Le temps qui passe…

unbrindemaman © EM – Le temps qui passe…

On est déjà fin avril… C’est passé super vite, non ?

J’ai omis de le mentionner dans mon dernier article de blog mais je voulais aussi déposer quelques mots d’hommage à notre copinaute du blog Aïnoha et Moi qui nous a quittés un 23 avril, il y a 2 ans maintenant. 💐

On avait commencé à blogger en même temps, génération Hellocoton… l’énergie du début, les effusions d’idées d’articles… un par semaine ? Pouah, souvent plus !

Les commentaires, les échanges d’astuces entres femmes qui se cherchent avec leur nouvelle casquette de jeunes mamans… c’était à l’époque où Instagram n’avait pas encore énormément de place pour le petit groupe virtuel qu’on avait constitué. On était hyper connectées sur les blogs des unes et des autres, et le nôtre… Le bon vieux temps.

Le temps passe et les choses changent.

De là où tu es, sache qu’on ne t’oublie pas. ❤️🌸

EM.

S’il y a une chose qui ne change pas, cc’est mon retard dans mes réponses aux commentaires… mais je lis tout, promis. Je vous réponds dès que possible.

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Batman me souhaite un joyeux anniversaire en avant-première

unbrindemaman © EM – Batman me souhaite un joyeux anniversaire en avant-première.

J’ai eu un tout petit moment de calme cet après-midi entre les rendez-vous et la popote, j’ai dégainé mon ordi dans l’optique de revenir raconter deux trois choses assez folles qui méritaient à mon sens d’être consignées et racontées ici… et puis en consultant mes mails avant de commencer, notamment  pour relever les dernières commandes de la boutique (merci pour ça !), je suis aussitôt tombée sur le dernier article de ma copinaute maman lempicka qui m’a laissé un sentiment de vide. Un blog d’une copinaute qui ferme ses portes et je remets tout en question ! Je suis comme ça…

Puis les enfants se sont réveillés, j’ai dû délaisser une nouvelle fois mon ordi et j’ai eu le temps de réfléchir au sens de tout ça, et j’en suis venue à la conclusion que j’avais, jusqu’ici, plutôt bien réussi à me détacher du blog et surtout des réseaux, aux moments où j’en ressentais le besoin. Je ne me suis jamais forcée à écrire et ce blog me sert encore pas mal d’échappatoire et même surtout, de dévidoir. J’en ai encore besoin, alors je pense continuer encore un moment pour ma part, surtout pour moi-même finalement. S’il y a encore du monde pour me lire et échanger avec moi, tant mieux, sinon c’est bien aussi, ça laisse une trace de quelques fragments de pensées qui seront peut-être lus par mes enfants un jour, qui sait ? Et le jour où je ne ressentirai ni l’envie ni le besoin d’écrire ici, alors j’arrêterai sûrement aussi… Mais voilà, ça me fait toujours un très gros pincement lorsque l’une de nous se retire de la blogosphère… (Donc restez ou je fais une crise de larmes svp. (On notera la qualité du chantage émotionnel… Hum.))

Bon, rentrons dans le vif du sujet. Le 23 avril dernier, c’était mon anniversaire, j’ai fêté mes 28 ans en comité ultra réduit (mon mari et mes deux filles), entre quatre murs, mais c’était chouette ! Je m’étais challengé de faire un vrai beau gâteau et je crois que j’ai réussi. Toutes les couches étaient uniformes. Il était juste un peu gros… (Il en reste encore un peu  aujourd’hui… Petit comité, tout ça, mais très bon par ailleurs.). Ce jour-là, j’avais aussi planifié le lancement de la boutique (merci pour l’accueil ) ! Vous avez eu le temps, depuis, de découvrir tous les changements à commencer par le nom : De graine en brin. Comme je vous l’expliquais, sur Instagram et dans la rubrique « Toutes les actus » du nouveau site, j’avais jusque-là un très gros problème de communication en aillant donné le même nom que l’asso à celui de sa boutique.

« Mémoire d’anges » étant un peu trop réducteur, cela posait plusieurs soucis. Bref, j’explique tout ICI alors n’hésitez pas à passer lire si ça vous intéresse ! En tout cas, dans le fond du projet, rien ne change, c’est juste ma stratégie marketing qui a évolué.

unbrindemaman © EM – Encore merci pour votre confiance.

Je referme la parenthèse de la boutique pour vous raconter un truc fou qui nous est arrivé la veille au soir de cette journée super chargée du 23. Mais avant ça, il faut encore remonter quelques jours auparavant. Quelques jours avant donc, je surfais sur Instagram comme j’aime bien le faire de temps en temps. J’étais dans ma section découverte et je suis tombée par hasard sur un post montrant un homme debout avec à sa gauche une énorme chauve-souris de sa taille, retournée, suspendue à une poutre. Cette image m’a littéralement passionnée. Je ne saurais même pas l’expliquer. J’ai commencé par lire tous les commentaires pour essayer de déterminer s’il s’agissait d’un montage ou non… Ce sujet m’a tellement captivée que j’en suis venue à quitter Instagram pour Chrome où j’ai pu obtenir la confirmation que ces animaux improbables existent bel et bien. Il s’agit de chauves-souris géantes qui vivent principalement aux Philippines. Vous pouvez aussi taper « renards volants » sur google. Vous verrez, c’est juste impressionnant.

Sur le moment, j’ai visionné plusieurs vidéos de ces drôles de bêtes dont j’ignorais l’existence auparavant (d’autant plus impressionnant pour moi qui n’avais même jamais vu de petite chauve-souris en vrai). Je me suis mise à envoyer des tas d’informations à mon mari, photos, vidéos, articles… pour partager cette bizarrerie effrayante avec lui. C’est ainsi que nous avons passé plusieurs jours à nous charrier l’un l’autre à ce sujet, en nous amusant à nous faire froid dans le dos en y repensant. Mon époux a fini par me lire une description plutôt très flatteuse des chauves-souris en général. Ce court extrait d’un texte très ancien qui vantait la beauté de l’équilibre nécessaire et quasi miraculeux entre les ailes fines et pleines, et décrivait le corps de ces (habituellement) petites bêtes, avait un peu clos le sujet.

