendance à penser qu’il faudrait que j’en fasse plus, mieux, de manière plus scolaire peut-être, avec des rituels plus rigoureux, pour la préparer au mieux à l’école, mais en même temps il y a ce quotidien effréné avec ses imprévus qui nous emportent… On fait finalement ce qui nous vient en tête, ce que l’on peut. Selon les jours, il y a parfois énormément de graphisme et le lendemain, c’est le jour des comptines, du sport et des parcours. La plupart du temps, j’essaie tout de même d’équilibrer au mieux pour varier les plaisirs.

En cette période de confinement, c’est aussi l’occasion de contacter en visio les grands-parents, les cousins et cousines, leur faire des dessins, leur raconter des histoires. Cela fait des petits événements dans la journée et ça occupe aussi.

Vous savez quoi, il y a quelques jours, c’était mon anniversaire. Mes anniversaires, j’ai pris l’habitude de ne pas trop les fêter. Je m’attends toujours à rien de particulier. C’est juste une journée comme une autre. J’appelle généralement ma maman pour la remercier d’avoir souffert pour moi il y a des années de cela, ça me tient à cœur mais c’est tout. L’année dernière j’ai passé cette journée accompagnée de toute ma famille en région parisienne avec mon mari et notre fille, c’était court mais vraiment génial et même inoubliable, et cette année badaboum, anniversaire en confinement… Eh bien, c’est amusant parce que cette année, j’ai l’impression que c’était encore plus beau, tout le monde s’en ai souvenu sans exception. Mon époux et ma fille, ça, je n’en doutais pas, mais alors toute ma famille, et surtout tous mes neveux et nièces qui m’ont écrit des lettres, des poèmes plus impressionnants et touchants les uns que les autres, des dessins en tous genres (qu’ils ont pris en photo et que je récupérerai plus tard en main propre), jusque ma copine à l’autre bout du monde, avec le décalage horaire dirons nous certes, mais elle s’en ai souvenu (je t’embrasse si tu me lis), et même certaines d’entre vous sur Instagram ! Je peux vous dire que cet élan de mignonnittude m’a vraiment beaucoup émue. Pour les enfants de ma famille, je réalise que cette occasion a été une opportunité de réaliser diverses activités autour de ce thème, et cette journée m’a finalement ramené à mes sept ans. Nous avions déménagé quelques semaines avant mon septième anniversaire, et puis la date venue, dans ma nouvelle maison, j’ai eu la très belle surprise de recevoir une très grosse enveloppe de la part de tous les élèves de ma classe de l’époque avec des lettres, des origamis (j’adore ça), des portraits de ma petite tête, des dessins et des poèmes. La maîtresse s’était servie de mon déménagement et de ma date d’anniversaire pour organiser une journée d’activité autour… de… eh bien, de ma petite personne finalement. Ma mère a justement retrouvé cette grosse enveloppe il y a quelques jours dans mes vieilles affaires restées dans la maison familiale, 20 ans plus tard… C’est une sacrée coïncidence je trouve, ça me touche toujours autant quand j’y pense. Toute cette petite histoire pour rappeler que tous les prétextes sont bons pour « faire travailler » l’imagination et développer les capacités des enfants. Ici, nous avons fini par profiter de cette journée pour faire un petit « cours de botanique », nous avons planté quelques fleurs en famille : des mauves qui devraient voir le jour cet été. Croisons les doigts !

Je vous remercie de m’avoir lue, et pour les plus courageuses qui seront arrivées jusque-là, n’hésitez pas à partager les activités que vous faites faire à vos enfants en commentaire. 🙂

EM.

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Publié dans Éducation | 16 commentaires

Mobiles de Montessori : Le Mobile de Munari – Tuto

unbrindemaman © EM – Mobiles de Montessori : Le Mobile de Munari – Tuto en vidéo.

Bonjour à toutes,

Il y a de cela un peu plus de 9 mois, une amie adepte de certaines Méthodes Montessori avait inscrit dans sa liste de naissance une suspension particulière pour son futur bébé : le module de Munari.

Je ne connaissais pas du tout cet objet avant ce jour. J’ai alors découvert que Maria Montessori avait travaillé sur différentes suspensions, accompagnée d’artistes, dans l’objectif de mettre en accord les compétences de l’enfant selon son âge, avec son environnement direct.

Elle a ainsi déterminé plusieurs tranches d’âges associées à différentes suspensions adaptées pour suffisamment stimuler le bébé :

Le mobile de Munari : dès deux à trois semaines de vie.

Le mobile des Octaèdres : dès six semaines de vie.

Le mobile de Gobbi : dès deux à trois mois de vie.

Le mobile des Danseurs : dès quatre mois de vie.

Chacune de ses suspensions a une particularité qui la rend spéciale pour chaque âge, que ce soit en termes de géométrie, de matière, de mouvements possibles ou de couleurs… Elles ont au moins deux points communs : d’une part, le mouvement perpétuel et naturel favorisé par la légèreté qu’implique leur structure. D’autre part, le fait qu’elles soient savamment pensées pour attiser pleinement la curiosité du bébé en plein développement.

Je ne suis personnellement pas adepte de TOUT ce que Maria Montessori véhicule dans le détail. Mais ces concepts de mobiles qui suivent le développement de l’enfant m’ont particulièrement marquée de façon très positive.

En effet, pour ma fille, nous avions deux types de mobiles. Le classique : celui qui est automatisé et qui tourne de façon régulière avec une petite musique qui la captivait bien, mais nous avions également les plus légers, qui sont plus aptes à bouger avec l’air ou avec les mouvements de bébé. Ces derniers semblaient la captiver beaucoup plus longtemps et j’avait grand plaisir à les lui proposer parce que j’étais en plus à l’origine de leur confection. Ceci dit, je n’avais pas encore pensé à changer les suspensions en fonction des différentes étapes de développement de mon bébé comme le propose Maria Montessori.