Jeudi 22 avril au soir, nous sommes tous au salon, très excités de la journée qui se profile entre anniversaire et lancement du eShop. Il est très tard et les filles ne dorment toujours pas (heureusement). La lumière est très tamisée tout de même, vu l’heure. Les filles sont de mon coté, collées serrées comme d’habitude, et mon époux est en face de nous, assis sur le fauteuil. Nous discutons jusqu’à être interrompu par un léger bruit, tout de même assez remarquable pour être soulevé et en une fraction de seconde, j’aperçois quelque chose de furtif, quelques dizaines de centimètres au-dessus de mon époux. Je crois d’abord à un énorme papillon de nuit. Ce qui me pétrifie déjà bien comme il faut. J’ai la phobie des papillons en tout genre… Je m’empare de la grosse couette qui traîne et je nous recouvre avec les enfants. (Oui, je suis un peu dramaturge sur les bords…) Sauf que cette fois, les mouvements sont plus significatifs que ceux que pourraient engendrer un papillon de nuit, même très gros.

Mon époux me dit de me calmer un peu, qu’il s’agit sûrement simplement d’un oiseau désorienté. À ce moment, « l’oiseau » était allé faire un tour dans la cuisine. Je me souviens avoir retiré la couette et avoir dit : « Oh si c’est un oiseau c’est bon, il peut même venir se poser sur moi s’il veut. » Mon époux m’interrompt et me dit de ne surtout pas venir voir car j’aurais trop peur d’après lui. Les filles rigolent, on reste là-dessous. Puis je réalise rapidement que cet « oiseau » adopte un comportement vraiment très bizarre, il ne cuicuite pas, il est vraiment trop violent pour un oiseau, il se déplace comme une feuille de métal. Sachant qu’aucune fenêtre n’était ouverte, pour être arrivé là, il aurait forcement dû être blessé, fatigué, donc titubant… et surtout, nous étions en pleine nuit. À ce moment, les images pétrifiantes de renards volants que j’avais longuement observées quelques jours auparavant me reviennent en tête (allez voir de quoi je parle si le coeur vous en ditéloignez d’abord les enfants !) , je lance un « Ah ! Ça se trouve c’est une chauve-souris !  » Et… aussitôt dit, aussitôt palpable.

On avait vraiment une chauve-souris déchaînée entre le salon et la cuisine.

unbrindemaman © EM – Photo très flou de la bête en direct de ma cuisine.

Je ne vous raconte pas l’angoisse. Je me suis dit que tant qu’elle était dans la cuisine, il fallait qu’on se libère avec les enfants pour sortir de là. On a filé plus bas derrière la porte où nous pouvions continuer de soutenir moralement notre brin de papa. Et cette fois, nous avons bien eu confirmation. Imaginez voir, là, tout de suite, dans votre salon tout ce qu’il y a de plus normal, une chauve-souris terrifiée et terrifiante qui provient de je ne sais où.

Dans un élan d’angoisse, j’ai dit à mon époux de prendre quelque chose de rigide pour la cogner au cas où elle lui fonçait dessus. Ce que je n’aurais absolument jamais dit s’il s’agissait d’un oiseau. C’est là qu’on voit comme la peur peut nous amener à être violent face à l’inconnu.  Je vous passe les détails de cet épisode qui aura permis à ce petit animal de voler impunément un bon gros quart d’heure entre nos murs. En gros, pour en finir, mon mari a ouvert grandes les fenêtres et nous l’avons perdue de vue. Nous avons supposé qu’elle était sortie puis nous avons repris possession des lieux petit à petit (à reculons pour ma part).

Là, il est minuit vingt-quatre et je suis en train d’écrire (la deuxième partie de) ce billet dans mon salon, et je peux vous dire que jusqu’à aujourd’hui, je reste chamboulée et angoissée par cette expérience. On se demande encore, d’où est-ce qu’elle a bien pu débouler ? Par quel accès ? Comment ? Ce soir-là, elle est comme apparue d’un coup. Je trouve ça encore plus fou qu’elle se soit invitée chez nous alors que nous nous étions justement intéressés à elles (et leurs congénères) juste quelques jours auparavant, par le biais du pur hasard de mon algorithme Instagram.

J’ai la boule au vendre à l’idée que les entrailles de mes murs soient tapissées de chauves-souris, même si ma raison sait que ce n’est pas le cas (enfin, j’espère vraiment que ce n’est pas le cas). J’habite une maison saine qui loge déjà de gros mille-pattes bien flippants (des scutigères véloces plus précisément (je ne vous mets même pas le lien pour vous montrer cette fois, mais vous pouvez taper ça sur google si vous êtes curieuses et courageuses (en éloignant encore bien les enfants))), mais là on a passé un level. Je crois que je ne suis pas prête à en croiser d’autres. J’espère vraiment que ce n’était rien de plus qu’un égarement. J’ai lu qu’il ne suffisait que de 5 à 6 mm à une chauve-souris pour trouver refuge quelque part.

Il y a encore un gros mystère qui entoure cette intrusion, mais je vais essayer de rester rationnelle et me dire qu’il doit y avoir une brèche dans mon toit quelque part et qu’elle s’est aventurée dans les murs pour ressortir par erreur de notre côté des lambris en bois, ou alors depuis la vieille cheminée mal bouchée ? En tout cas, le plus important, c’est que les enfants n’aient pas été traumatisés du tout (contrairement à moi). Reste qu’il va nous falloir enquêter du côté des combles pour s’assurer que toute la famille Addams n’a pas élu domicile chez nous… Affaire à suivre donc.

EM.

La prochaine fois, je vous raconte comment une souris surprise à sauvé ma fille, ça vous branche ? Ma vie est passionnante…
Je précise que ma maison est saine. Nous la rénovons petit à petit comme nous le pouvons, au mieux. Ah ! Et nous n’avons pas fait de mal à cette pauvre petite chauve-souris égarée.

Vous avez déjà vu une chauve-souris en vrai ?

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De graine en brin

unbrindemaman © EM – De graine en brin

Bonjour à toutes !

J’ai choisi un jour spécial pour le lancement, le 23 avril : jour de mon anniversaire. 🙂 Ce qui explique ce billet très tardif ! Je reviens par ici très tardivement pour vous présenter furtivement la boutique que j’ai retravaillée avec toute mon énergie et tout mon cœur.