Vous le savez, aujourd’hui, à l’heure où tout ce qui est estampillé Maria Montessori est largement à la mode, et vaut de l’or… vous pouvez rapidement être tentées à votre tour de céder, pour tristement finir par lancer des liasses d’argent « pour quelques morceaux de bois bien agencés »…

Ce que je vous conseille si vous êtes intéressées par ces mobiles, c’est de les réaliser par vous-mêmes. C’est ce que j’avais fait pour mon amie. Je m’étais concentrée sur le premier mobile de la série comme elle le souhaitait : le mobile de Munari, particulièrement intéressant pour les petits bébés qui ne distinguent qu’en monochrome en début de vie. À partir de 2-3 semaines de vie, les bébés peuvent donc passer du temps en s’amusant à observer cette surprenante suspension monochrome adaptée.

Pour réaliser le montage de la suspension, je me suis appuyée sur les documents et explications du site suivant que j’ai découvert sur le tard. Je vous invite fortement à le visiter si le sujet vous intéresse.

Plans de montage et explications pour fabriquer le mobile de Munari
Le jardin de Kiran

Il y a quelques mois, j’avais également décidé de garder en mémoire mon propre montage du module de Munari pour le partager avec vous. J’avais partagé la vidéo sur Youtube à l’époque en omettant totalement de partager l’article associé ici. Voilà enfin chose faite.

Cette vidéo présente donc mon montage de ce mobile préconisé par Maria Montessori pour attiser la curiosité et affiner le bon développement oculaire de nos petits. 🎬

J’espère que ma vidéo vous a plu, et j’espère vous avoir fait découvrir quelque chose de nouveau !

Merci de m’avoir lue et à bientôt pour un prochain article.

EM.

J’ai beaucoup beaucoup de retard en réponse aux commentaires ici, mais je vous lis toutes ! Je m’ excuse sincèrement pour mon temps de réponse. J’espère réussir à rattraper mon retard bientôt.

PS : Si vous réalisez le mobile, n’hésitez pas à m’envoyer une photo ! Et n’oubliez pas de le suspendre de manière sécurisée, avec bon sens, ni trop loin, ni trop près des yeux de votre bébé.

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Publié dans Découverte, Éducation | 6 commentaires

La deuxième collection Un brin de maman est en ligne !

unbrindemaman © EM – Une déclinaison d’affiches et de cartes pour la deuxième collection.

🔊 La deuxième collection Un brin de maman est enfin en ligne sur la boutique ! 🎉🎉🎉

Je vous invite à appuyer sur le gros logo « Boutique » en haut à droite du blog pour accéder au eShop. Vous pourrez ainsi découvrir de plus près les déclinaisons d’affiches et de cartes que j’ai réalisées pour cette nouvelle collection.

Comme vous pouvez le voir à travers cet article d’annonce, je vous ai préparé une vidéo maison, entièrement réalisée par mes soins. J’espère vraiment que ça vous plaît. ♥

J’ai hâte d’avoir vos retours ! Et pour fêter ça, j’annonce que les trois premières commandes réalisées ce soir auront un tote bag offert.🎈🎈🎈

Encore merci à toutes pour votre soutien et votre enthousiasme. 💐♥

EM.

Comme je l’explique sur la boutique, j’offre gracieusement, en téléchargement libre (à usage personnel uniquement) l’affiche mamange en version dépouillée. La voici  pour les intéressées :

Affiche mamange un brin de maman

A très bientôt !

 

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Publié dans Mumpreneuse | 15 commentaires

Un an, le bilan

unbrindemaman © EM – le eShop, un an après !

Il y a un petit moment que je ne suis pas venue ici mais je suis beaucoup plus active sur Instagram en ce moment. J’y partage recettes, illustrations et autres petites réflexions. Depuis que j’ai moins de temps, Instagram est devenu beaucoup plus rapide et efficace pour échanger avec vous. Mais comme je le répète depuis un moment maintenant, pas de panique, je n’abandonne pas le blog pour autant !

unbrindemaman © EM – Illustration que j’ai imaginée, vous pouvez l’utiliser pour faire un #drawthisinyourstyle (je veux voir le résultat !)

Je vous remercie énormément pour vos nombreux retours sous cette illustration, et pour vos nombreux messages privés. C’est vraiment très plaisant de voir que vous êtes sensible au temps passé sur cette illustration, à son ambiance, à son message… .

Aujourd’hui, je voulais revenir sur le eShop Un brin de maman. Comme je vous le disais au lancement du eShop il y a maintenant 1 an, les renouvellements des collections n’ont pas de dates précises. Elles se font selon l’écoulement des stocks en cours, ce qui signifie qu’elles dépendent du bon fonctionnement de la boutique. Mais aussi en fonction de mes inspirations.

1 an plus tard, voici mon bilan : j’ai eu la chance de réaliser plusieurs portraits, quelques logos, j’ai vendu des aquarelles, des cartes, des tote bags, des pins aussi. Je voudrais remercier très chaleureusement les personnes qui ont été touchées par mon travail, les personnes qui m’ont fait confiance. Merci pour tous ces échanges touchants et tellement enrichissants pour moi.