Le nom a changé, l’univers graphique aussi… Il y a un focus sur les cartes avec un nouveau mode d’envoi adapté et mignon pour ces dernières. J’ai même ajouté une petite musique d’ambiance que vous pouvez activer tout en bas si vous le souhaitez. Je l’adore, elle me rappelle nos premiers moments avec mon arc-en-ciel.

Je vous laisse découvrir tout ça de vous-mêmes, il y a une petite section « Toutes les actus » avec dejà un, deux billets qui pourront vous permettre de comprendre le pourquoi des grands changements.

Il y aura régulièrement de nouvelles petites illustrations, j’espère de tout coeur que ça vous plaira !

À demain pour un vrai billet où j’aurai vraiment plus le temps de papoter. Je retourne auprès des miens.

À demain !

EM.

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Rendez-vous demain pour découvrir la boutique en ligne !

Ça y est, c’est demain !
Elle a fait peau neuve et elle est enfin prête à réouvrir ses portes.

Je vous donne rendez-vous demain en fin d’après-midi pour découvrir tout ça !

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T’es enceinte, t’as pas de bola ? Non mais allô quoi !

unbrindemaman © EM – Ras-le-bol des injonctions !

Nous sommes en mars et par la force des choses, il y a une vague énorme de publications à l’attention des femmes et des droits dont elles disposent ou non, ici et ailleurs. J’ai remarqué que je ne participais pas trop à ça alors que j’ai des tas de choses à dire, à raconter… Oui, en 2021, il y a encore d’énormes dysfonctionnements  graves qui vont jusqu’à mettre les femmes en danger parfois, souvent même…

Quasiment tout le monde participe à cela, les hommes bien sûr, mais aussi inconsciemment les femmes entre elles parce que notre société a été façonnée de la sorte. Les esprits sont forgés pour penser qu’une femme n’existe, a priori, qu’au travers de ses enfants, que ses idées et sa voix ne seront jamais assez légitimes et valables.

Je n’arrête pas de tomber sur de vieux extraits télé entre autres ces derniers jours. A chaque fois, je suis sidérée que des êtres humains aient pu réellement penser ce qu’ils débitent… qu’une femme ne peut pas penser bien, qu’elle ne vaut rien sans son mari, que son avis ne compte pas vraiment…

Il y a tant à dire. Une femme a toutes les charges du monde sur le dos, elle doit être jolie, mais pas trop. Intelligente, mais pas trop. Douce et gentille, mais attention à ne pas passer pour niaise. Elle doit faire des études, mais pas trop. Avoir de l’humour, sans passer pour le clown de service. Elle doit faire des études, mais pas trop longues. Travailler et enrichir sa carrière sans pour autant en faire le moteur de sa vie. Elle doit avoir un bel homme au bras, à l’aise financièrement de préférence (eh oui, les autres femmes ne se gêneront pas pour commenter cela aussi), se marier, mais attention, pas trop tôt, ni trop tard non plus…

La pression sociale fait qu’elle est poussée sans réfléchir à faire des enfants, et rapidement, pour prouver au monde qu’elle est bien fertile. Elle doit s’en occuper parfaitement, selon les normes du dogme en vigueur à son temps. En 2021, elle doit donc obligatoirement avoir un bola pendant sa grossesse, faire des photos d’elle nue et les afficher sur les réseaux sociaux pour montrer son ventre lisse (option main du compagnon sur le nombril pour montrer que le couple va bien), elle doit suivre autre chose que les cours classiques de préparation à la naissance… L’haptonomie, c’est mieux. Préparer une chambre Pinterest à son bébé. Sauter six fois sur elle-même en talons aiguilles à l’annonce du sexe de son bébé pendant sa gender reveal qui sera filmée et publiée. Cette même femme ne doit jamais se plaindre du moindre mal car « l’accouchement c’est pas une maladie hein ! », et puis « c’est toi qui l’a voulu ». Elle doit accoucher de façon physiologique, naturelle, bio et sans sucre ajouté, comprendre sans péridurale. Sacrilège spécial que celui des « pauvres femmes qui n’ont pas vraiment accouché (par césarienne). » (A lire avec un ton dramatique en relevant les sourcils en circonflexe.) Elle devra ensuite se relever aussitôt et être parfaitement apprêtée et complètement opérationnelle, debout, sur ses deux pieds (en talons, c’est mieux), et être bien active pour recevoir toutes les personnes qui viendront voir ce qu’elle a produit dans son ventre durant tous ces mois de labeurs silencieux. Accepter bisous baveux et remarques en tout genre sur son bébé et sa personne sans broncher, avec le sourire svp. Photo !

Ensuite, ne pas oublier le cododo, l’allaitement, le portage, la DME, la motricité libre, les jouets en bois Montessori qui coûtent trois bras et tout le champ lexical de la bonne maman maternante BPR (Bienveillante, Positive, Respectueuse) qui ne hausse jamais le ton et qui est capable de gérer toutes les situations de crises en public d’une main de maître, en deux minutes chrono. Attention à ne pas mettre le moindre écran, tata Huguette n’est jamais loin pour donner son avis sur ta façon de faire, elle, et le reste du monde d’ailleurs, et qu’on se le dise, ça ne va jamais, il y aura toujours quelqu’un qui aura quelque chose à redire.

Cette femme, que nous suivons depuis un moment maintenant, alors qu’elle est encore sur son lit d’accouchement en train de se remettre de ce gros chamboulement qu’est son nouveau rôle de mère, devra penser à planifier « le petit deuxième » parce que tout de même, « ce pauvre enfant ne doit pas rester seul ! » (Force et courage aux femmes de tous les couples qui font le choix de n’avoir qu’un enfant unique. Je n’ose pas imaginer la puissance de toute la pression psychologique que ce choix peut engendrer spécifiquement sur la mère de famille.)

Une femme DOIT avoir des enfants (comme si même la stérilité n’était pas une entrave possible. C’est dire la pression). Une femme doit avoir des enfants, tôt, mais pas trop. Rapidement… avec un an d’écart, c’est mieux, et surtout, le tout sans complainte aucune, jamais. Elle doit en avoir plusieurs, mais pas trop. Tu ne feras pas de baby blues hein. Pas le temps. Puis t’as fais tes enfants, tu t’en occupes, non mais.