C’est vrai, le eShop un brin de maman n’a pas écoulé tout son stock initialement mis en vente. Oui, les frais injectés pour le lancement du projet n’ont pas encore vraiment été intégralement couverts… mais 1 an plus tard, à force de productions et d’acharnement, la boutique tourne encore, si bien que j’ai le plaisir de vous annoncer qu’une deuxième collection est en cours d’élaboration. ✨ Cela est possible grâce à vous !

J’espère qu’elle verra le jour dans quelques semaines. Il sera l’occasion pour moi de vous faire essentiellement découvrir la section « Affiches » avec un clin d’œil à mon fameux #RDVdesmots. C’est une collection douce et poétique, épurée, et quelque peu minimaliste qui, je l’espère, saura toucher les cœurs les plus sensibles d’entre les vôtres.

Si vous avez des attentes et des envies particulières, je vous invite à m’en dire deux mots en commentaires 🙂 .

Merci à toutes pour votre soutien si précieux 🙏♥ .

L’aventure continue 💐 .

EM.

PS : J’en profite pour vous partager ici une activité que j’avais préparée. Vous êtes nombreuse à me la demander sur Instagram, alors je la dépose enfin ici. Il s’agit d’un PDF à télécharger et à imprimer par vos soins. Une petite activité économique. Le DIY parfait à réaliser avec vos enfants par jour de pluie par exemple… 

Activité ballerina

(Avec un peu de Mozart en fond… vous m’en direz des nouvelles ;))

A bientôt !

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Un brin de maman m’a dit… Attention au syndrome du tourniquet chez le nourrisson !

unbrindemaman © EM – Syndrome du tourniquet ou syndrome du cheveu étrangleur chez le nourrisson

 

Bonjour et bienvenue dans ce nouvel article de la rubrique Un brin de maman m’a dit.

Aujourd’hui, je vous partage une information que je ne connaissais pas du tout. Le brin de maman du jour, c’est Valentine Caporale, une maman de deux enfants que j’ai découverte par hasard grâce aux propositions de la section découverte de mon compte Instagram.

Elle expliquait alors qu’il fallait prendre garde aux cheveux qui entrent en contact avec la peau de nos nourrissons, surtout lorsqu’ils sont confinés et laissés sans surveillance. Drôle d’avertissement à première vue, mais il s’agit en fait d’un réel danger qui n’est absolument pas à prendre à la légère.

Ce syndrome du tourniquet aussi appelé syndrome du cheveu étrangleur décrit en fait l’action d’un cheveu qui, par frottements, va venir se rouler autour d’une partie du corps de l’enfant. Les cas les plus fréquents sont repérés au niveau des orteils des nourrissons. Il arrive que des parents omettent de vérifier le fond des chaussettes de leur bébé avant de les leur enfiler. Le cheveu emprisonné a alors tendance à s’enrouler rapidement autour du petit doigt. Il « fait sa vie » en somme… S’il n’est pas retiré à temps, cela peut mener, dans les pires des cas, à l’amputation de l’orteil touché.

Il faut donc rester extrêmement vigilant à bien prendre l’habitude de retourner et vérifier minutieusement les vêtements qui sont enfilés aux petits bébés. L’action de la machine à laver ou du sèche linge peut accroître le taux de cheveux déjà enroulés cachés sagement au fond des chaussettes. Les cheveux qui tombent dans les couches peuvent aussi poser problème. Je ne vous fais pas de dessin mais les risques existent réellement.

J’ai lu à plusieurs reprises que le syndrome du tourniquet ou syndrome du cheveu étrangleur était souvent dû à un manque de soin, pire, une forme de maltraitance, mais en réalité cela pourrait malheureusement arriver à n’importe quel parent mal informé. Le fait est qu’il peut aussi être dû à un manque de moyen ou à des choix bien précis et pas forcement mauvais.

Par exemple, si les parents n’ont prévu qu’une à deux paires de chaussettes à leur nourrisson dans une optique de minimalisme éclairé par le fait que leur bébé ne passera plus le pied dans ces micro chaussettes dans peu de temps… Dans ce cas, s’il n’a qu’une ou deux paires de chaussettes, elles pourraient se voir moins souvent changées de ce fait. Vient alors la question du bain du nourrisson. J’ai, là encore, repéré un choix propre aux parents qui pourraient éventuellement mener au syndrome du tourniquet sans qu’il ne soit, dans ce cas, pour autant synonyme de maltraitance, bien au contraire.

De nos jours, à la maternité, il est d’usage de baigner le nouveau-né dès sa naissance, puis tous les deux jours. Aujourd’hui, il existe de plus en plus de couples qui choisissent de donner naissance à domicile, en maison de naissance ou encore en maternité, mais toujours avec l’idée que l’enfant qui vient de naître n’a pas besoin d’être lavé aussitôt après son arrivée au monde, ni même les jours qui suivent. Ces pratiques ne sont aucunement le signe d’une maltraitance. Dans certaines cultures, le premier bain du nouveau-né est remis au plus tard à 15 jours après sa naissance pour permettre au maximum à la couche blanche qui recouvre le bébé à sa naissance d’être conservé et absorbé par sa peau. En effet, le vernix caseosa est reconnu pour protéger le bébé, entre autres en l’aidant à garder sa bonne température, en lui hydratant la peau et en renforçant ses défenses immunitaires.

Que l’on adhère ou non aux différents avis sur la question du premier bain des bébés et même s’il existe plusieurs pratiques en matière d' »hygiène » chez le nourrisson, il y a au moins une règle commune : il faut régulièrement changer les habits du bébé et penser à les inspecter minutieusement pour éviter tout risque d’être confronté au syndrome du tourniquet. Il faut garder à l’esprit que les tous petits membres des nouveaux-nés sont fragiles, ils peuvent aisément retenir un cheveu ou même un fil, d’autant plus lorsque la peau se met à peler et que le membre est confiné.

Voici pour le « conseil » du jour. Merci à Valentine pour cette découverte. L’image est tellement improbable et étonnante que l’on pourrait l’oublier, et pourtant, oui, pour un nourrisson, même un cheveu peut représenter un danger.

Sur ce, prenez soin de vos enfants et des personnes que vous aimez en leur transmettant l’information. Prenez bien soin de vous et je vous dis à très vite pour un prochain article.

EM.

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Recette de biscuits au beurre de cacahuète

unbrindemaman © EM – Recette de biscuits au beurre de cacahuètes.

Coucou ! Il est dimanche et une petite envie de redonner un souffle de vie à la catégorie Miam du blog est venue me titiller.

Pour redémarrer en douceur, je vous livre une recette des plus simples. La marche à suivre est tellement simplissime que cet article sera très court.

Vous n’aurez besoin que de trois ingrédients. Admettons que vous n’ayez ni farine, ni lait, ni huile, ni beurre, ni yaourt, ni chocolat, ni levure dans vos placards… Il ne vous reste plus qu’un oeuf ?  Bon, il est temps de faire les courses ! Mais pour vous dépanner, en attendant, je vous propose de réaliser de délicieux petits biscuits à base de beurre de cacahuète.

Dans un saladier, mélangez trois grosses cuillères à soupe de beurre de cacahuètes à deux grosses cuillères de sucre. Ajoutez un oeuf entier. Mélangez bien et hop, le tour est joué. Formez de petites boules de pâte sur du papier sulfurisé et direction le four préchauffé à 180°C pour une durée qui varie de 12 à 20 minutes selon votre équipement. Dès que vos biscuits durcissent, c’est qu’ils sont prêts ! (Recette pour 10 petites portions, vous pouvez doubler les proportions en fonction de vos attentes).

Ces petites douceurs se dégustent une fois tièdes, avec un bon thé, café, chocolat chaud ou caputchino… A vous de voir. Les biscuits ont une texture sableuse et un parfum très spécial. Comme d’habitude, avec un goût aussi prononcé, ça passe ou ça casse, mais ça a le mérite d’être testé au moins une fois. En plus d’être hyper économiques et rapides à réaliser, ces biscuits sont aussi sans gluten.

Voilà ! Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire : garder un petit pot de beurre de cacahuète dans un coin de de votre cuisine pour les après-midis pluvieux où un petit creux se fait sentir… Cela pourra faire une activité hyper simple à réaliser avec vos enfants en plus !

EM.

Merci pour vos très nombreux messages un peu partout suite à mon retour. Je vous réponds au fur et à mesure.

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Un brin de maman fait sa rentrée

unbrindemaman © EM – Je suis de retour !

… Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?!

Coucou les brindilles !

J’espère que vous vous portez bien. Pour moi, tout roule et j’ai plein d’idée pour cette nouvelle année (scolaire). Je reviens en cette rentrée avec l’objectif d’établir un meilleur équilibre entre l’écriture du roman qui avance plutôt lentement, je dois bien l’avouer, et mon implication dans le blog. Ecrire plus souvent pour le blog me permettra, je l’espère, d’être plus organisée pour le roman. J’ai eu tendance à m’égarer ces derniers mois alors hop ! je change de méthode.

Pas mal de jours sont passés depuis mon dernier article, mais peu de choses ont changé. Les mésanges et les chats cohabitent toujours autant. Mes petits visiteurs m’ont fait la surprise d’accueillir une belle tourterelle qui vient nous voir chaque jour ou presque, souvent accompagnée de deux pigeons. Autant vous dire qu’il est de plus en plus agréable de stationner à la fenêtre… Quant à mes pourpiers, ils se portent à merveille, ils débordent de fleurs et c’est vraiment génial.

Ceci dit, je n’oublie pas le grand bouleversement de la blogosphère de ces derniers jours qui est sans nul doute la fermeture du site Hellocoton. Il s’agissait de l’adresse à connaître… pour connaître et se faire connaître…

Eh bien, à l’occasion de mon retour par ici et pour pallier au moyen le plus simple et direct que j’avais pour me rattacher aux blogs et autres sites que j’appréciais suivre, je me propose de vous lister ici les liens qui me tiennent à cœur. Pour retrouver cet article, il suffira de taper blogroll dans la barre de recherche du blog.

Ce petit article est donc pour vous les copinautes, mais il est aussi pour moi, pour ne pas nous perdre de vue. Sur ces mots, voici donc les blogs/sites que j’apprécie suivre : il y en a pour tous les goûts (créatrices, lifestyle, maman…), à vous de piocher.

MA BLOGROLL :

Jeanne s’amuse

Dinde De Toi

Charlotte – Enfance Joyeuse

3 kleine grenouilles

Justine Blog d’une partageuse

Suzanne Les chroniques de Sallia

Les tribulations d’une maman à la campagne

Honeymum

Colette bohobijouxwaksu

Dinette et Paillettes

Imala, La Louve Tisseuse

Paty

Maman Chamboule tout

une mummy

petitsruisseauxgrandesrivieres

lescarnetsdunequadra

pachamaman

lespiapiasdeseverine

EnTouteSimplicitéMAG

queenofthetribu

mapapoterie

La Minute d’Emy – Emilie

Marine

Coline alpagaheureux

alabordagepirates

maviemeshumeurs

heloiseweiner

mellylovy

takeabreakforyou

mamanlempicka

alloicimaman

mesptitspapillons

mamanestrevoltee

seayouson

workingmutti

EM.