En parallèle de tout cela, elle doit prendre soin de son mari, de sa maison (qui doit être nickel chrome H24 et instagramable sous tous ses angles, même si elle a un BABI et une épisiotomie fraîchement rentrés à la maison)… (Chut, on a dit qu’on ne parlait que des belles choses). Elle doit faire de la bonne cuisine maison healthy, bio et vegan de préférence parce qu’elle doit penser à la planète aussi. Elle doit continuer de travailler, mais pas trop, et trouver le temps de s’occuper d’elle bien entendu.

Être une femme, dans l’imaginaire collectif, c’est ça : être une jolie chose, souriante, efficace, active pour participer à l’effort citoyen, mais pas trop non plus. Qui ne doit être ni trop maigre, ni trop grosse. Qui doit être quand même un peu dénudée pour séduire toujours plus. Pour montrer son corps qui doit être parfait (sinon pauvre mari), mais pas trop non plus parce que sinon ça fait vulgaire et soumise, ah non, à part à la plage et sur les panneaux publicitaires, parfois il faut être à poil. Une femme doit changer de tenu chaque jour. Attention, pas de fast fashion ! Eh, la planète ! Une femme doit aussi savoir se couvrir mais pas n’importe comment et pas trop non plus parce qu’une femme n’est probablement pas assez intelligente pour faire des choix de ce genre qui viendraient pleinement d’elle. Bof, celles-ci sont sûrement, elles aussi, soumises, d’une autre façon… Bonjour l’infantilisation généralisée.

On attend d’une femme qu’elle produise des enfants et qu’elle s’en occupe bien tout en gérant tout le reste de ce qu’on attend d’elle. Et le pire dans tout cela, le pire, c’est que les femmes elles-mêmes sont si bien tombées dans ce jeu qu’elles se pavanent, se jalousent et se jugent toutes sur ces sujets-là continuellement, entre elles, sans aucune pitié. C’est terrifiant à observer. Cette course à la pseudo-perfection. Cette course au bonheur, qui n’est pas représentatif du bonheur qui convient aux individualités… C’est fourbe et dangereux.

Voilà ce que les petites filles peuvent comprendre et apprendre de toute cette mascarade que nous entretenons tous et toutes en 2021, pour une femme : si tu as un métier qui paye mal, tu as raté ta vie. Si ton mec est laid, tu as raté ta vie. Si ton pif est gros, tu as raté ta vie. Si tu fais du 42, tu as raté ta vie. Si tu as des vergetures, tu as raté ta vie. Si tu ne sais pas cuisiner, tu as raté ta vie. Si tu n’as pas bon goût en déco, tu as raté ta vie. Si tu as perdu un bébé, tais-toi. Cache ton malheur et n’exalte que le bonheur. Tu as raté ta vie. Si tu n’es pas mariée et que tu n’as pas d’enfants avant tes 30 ans, tu as raté quelque chose quelque part. Tu n’es toujours pas proprio ? Pouaf, raté. Si tu ne veux pas d’enfants, tu es égoïste et tu ne sers à rien. Tu es enceinte et tu n’as jamais vraiment eu le ventre rond ? Tu as raté ta grossesse. Tu as fait une fausse couche ? Tu as dû manger quelque chose qu’il ne fallait pas. Tu n’as que des filles ? Pauvre de toi. Tu n’as que des garçons ? Pas de chance. Il arrive quelque chose à tes enfants ? Tu es entièrement responsable… Ils sont malades ? Tu as sûrement fait quelque chose de mal quand tu t’en es occupée. Ton enfant a une malformation ? Tu as sûrement fait un truc de travers pendant ta grossesse. Ton enfant a un retard de langage ? Ah, c’est sûrement à cause de toi, vu qu’il passe tout son temps avec toi, bah oui tu es femme au foyer, pauvre fille… Allez savoir pourquoi, même lorsque rien ne concorde, c’est toujours la mère le problème. C’est aberrant.

Les femmes ont le poids du monde sur les épaules et ça ne peut plus durer. Ça ne doit plus durer. Oui, parfois, certaines femmes ont des choses à régler, mais pas toutes, pas tout le temps, pas sur tous les sujets à la fois, vous m’aurez comprise. Puis mince, la vie est déjà assez compliquée comme ça, avec ses imprévus, ses galères, soyons compatissantes les unes avec les autres, non ? Je trouve qu’il n’y a pas de regard plus tranchant et dur que celui d’une femme sur une autre femme.

Je vais vous parler d’un truc qui m’est arrivé il y a quelques jours et qui a peut-être été le vrai déclencheur de ce billet. Il y a quelques jours, j’ai eu la surprise de me voir mentionnée sur une publication Facebook. Pour recontextualiser la chose : je ne me suis jamais montrée ni sur mon blog, ni sur les réseaux. Jamais. Personne ne sait à quoi je ressemble à l’exception de ma famille proche et de quelques bonnes copines de longues dates et de confiance avec qui j’ai choisi de partager unbrindemaman. Je suis « normale », je n’ai rien à cacher de honteux mais ça reste mon choix, c’est comme ça.

Je disais donc que j’avais été identifiée sur une publication Facebook. Coup de bol, j’ai pu voir cette publication par hasard puisque je ne fréquente Facebook que très occasionnellement… Et j’ai découvert un carrousel de photos de femmes en surpoids avec un avant-après de quantité, où l’on pouvait voir ces mêmes femmes avec un corps sculpté avec quelque 15 ou 20 kg de moins. J’ai mis quelques secondes avant de comprendre la supercherie.

Il y a deux options possibles : soit la personne qui a fait le post a voulu attirer mon attention sur ses pilules miracles en me mentionnant parce que c’est bien connu : forcément et par définition, les mamans ont toujours des kilos à perdre puisqu’elles ont accouché, et que vite il faut répondre aux dictats de la société et redevenir minces.

Soit, cette personne savait bien, au vu de mes très rares publications, que je n’allais pas tiquer, et elle a pu vouloir se servir de mon blase de maman pour attirer d’autres mamans, histoire de dire, regardez, unbrindemaman est l’une d’entre les femmes qui a utilisé ma poudre magique, preuve que ça fonctionne… C’est une pratique très largement utilisée que je condamne de tout mon être. M’associer une image fausse alors que je prends grand soin de ne justement pas divulguer mon image me gêne forcément énormément, encore plus lorsqu’il s’agit de surfer sur les injonctions faites aux femmes, qui, je trouve, sont encore plus lourdes de charge pour les mamans.

Cette anecdote m’a vraiment marquée. Je me suis dit : Mais mince, on n’est jamais tranquilles ! On pourrait faire des choix « de notre plein gré », sûrement façonnés par la société dans laquelle nous vivons, mais qui découleraient au moins d’une pleine conscience, sans pour autant vouloir que la société vienne d’un coup nous en rajouter une couche, comme pour dire : « Tu crois que c’est ton choix, mais en réalité tu n’as carrément pas le choix. » Vous me comprenez ?

On voit de plus en plus de filles mal dans leur peau, qui se retrouvent en dépression, en mal-être, à faire de la chirurgie parfois à outrance pour plaire et se conformer à ce qu’on attend d’elles en tant que filles, en tant que femmes, en tant que mères… Les sentiments et l’état émotionnel d’une femme en mal-être seront toujours minimisés et étouffés. C’est terrible. Il faut montrer le beau, le bien, les réussites… Tout le reste : au placard et débrouille-toi.

C’est un sujet sans fin, un peu bateau, dont tout le monde a conscience, je le sais bien, mais je me suis dit qu’il fallait que je vide mon sac ici suite a cette fameuse publication Facebook qui m’a sidérée une fois de plus parmi tant d autres.

On est tellement tous embrigadés là-dedans que parfois, je suis certaine qu’on en vient à oublier de se poser les bonnes questions, voire de se poser des questions.

Pour le seul sujet de la maternité…

Pourquoi je fais un enfant ? Pourquoi j’en fais un second ? Pourquoi j’en fais un troisième ou plus ? Qui attends quoi de moi ? Et moi je veux quoi ? Est-ce que je continue à bosser ? Est-ce que je m’arrête un temps ? Où est-ce que je dépose mon enfant si je m’en vais ? Pour qui je fais tout ça ? Je suis prête à quoi ? Pourquoi ? Je ne dis pas qu’il y a une bonne réponse. Je crois qu’il y a autant de réponses que de couples et de modes de vie.

Souvent, les gens font des enfants dans une suite logique de leur vie, parce que c’est attendu, comme ça. Puis lorsqu’il y a des soucis, les mêmes qui se comparaient et qui disaient : « Qu’est-ce qu’elle attend pour fonder une famille celle-là ? Moi… » se mettent à dire à ces femmes, comme si ces dernières avaient fait leurs enfants seules et en pleine conscience dépourvue de la pression du monde sur leurs épaules : « Bah, elle n’avait qu’à pas en faire ! » Cette hypocrisie permanente me sidère et me fatigue.

Il faut toujours garder à l’esprit qu’en définitive, nous finirons toujours seules avec nos choix, entre quatre murs. Seules et livrées à nous-mêmes, et pour la maternité encore plus, c’est un lien du sang qui se forge à vie avec chacun de nos enfants, alors autant se défaire des schémas préconçus qui nous régissent pour bien réfléchir aux conséquences de nos actes sur le long terme. De toute manière, le paraître fera toujours parler, qu’il soit lisse ou rugueux, alors mieux vaut se concentrer sur la vraie vie derrière.

Je sais qu’inconsciemment, en ayant moi-même des réseaux, je participe finalement globalement un peu à tout ça, malgré moi. Oui, évidemment, je ne prends pas exprès en photo la pile de linge qui attend d’être rangée. J’aime bien que mes photos soient un minimum esthétique. Je fais attention à la lumière, au cadrage. Je partage beaucoup de recettes, notamment sur Instagram, j’y montre aussi mes échecs. Je partage les astuces qui fonctionnent. J’essaie de ne pas trop lisser les choses. Je parle aussi ouvertement de mon deuil, des galères du quotidien sans pour autant dramatiser le quotidien qui est plutôt doux la plus part du temps, et tant mieux pour moi.

Bref, c’est une réflexion ouverte. J’essaie de faire un équilibre dans mes partages. J’aurais horreur de passer pour la parfaite petite ménagère alors que ce n’est pas vrai. Comme tout le monde, j’ai mes jours sans et c’est normal. Au retour de la maternité, pour ne citer que ça, mon salon et ma cuisine étaient dans un désordre sans nom. Normal quoi…

Dans ce post, je ne suis pas en train de dire que je suis contre tout ce que j’ai cité, même si j’ai décrit certaines choses avec ironie parfois. Oui, il faut faire attention à la planète, et j’aime bien l’haptonomie… les bolas aussi d’ailleurs. Oui, moi aussi je veux me sentir bien dans ma peau et chasser mes kilos des grossesses, être en forme, avoir une santé au top… En fait, je dis qu’à force d’être continuellement baignées dans tout ça, on s’ajoute de nouvelles  injonctions (plus ou moins importantes) qui sont lourdes à porter. Probablement pas autant que l’injonction à la maternité même, mais tout de même, la charge s’accroît.

J’ai écrit cet article d’une traite. J’ai probablement tord sur certains points, c’est seulement mon ressenti à moi. Mon ressenti parfaitement subjectif d’aujourd’hui.

J’ai hâte de lire vos avis et vos ressentis sur la question des injonctions faites aux femmes en tant que femmes, aux femmes pour être mères et aux femmes une fois mères… à croire que ça n’en finit jamais.

EM.

PS : En parlant du loup, le billet sur l’allaitement arrive…

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Mamange, papange, parange… pour qui sont ces mots ?

unbrindemaman © EM – Mamange, papange, paranges… pour qui sont ces mots ?

C’est la fête ici, je peux enfin reprendre le clavier avec grand plaisir, non pas pour vous parler allaitement, comme initialement prévu (l’article est toujours en cours d’écriture), mais j’avais envie de laisser une trace de ma réflexion ici sur un sujet d’actualité qui me concerne directement et sûrement certaines d’entre vous.