Cette liste est non exhaustive, je repasserai sûrement ajouter quelques adresses au fur et à mesure du temps. Merci à celles qui sont là, c’est que vous m’avez attendue et je vous en remercie. Je suis de retour ! Ma to-do list de rentrée est plus longue que mon bras, alors je m’en vais de ce pas commencer dans l’ordre avec une jolie commande. Merci de votre confiance et à très vite pour un prochain article.

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De fil en aiguille

unbrindemaman © EM – De fil en aiguille…

« My little kitten » : il s’agit là du premier message inscrit, relatif au premier pyjama personnel que nous avions choisi pour notre fille.

Il y avait deux pyjamas qui avaient une valeur symbolique pour moi (ou plutôt quatre). Les touts premiers, que nous voulions communs à nos jumeaux, et les seconds que nous voulions personnels à chacun.

Ainsi nous avions passé beaucoup de temps à choisir un double body identique à faire porter à nos jumeaux en salle de naissance. Nous avions fini par avoir un coup de cœur pour deux ensembles complets aussi blancs que purs, simples, avec pour seul détail une petite étoile discrète brodée au creux de l’épaule, avec bonnets et gants anti-griffes… Vous connaissez la chanson.

Le temps a passé depuis leur naissance (et depuis ma renaissance à moi). Le temps passe, et la grande armoire de notre choupette se remplit jour après jour des habits qui ne lui vont plus. En vérité, elle ne s’ouvre que très ponctuellement puisque je ne range pas les vêtements qui sont à sa taille dans cette armoire. Je préfère les garder à porter de main, ailleurs dans une autre commode. Alors, tous les deux ou trois mois, je m’en vais ouvrir la fameuse armoire et j’y dépose les nouveaux bodys qui ne ferment plus et les pantalons trop courts…

L’autre jour, ma fille était avec moi pour effectuer cette tâche. Dans un élan de joie, elle a tiré sur un petit vêtement coloré qui était caché au bas de l’une des piles. Tous les vêtements sont tombés en cascade devant nous… Je pense que toutes les mamans ont déjà dû ressentir ce que j’ai ressenti à ce moment-là (et je ne parle pas du désespoir de devoir tout replier avec un bébé de deux ans à ses côtés).

Les habits minuscules, les mini-bodys, les micro-bonnets, les toutes petites grenouillères, et ma main pour seul instrument de mesure, ont suffi à me faire monter les larmes et à me donner des crampes aux joues. Elle était si petite. C’est incroyable quand on y pense. Chaque vêtement est alors associé à un souvenir précis. Dans des moments pareils, j’ai vraiment le sentiment d’avoir une vraie mémoire d’éléphant. La petite robe verte pour ce magnifique jour de fête, ce body tout doux et tout orange à l’arrière (inutile de vous faire le dessin du pourquoi du comment…), et ce gilet, et cette micro-chemise trop mignonne… et, et et, et par hasard : ce pyjama-là.

« Don’t worry, be happy » : il s’agit là du message inscrit sur le premier pyjama personnel que nous avions choisi pour notre fils. Ce pyjama, notre fils ne l’a jamais porté. Ni aucun autre que nous avions choisi pour lui d’ailleurs. Voyez-vous, dans la maternité dans laquelle nous étions, les protocoles (associés au stress du personnel) font que personne ne vous demande rien. Ils agissent et c’est tout. Avec du recul et après avoir côtoyé d’autres mamans, je sais aujourd’hui que j’aurai pu demander à ce que notre fils porte le beau pyjama blanc qui lui était destiné (au lieu de celui qu’ils ont choisi pour nous).

Passons…

Ce jour-là, c’est donc sur son second pyjama que je suis tombé, et pendant que ma petite tornade était occupée à tirer les deux trois vêtements qui n’étaient pas encore tombés de l’étagère, moi je suis restée bloquée et j’ai beaucoup pleuré.

De manière générale, je me rappelle qu’il me fallait beaucoup d’énergie et de courage pour réussir à ranger, trier, laver, plier et faire porter à ma fille les habits que nous avions choisis pour son frère (et impossible pour moi de les donner ou de les exclure de l’armoire), mais dans le quotidien, les pensées trop « sombres » n’avaient pas leur place longtemps car je voulais éviter au maximum que ma fille ressente ma tristesse. Je me blindais autant que possible et je laissais couler, toujours, tout de même, avec la boule au ventre, surtout quand je lui mettais ce fameux pyjama. Mais j’avais aussi le sourire en définitive, simplement parce que ma fille avait le sourire en le portant…

Aujourd’hui, quand je me revois lui faire porter ces petits habits qui ne lui étaient pas destiné à l’origine, je veux enfin un peu y croire, quand on me dit que j’ai fait preuve de courage ces premiers mois. Souvent, je me dis que je n’avais pas le choix, la vie continuait… Mais bon, ça ne m’a pas empêché de fondre en larmes avec ce pyjama dans les bras il y a peu, et souvent par le passé… C’est quoi le courage ?

Il se trouve que la coïncidence du message inscrit sur le pyjama que nous avions choisi, en regard de notre histoire, reste tellement dingue que j’ai réussi à continuer de ranger les petits habits. Au fil du pliage j’ai fini par tomber sur une magnifique petite robe rouge, et pas n’importe quelle robe.

unbrindemaman © EM – Il n’y paraît pas, mais elle est minuscule en vrai.

Cette robe, j’en ai parlé un jour sur le blog de mon amie Elisabeth. Elle m’avait alors proposé d’en faire un article. Article que j’ai repoussé mille fois, allez savoir pourquoi… Je me suis souvenue que je devais en parler en revoyant la robe l’autre jour. Ce qui explique cette longue introduction… et pourquoi cet article ne sort qu’aujourd’hui.