Vous n’êtes pas sans savoir que le sujet du deuil périnatal est particulièrement mal intégré à notre/nos sociétés. Je connais peu voire pas de culture qui parle du deuil d’un enfant sans difficulté. La majeure partie du temps, c’est complètement tabou, laissant ainsi les familles et la femme ayant directement et viscéralement vécu la perte de son bébé seules dans leur peine. Dans certains cas de figure, le sujet est tabou à l’intérieur même du couple, ce qui peut être absolument dramatique pour l’équilibre familial au-delà de l’équilibre psychologique des principaux intéressés. Dans certains cas plus rares, la maman en question préfère au contraire ne pas en parler. Je connais des personnes qui ont fait ce choix et qui arrivent à maintenir un équilibre émotionnel qui leur est propre, et je respecte pleinement ce choix. Mais comment aider la grande majorité des femmes qui ont besoin d’être entendues, écoutées et prises en compte ? Comment les  aider à extérioriser ce traumatisme qu’elles ont vécu alors même que la société entière les contraint de tout garder pour elles ? Ce tabou est d’autant plus vrai qu’aucun mot officiellement reconnu n’existe à ce jour pour désigner les parents qui ont perdu un bébé.

Si vous me suivez depuis le début de mon aventure blogging, vous savez que j’ai mis un moment avant de vous parler de la perte de mon fils. J’avais lancé le blog après mon premier accouchement parce que j’avais besoin de parler, parler, parler, extérioriser et partager ma matrescence. Je savais depuis le départ que je ne voulais pas faire de mon blog un espace de complainte et de tristesse généralisée autour du sujet sensible et tabou que j’avais du deuil d’un enfant (d’autant que j’étais habitée par la joie et la tristesse à la fois). Je me suis autocensurée à un point où je n’en ai tout bonnement pas parlé du tout. C’est fou quand on sait pourtant à quel point cette expérience de vie fait partie intégrante de mon identité de maman.

Parfois, je fais une rétrospective sur ces premiers mois de blogging qui m’ont fait énormément de bien et où je ne l’avais pourtant pas mentionné. Je me raccrochais à mon expérience en cours de maman grâce à la présence bien vivante de ma fille pour produire du contenu « un brin de mamanesque » et je laissais quelques indices ici et là pour mentionner le fait qu’il y avait quelque chose d’autre à comprendre dans mon parcours, sans trop en parler. Puis au fil du temps, en plus du blog, j’ai investi les réseaux sociaux que je ne connaissais pas avant cela. Et j’ai découvert, par hasard, toute une communauté de femmes qui parlaient de leur deuil périnatal sans tabou. Avec sincérité, avec simplicité, avec autant d’ombre de que de lumière nécessaire à accueillir ce sujet émouvant, avec une facilité qui a débloqué quelque chose dans ma vision des choses, car même si dans mon couple, nous n’avons jamais eu de tabou à ce sujet, je sentais bien que dans la vie, il y avait, à l’extérieur de notre chez nous, une gêne ambiante à chaque fois que nous en parlions directement. Je me suis dit : « Les gens ne sont pas prêts. Ils sont bloqués dans ce tabou, mais sur les réseaux, il y a quelque chose de nouveau qui est beaucoup plus libre, décomplexé. Et ça, ça me fait du bien. »

J’ai embrassé cette communauté qui m’a accueillie les bras ouverts avec beaucoup de douceur et de tendresse et j’ai adopté tous les mots qui avaient été portés avant moi par ces combattants de la vie et j’ai compris à cet instant l’intérêt de parler à mon tour du deuil que j’avais vécu pour aider les mentalités à s’ouvrir sur la question. Je sais que le deuil n’est pas le sujet le plus heureux qui soit, bien sûr que non. Mais la mort fait partie de la vie et le fait d’en parler adoucit la chose, surtout lorsque l’on se met à comprendre à quel point on n’est pas seul à la vivre. J’ai découvert des termes que je n’avais jamais entendus auparavant : mamange, papange, paranges… J’ai tout de suite accroché avec ces appellations qui avaient et qui ont toujours un avantage incontestable qui est que dans « mamange », vous retrouvez le « maman » au complet, ce qui est aussi vrai à l’écrit pour « papange – papa » et à l’oral pour « paranges » avec « parents ».

A l’heure d’aujourd’hui, je n’ai aucun mal à dire que je suis maman de trois enfants. C’est un fait avéré, j’ai porté trois bébés dans mon ventre et même dans mes bras, ils ont existé de façon certaine. Je suis maman de trois enfants, oui, mais il y en a un qui n’est pas en présence. J’ai mes deux anges ici qui me sourient tous les jours et puis j’ai aussi un fils pour qui le cœur a cessé de battre. Ce n’est pas un ange dans le sens religieux du terme, mais ça le restera dans le sens figuré du terme, à savoir « une personne parfaite », une personne parfaite à mes yeux, au même titre que mes deux autres filles, à la différence encore qu’il restera nourrisson pour toujours. Et y a-t-il ici sur cette terre plus pur qu’un nourrisson ?

Et si je ne retiens pas le terme « ange » de « mamange » dans l’optique de comparer mon fils à un ange, ni physiquement (ce qui serait complètement grossier et absurde), ni moralement, ce sera toujours pour faire référence au fait que je le garde auprès de moi dans mon cœur et dans mon esprit pour toujours, mon petit ange gardien, qui me remet les pieds sur terre lorsque j’oublie que la mort n’est pas loin et qu’il faut vivre l’instant présent avec sagesse et plénitude.

Ce terme, mamange,  je ne l’ai pas inventé, il est venu à moi par le biais des réseaux sociaux, il m’a aidé à trouver d’autres personnes concernées par ce drame de vie. Il m’a aidé à me redéfinir en tant que maman ayant vécu un deuil. C’est un terme qui existe depuis de nombreuses années, qui ne s’est pas érigé par force à l’aide d’une poignée d’extrémistes. Non, c’est un mot qui s’est forgé avec le temps, qui a pris sa place en douceur et qui a fini par être reconnu à force d’usage. C’est un mot clair, simple, limpide, dépourvu de toute religiosité à mon sens pour celui qui sait faire la part des choses (il suffit d’aller lire les différents sens du mot ange dans le dictionnaire). Ce n’est pas un acronyme pour une fois. Et surtout, c’est un mot qui contient en son sein le mot-clé que toute femme ayant porté un enfant voudrait conserver pour titre indélébile : maman.

Pourquoi ce billet aujourd’hui ? Parce que le sujet est plus que jamais d’actualité.

Cela fait des années et des années que Nadia Bergougnoux, notamment auteur du livre Le ventre vide, se bat pour briser le tabou qui entoure le deuil périnatal au travers de groupes de paroles et d’une pétition sous forme de lettre ouverte adressée au service dictionnaire de l’académie française pour les pousser à faire valider officiellement ces mots qu’elle n’a pas inventées mais qui se sont hissés d’eux-mêmes au fil du temps, à force d’usage, par nous, les parents endeuillés. C’est une approche à visée symbolique puisque ces mots sont d’ores et déjà employés chaque jour. Mais comme je le disais plus haut : avoir les outils pour nous qualifier, c’est déjà permettre de briser le tabou. (Je ne connaissais pas ces mots avant d’entrer dans ce monde du deuil périnatal.) Rendre le sujet grand public a un réel intérêt, vous ne serez donc pas surprises d’apprendre que j’ai signé la pétition de Mme Bergougnoux que vous pouvez retrouver ici. Elle compte aujourd’hui plus de 61 500 signatures.

Très récemment, une proposition de résolution ayant pour but de faire reconnaître le terme « paranges » pour les parents ayant vécu un deuil périnatal a été déposée par la député Mathilde Panot le 11 février dernier à l’assemblée nationale. Cet acte inédit est plein de sens parce qu’il s’agit déjà d’un pas très important pour permettre de lever le tabou sur le deuil périnatal.

Depuis quelques semaines encore, il y a une nouvelle vague qui a fait son apparition, avec l’apparition d’une nouvelle pétition pour demander à ce que les termes parange, mamange et papange ne soient pas les termes administratifs officiels car trop connotés religieux et doux en regard de l’expérience atroce qu’est le fait de perdre un enfant. Je reviens de cette pétition que je viens enfin de lire en entier, avec les larmes aux yeux. C’est une pétition difficile à lire, qui a fait remonter chez moi beaucoup de souvenirs douloureux. Elle est très difficile à signer pour moi, pour qui les termes mamange & co. conviennent parfaitement. Au contraire, j’ai besoin de la douceur de ces termes et de la poésie qu’ils transportent en eux pour me (re)construire.

Je suis les femmes qui sont à l’origine de cette pétition sur Instagram et j’entends d’autant mieux (car j’ai plus que cette seule pétition pour comprendre leurs arguments) le cheminement qui les amène à penser que d’autres termes seraient plus « neutres » pour définir une catégorie de personnes qui n’a encore aucun mot officiel à sa disposition pour se définir. Nombre de mes amies ont relayé l’information et, les filles, si vous me lisez aujourd’hui, je dois vous dire que mon billet d’aujourd’hui n’est pas à votre encontre. Il n’est que le reflet de mon point de vue personnel sur la question et je voulais avoir la liberté de m’exprimer sur ce sujet qui me touche directement aussi, sur mon blog.

J’ai du mal à saisir « la demande de concertation avec les principaux intéressés » alors que nous utilisons, nous toutes, ce terme sur les réseaux sociaux (et dans mon quotidien pour sensibiliser, pour ma part) tous les jours. C’est l’emploi des mots qui leur donne leur place, et c’est là que nous sommes pleinement déjà acteurs, vous et moi. Comme me le rappelait si bien mon époux : nous sommes, de fait, consultés, puisque nous employons ces mots.

Le coup de projecteur est sur nous, et je trouve étonnant de demander à des personnes extérieures (poke mon article intitulé « Le monde est rempli de spécialistes ») d’inventer un mot de toute pièce, mais en consultation avec nous, sans prendre en compte l’emploi que nous faisons déjà des mots que nous avons nous-mêmes adoptés. C’est un non-sens.

Je trouve aussi très risqué l’idée de faire table rase (pour l’appellation officielle) et de dire que la concertation se fera entre quatre murs avec trois quatre personnes triées sur le volet. Qui décide de quoi ? Je ne voudrais surtout pas me retrouver avec un acronyme froid et dépourvu de sens. Je suis dure, je le sais mais c’est réel. Je ne suis pas prête à prendre ce risque même si je ne suis pas contre l’idée de trouver des synonymes, mais je crois qu’il ne faut pas tout mélanger.

Lorsque j’entends Julie ou Marie remettre en question la laïcité du terme, je suis troublée. Évidemment que nous n’avons pas enfanté d’anges avec des ailes et une lumière aveuglante, évidemment que nos enfants ne se sont pas envolés dans les nuages au sens propre. Mais le terme « ange » peut vouloir dire tellement plus que ça. Je l’emploie quotidiennement avec mes filles sans problème. Je ne me reconnais pas dans la volonté de vouloir trouver un terme « plus dur », plus direct, plus violent, « moins doux », plus proche de ce que j’ai vécu car non, rien, aucun mot de pourrait s’approcher de ce que j’ai vécu. Même le mot « douleur » ne me convient pas. Je préfère la lumière, la douceur et la simplicité d’un mot que j’adopte et que je n’ai pas inventé…

Alors oui, je conçois que tout le monde ne se retrouve pas forcément dans ce terme, mais je crois surtout que plus vite il y a aura un terme pour nous définir et plus vite le tabou du deuil aura des chances de tomber rapidement. La seconde pétition se dresse comme le dit elle-même Julie comme « un gros caillou semé sur le chemin », mais je crains que ce caillou, aussi sincèrement emprunt de désaccord soit-il, ne vienne freiner et entraver les rouages d’une machine qu’il a déjà visiblement été très difficile de mettre en marche. Julie, tu le dis toi-même, tu ne « veux pas de ce mot dans ce dictionnaire » en parlant du terme mamange à 3’02 ici, ce qui serait tout aussi « injuste » pour moi qui me retrouve dans ce terme. Il s’agit certainement d’un lapsus puisque tu dis par la suite que tu n’es pas contre les synonymes… mais il faut garder à l’esprit que ce type de démarche peut remettre la solution à ce débat à des années pour un résultat peu convaincant.