Je pense que l’introduction de cet « article couture » a un sens puisque je n’aurais probablement jamais cousu cette robe si j’avais eu mes deux enfants en pleine santé dans les bras. Cette robe, c’est avant tout le fruit d’un challenge. Un challenge qui devait m’occuper l’esprit les premières semaines de vie de ma fille. Pour son premier mois-niversaire, je voulais lui offrir une belle robe, faite par mes soins, de mes propres mains (j’avais déjà brodé pour mes enfants quand j’étais enceinte, mais là je sentais qu’il me fallait quelque chose de nouveau). Il n’y avait pas eu de petite fête symbolique pour sa naissance, alors j’avais pensé très fort : Pour ses 1 mois, il y aura cette effusion de joie pure et simple qui arrive habituellement au moment des naissances et que nous n’avons pas connue… Un moment de joie, rien que pour elle. Il se trouve que la date prévue recoupait un autre jour de fête qui nous a vraiment aidé à concrétiser ce que j’avais en tête, c’était simple mais beau. Cela m’avait fait beaucoup de bien moralement. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu quelques larmes pour notre fils à cette date. C’était juste différent.

Pour cette robe, je voulais une couleur joyeuse. Nous sommes allés dans un magasin de tissus, Ursule en l’occurrence, et j’ai trouvé plusieurs tissus sympas dont le fameux tissu rouge, ainsi qu’un autre tissu à motif liberty. (Je suis désolée d’avance, les plus belles photos que j’ai de cette robe sont celles où ma fille la porte.)

Ces jours-ci, mon époux m’avait offert une machine à coudre (pour novice, mais plutôt sympa, une Toyota) dès que j’avais émis l’idée que peut-être j’avais envie de coudre une robe à notre choupette. Autant vous dire que la réactivité et l’implication d’un brin de papa dans mon petit projet incertain m’avaient beaucoup poussé à concrétiser les choses.

Pour vous planter le décor, j’ai une maman qui coud comme personne. J’ai été bercée par le son de ses machines à coudre depuis toujours et j’ai toujours été impressionnée par ses réalisations, mais je ne me suis jamais, JAMAIS intéressée de près ou de loin à la couture…

Mon intérêt pour la question me paraît encore aujourd’hui très étrange, pour moi qui étais plutôt une spectatrice émerveillée mais allergique à la pratique de la couture. Je pense qu’il n’est pas impossible que ma maternité m’ait rapprochée d’un schéma bien spécifique et réconfortant que je connais et qui a été porté par ma propre maman. Elle cousait pour moi, et peu- être qu’inconsciemment, j’ai ressenti le besoin de pouvoir en faire autant pour ma fille.

Toujours est-il que je suis tombée là dedans alors que ma fille n’avait que quelques petites semaines… Aujourd’hui, je sais pourquoi cet article a mis du temps à voir le jour. Finalement, j’ai assez peu de choses à dire au sujet même de la couture à proprement parler. Je ne suis pas pro du tout. Je sais faire bien peu de choses. J’ai appris quelques techniques (que ma maman avait probablement déjà essayé de me faire découvrir il y a des années), et avec des petits tutos trouvés ici ou là sur internet, j’ai « redécouvert » cette pratique à mon rythme.

unbrindemaman © EM – Détails pas forcément parfaits, mais pour une novice, c’est pas trop mal je pense.

unbrindemaman © EM – Détail – Biais de renfort en bas de la robe.

Je m’étais mise en tête d’utiliser le tissu liberty pour faire de jolis biais, dont un assez large, au bas de la robe. Comme si un bébé d’un mois de vie avait besoin que l’on « renforce » ses habits… mais c’était si joli que j’ai craqué, et puis ça permettait de corser un peu le challenge…

unbrindemaman © EM – Boutons décoratifs à l’avant et fermetures à pression à l’arrière.

Que dire de plus ? Finalement rien. La couture a été une activité très passionnante puisque nouvelle. J’ai appris très vite et j’ai pris beaucoup de plaisir à imaginer, dessiner, monter et coudre cette robe moi-même, sans patron. J’y suis allée au feeling (en regardant des vêtements en taille 1 mois pour avoir une idée des dimensions), et j’ai découvert que je pouvais le faire. Finalement, avec de la patience et de la volonté, n’importe qui pourrait se saisir de cet art, c’est comme tout. Je reste bien sûr admirative de ma maman et de mon amie G. (bisou à toi, je sais que tu passeras par là), qui en ont fait leur métier. Elles ont des doigts de fées et ce sont elles les pros. Pour moi, ce n’était qu’un passe-temps et ça le reste, quand j’ai le temps, pour coudre des housses, des rideaux ou d’autres petits vêtements qui demandent finalement assez peu d’expertise.

unbrindemaman © EM – Brouillon de mes petits plans.

Pour être honnête, les premiers mois qui ont suivi la naissance de mes enfants ont été des mois extrêmement riches en production. Surtout au début, lorsque mon nourrisson dormait beaucoup. J’ai cousu pour elle, j’ai écrit pour elle, j’ai dessiné pour elle, j’ai écrit pour mon fils et j’ai dessiné pour lui. J’avais des objectifs de productions très clairs à atteindre pour chacun d’eux, dont pas mal de beaux projets qui se sont finalisés, dont je n’ai pas parlé ici et dont je ne sais pas si je parlerai un jour ici. Il s’agissait de productions symboliques, comme des traces que je voulais leur offrir.

J’ai été très très très active pour combler chaque moment de latence qui aurait pu me replonger dans des souvenirs difficiles. Tout y est passé : couture, dessin, écriture, pâtisserie, et j’en passe. Rapidement, il y a eu le blog et ses trois, quatre, voir cinq articles par semaine (et vous savez que j’ai tendance à écrire plus de trois mots par article…), puis le eShop… J’avais un rythme effréné pour être sûre d’avoir un temps bien rempli.

Pour être honnête, je sortais peu en ville. L’une des rares fois où je suis sortie seule en ville pour des obligations de type courses ou PMI, les premiers mois qui ont suivi la naissance, je me rappelle avoir reçu quelques regards et remarques audibles très désobligeants de la part de jeunes filles inconnues au bataillon qui ne comprenaient « pas comment une maman aussi fatiguée et avec un bébé aussi petit pouvaient sortir… » parce que « non mais t’as vu elle est tarée, la meuf elle va tomber, elle vient d’accoucher et elle sort », « mais vas-y, vient on va lui dire. » (Je crois en l’écrivant que je vous ai déjà raconté cette anecdote qui visiblement m’a pas mal marquée.) Je me souviens que personne n’avait osé venir me dire un mot. Pourtant, j’aurais pu leur expliquer pourquoi j’avais les joues si creuses et pourquoi ma fille semblait aussi petite alors qu’elle avait déjà quelques mois, contrairement à ce qu’elles pensaient. J’avais même pensé leur parler de mon fils, mais aussi de la fabuleuse robe rouge qui avait pris vie et qui m’avait aidée plus que leurs mots. Auraient-elles compris ? Ou alors les aurais-je seulement embarrassées… Ce jour-là, j’ai tout entendu, mais j’ai fait mine d’être ailleurs, comme souvent d’ailleurs les premiers mois suivant l’accouchement. J’étais comme imperméable, anesthésiée en façade, mais au fond, mon cœur était devenue une petite éponge. J’étais fragilisée comme je ne l’ai jamais été. Mon éponge était déjà imbibée de trop de choses et je n’avais plus d’énergie pour réagir ou répondre à ces genres de remarques/jugements, ici, de la part de filles qui étaient à mille lieux de la maternité et qui ne savaient rien. Ce jour-là, je suis rentrée avec mon bébé et mon histoire et je suis restée dans ma grotte encore plus longtemps, avec encore plus d’objectifs à atteindre, encore plus de projets à faire naître, pour mes bébés et pour mon propre bien-être.

Je pense que l’activité m’a vraiment énormément aidée. Mettre des idées sur feuilles, les prendre au sérieux, y travailler et aboutir à un résultat, ça fait tellement de bien. J’avais besoin, sans pression, entre quatre murs, avec moi-même, d’être sûre que je pouvais réussir à me faire confiance assez longtemps pour aller, de nouveau, au bout des choses, et être fière de moi. Cette forme d’hyperactivité m’a préservée dans le sens où durant tous les temps que je ne passais pas avec ma fille (pendant ses longues siestes de nourrisson), mes pensées étaient dirigées, canalisées.

Je n’ai pas du tout cherché à oublier l’inoubliable. Je n’ai pas réprimé mes sentiments, j’ai pleuré des litres, j’ai passé des heures à écrire ma colère, peut-être infondée, à l’encontre d’un personnel hospitalier qui disait tout maîtriser mais qui n’avait, dans les faits, aucun pouvoir sur rien. J’ai noirci des pages de questions dans des carnets que je n’ai jamais partagés à quelqu’un d’autre que mon époux… Sans parler des heures à écrire mon désespoir, ma résignation mais aussi tout mon amour pour mes enfants. J’ai redécortiqué le déroulement de ma grossesse, de mon hospitalisation, des derniers jours, des dernières heures. J’ai tenté d’analyser les comportements des médecins, essayer de comprendre des protocoles incompréhensibles… et toujours le même résultat : un grand point d’interrogation… Oui, je trouvais aussi du temps pour tout cela… Tout ce temps, qui a été très difficile émotionnellement, était tout de même indispensable. Je ne le regrette pas, il fait partie intégrante de mon cheminement. Je pense sincèrement que toutes les personnes qui ont pu dire « N’y pense plus », « Passe à autre chose »… ont eu tord, du moins dans mon cas. Je ne le répéterais jamais assez, pour moi, ignorer les choses aurait été dévastateur.

J’étais une maman à l’air fatigué à l’extérieur, comme toutes les jeunes mamans peuvent l’être, et je ne laissais pas voir ce bout de moi qui était (et est toujours) écorché à l’intérieur. Personne ne pouvait deviner notre histoire. J’étais (et suis toujours) une jeune maman heureuse à l’intérieur et au visage souriant à l’extérieur. Au début, j’avais besoin de me retrouver seule parfois. L’anecdote que je vous ai racontée plus haut aurait pu arriver à n’importe quelle jeune maman. Moi, je commençais sérieusement à « en avoir marre des gens ». D’abord, il y a eu l’équipe médicale, puis l’extérieur, les remarques, les conseils, les regards, les maladresses des uns et des autres qui apportent tout un tas de tourments qui cisaillent le cœur. Tout le monde et n’importe qui… D’une vendeuse qui vous demande si vous n’avez bien qu’un enfant, à une secrétaire au téléphone qui vous fait répéter trois fois que votre fils est mort…  Toutes ces situations, qui finissent souvent chargées d’indélicatesses, quand vous vivez un drame, vous y êtes confrontée très souvent, quasiment partout. Est-ce dû à la chute d’hormones suite à l’accouchement ? A l’éponge qui vous sert alors de cœur ? En tout cas, c’est difficilement supportable, surtout au début. Mais tout ceci est normal et humain quand on y pense. Vous êtes à fleur de peau quand vous êtes en détresse. Vous êtes fragile, sensible… La dureté du monde et de ses habitants devient trop dure à supporter, et je me répète, mais c’est normal quand on y pense. A chaque fois, vous vous demandez ce qui pourrait vous briser un peu plus, et à chaque fois ça ne manque pas… Mais ce qui est bien, c’est que vous vous surprenez à avoir assez d’énergie pour ramasser les débris, pour ne pas vous blesser de nouveau avec les mêmes éclats, et cet effort, ce n’est pas rien… La vie continue. C’est peut-être ça le courage ?

Chaque personne fonctionne différemment. Moi, j’ai fait le cheminement seule, petit à petit, à mon rythme. Je n’ai eu besoin ni de psy, ni d’autres professionnels de la question. J’ai fait le travail seule, mais avec ma foi dont je dédierai peut-être un article un beau jour. Avec ma foi, mon hyperactivité, et mes proches un peu plus tard. J’ai réussi, petit à petit, et je n’ai pas sombré. J’étais très énergique (pas physiquement parlant, épuisement d’une fin de grossesse gémellaire qui finit mal oblige). J’étais très productive, non pas pour oublier, juste pour m’occuper et laisser le moins de place possible à la tristesse destructrice.

A cette époque, vous l’aurez compris, la fatigue n’était pas la seule responsable de ma petite mine, les larmes y étaient aussi pour beaucoup. Depuis, ma fille a grandi, les pâtisseries ont eu raison de mes joues creuses de l’époque. Je continue d’accueillir ma tristesse et je continue de composer avec elle. Depuis, le choc est passé mais les souvenirs et la douleur n’ont pas disparu, et tant mieux en quelque sorte. J’espère ne jamais oublier. Depuis aussi, notre fille a bien grandi et depuis, elle occupe tout mon temps, si bien que ses siestes ne suffisent plus pour l’écriture d’un seul article. Mes Bordas prennent la poussière depuis que mon énergie et mes pensées sont accaparées à temps plein par cette boule d’amour qui anime notre quotidien. J’ai toujours autant de passions, d’envies, et de projets à faire naître mais mes productions mettent plus de temps à voir le jour et je l’accepte, même si cela peut être frustrant parfois. L’essentiel, c’est que je n’ai pas perdu la boule suite à cet événement tragique.

Pourquoi cet article ? Mon titre n’aura trompé personne… Vous l’avez remarqué, il ne s’agit pas vraiment d’un article couture. En commençant, l’article j’ai compris que je n’avais rien à en dire, sinon qu’il s’agit d’un des outils formidables qui m’a permis de me challenger pour garder un cap sain et regagner une certaine confiance. Il y en a eu plein d’autres, et ce, jusqu’à aujourd’hui…

Je ne vous le souhaite pas, mais si jamais un jour, il vous arrivait d’être confrontée à un drame quel qu’il soit, je vous le dis, tout finira par aller bien. J’aimerai transmettre un message d’espoir. Et si vous avez la foi, vous savez au fond de vous que cette vie est pleine de mystères, qu’elle n’est qu’un passage composé d’une succession d’épreuves. Le chemin est difficile. Dans cette vie, mon cheminement sur la question du deuil périnatal sera éternel. Mais il est toujours plus difficile d’avancer quand on s’ajoute soi-même des bâtons dans les roues, n’est-ce pas ? Alors il faut s’accorder le droit de sourire à nouveau. Il faut surtout se donner du temps et ne compter sur personne. C’est une blessure qui se trouve dans votre cœur, c’est à vous d’en prendre soin. Personne ne pourra le faire pour vous. Vous êtes la clé.

La peine restera intacte, mais le temps vous aidera à mieux la gérer.

Je ne sais pas qui cet article de trois kilomètres de long aura intéressé. En tout cas, cela m’a fait du bien de l’écrire et de le partager, alors si vous êtes arrivée jusque-là, je vous remercie de m’avoir lu. Pour m’excuser du style un peu éparpillé de ce billet (qui a été écrit sur plusieurs temps de siestes de ma choupette, et sur plusieurs jours différents), je vous dépose ici en cadeau une petite prose que j’ai partagé sur Instagam il y a quelques jours.

Je l’ai écrit avec tout mon cœur, un jour particulier, dont la date et le sens que j’en fais resteront miens. Je vous laisse donc libre de vous l’approprier et de l’interpréter comme bon vous semble (enfin, n’oubliez tout de même pas de me mentionner si vous souhaitez le partager 🙂 ) :

LE NID

Ici. Le voici, le nid. Tu le trouveras au bout des sentiers gravé sur mon cœur,
là où les fleurs ont moins peur. Dans l’obscurité qui fait jaillir l’effluve, enfoui au fond de la mère, caché dans les ruines d’un château d’espoir, inlassablement ébloui par l’aube d’un avenir inachevé. En sécurité, à l’image d’une perle délicatement déposée dans un écrin de sève sucré.

Ici, le voilà, le nid, à l’abri des torrents de la vie, derrière un champ de blé que tu ne pourras jamais toucher. Naviguant fièrement sur des rivières aux goûts de camphre et de gingembre comme tu n’en as jamais goûté.

Le nid est par ici. Suis les chemins gravés, poursuis jusqu’au cœur des sentiers, là où les fleurs ont moins peur. Le nid est ébloui, entouré de saphirs, là ou dorment les signes, ceux pour lesquels je me lève. Pour les rayons de bonheur ; ceux qui jamais ne meurent.

EM.

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