Je suis consciente du fait qu’il s’agisse d’un sujet sensible qui touche le cœur et qui peut rapidement faire monter en pression. Je pense que tout le monde est légitime à s’exprimer sur le sujet, sans violence verbale, sans menaces ni insultes comme j’ai malheureusement pu le voir au fil de mes lectures. Je voulais simplement laisser une trace ici de ma réflexion sur ce sujet qui me tient à cœur, aussi parce qu’il devient difficile pour moi de passer par-dessus les publications de mes insta-copines en ne parvenant pas réellement à liker ou commenter sincèrement, car bridée par les limites de caractères… Voilà qui est fait, pour mon avis sur la question, il est ici.

Merci de m’avoir lue. N’hésitez pas à me donner votre avis sur la question en commentaires, avec respect et bienveillance toujours. N’hésitez pas à passer signer la ou les pétition(s) qui vous parlent, à donner vos idées de synonymes si vous en avez. Pour ma part, j’ai passé les trois derniers jours à me creuser la tête pour en trouver et je n’ai rien ressorti de convaincant. Quoi qu’il en soit, je pense personnellement qu’il y a urgence à faire graver au moins ces trois mots, qui sont déjà employés, dans les dictionnaires et pour le grand public, hors des réseaux sociaux, dans le langage commun, pour briser ce tabou, habituer les esprits à s’exprimer sur ces sujets, pour aider les familles qui vivent ces drames et ceux qui les vivront malheureusement.

EM, maman et mamange de jumeaux depuis le printemps 2017, et nouvellement maman d’un bébé arc-en-ciel depuis l’été 2020.

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Le grand bouleversement – 1 – Ça déménage !

unbrindemaman © EM – Le grand bouleversement – 1 – Ça déménage !

Enfin un nouveau billet par ici. Je crois que je vais tout de suite arrêter de dire quand j’estime pouvoir revenir parce qu’il y a toujours un sacré décalage ! J’ai tout de même réussi à rester présente sur Instagram, alors n’hésitez pas à passer voir mes petits posts si le coeur vous en dit de temps en temps pour avoir de mes nouvelles en temps réel.

Aujourd’hui, je ne vous parle ni de mon accouchement ni de notre nouvelle vie à quatre qui se déroule plutôt super bien. C’est doux, c’est chouette et on a pris le rythme beaucoup plus rapidement que la première fois ! En fait, j’écris plutôt pour garder une trace du déménagement de mon atelier dans une nouvelle pièce de la maison. C’est super important pour moi puisque j’ai remarqué je ne parvenais plus à investir mon atelier avec assez de détente. Je vous avais fait une série d’articles (qui sont encore vachement visités sur le blog) pour vous décrire les étapes de rénovations que nous avions entrepris avec mon époux pour faire de l’ancien débarras deux petits bureaux bien sympas. Je vous disais aussi qu’il y faisait encore plutôt froid et que ce n’était pas super confortable d’y garder les enfants en travaillant (sans compter sur le passage qui est aussi gênant). Bref ! On a décidé de déménager mon bureau dans une toute petite pièce toute mimi plus haut et je vais partager ça avec vous.

unbrindemaman © EM – Etape 1 – Mettre la pièce à nu.

C’est une pièce qui avait justement besoin d’être rénovée, mais nous allons vraiment prendre le temps et sûrement plusieurs mois pour tout finaliser. Pour vous faire un petit aperçu de l’état de départ, c’est simple, en gros il s’agit d’une petite pièce qui a un énorme problème d’humidité. C’est le plus terrible. Le papier peint bleu/vert des anciens proprio tient à peine. Il y fait froid. Sinon, c’est une pièce plutôt longitudinale mais assez lumineuse.

Cette pièce était censée être la chambre de notre fils. On l’appelait « la pièce bleue » (la couleur étant déjà présente). Finalement, ce sera ma pièce (et les bureaux des filles dans l’avenir). Il y a un point qui me tient à coeur pour cette rénovation : je souhaite pouvoir continuer de l’appeler la pièce bleue.

Alors on a réfléchi et on a fait le tour avec mon époux… et on a eu un coup de coeur pour un tapis bleu dans une petite boutique du coin. Ce sera donc la pièce emblématique de la déco. Il me reste encore à monter un moodboard un peu mieux défini, mais il reste tellement de rénovation à proprement parler que j’ai encore le temps de me décider pour le choix précis des éléments. Vous pouvez retrouver mes inspirations rangements/déco dans l’onglet « déco atelier » de mon compte Pinterest si ça vous intéresse.

Pour le moment, nous avons seulement retiré le vieux papier peint et nous avons découvert une ancienne couche d’un autre temps. Jugez par vous-mêmes.

C’est fou de se dire qu’un enfant, visiblement, a pu vivre entre ces murs, entouré de toutes ces scènes de chats flippants… 0_0

Prochaine étape : traiter le mur qui a le souci d’humidité, le repeindre avec une peinture anti humidité pour faire écran. Mettre des panneaux pour mieux isoler la pièce, repeindre et changer tous les papiers peints. Refaire le sol… Et enfin mon passage favori : choisir les meubles et la déco. Et mettre le fameux tapis bleu en récompense absolue du travail accompli. Bref, il y a du bouleau ! Je sais déjà que je vais devoir être très patiente, faire les économies nécessaires… Ça prendra du temps, mais je partagerai les étapes ici dans une série d’articles intitulés « le grand bouleversement » que vous pourrez retrouver dans la section « Mumpreneuse » ou via le moteur de recherche du blog.

Voilà pour l’atelier physique ; et pour la boutique vous l’avez peut-être remarqué : elle est en maintenance en ce moment.

Nous avons décidé de changer radicalement l’univers de la boutique pour la rendre plus fraîche, moins triste et plus fluide. La première étape déclic a été de créer un nouveau compte insta spécifique à l’asso Mémoire d’anges.

 

J’ai remarqué que beaucoup de personnes n’avaient pas saisi la distinction entre les deux ; le sens de ma boutique et le lien avec l’asso. (Beaucoup ne savaient même pas que l’asso existait). En fait, un brin de maman c’est moi, la maman, la blogueuse, la dessinatrice qui a son histoire qui est à l’origine d’une association : Mémoire d’anges, que j’ai fondée avec mon époux. Pour faire simple, je suis l’illustratrice de Mémoire d’anges et tous les gains générés par les ventes retombent intégralement dans les caisses de l’asso. Je mets ma passion pour la création et le dessin au service de ce projet. Comme ça, je m’amuse en créant des petits produits sympa et vous, si vous achetez, vous faites un don en ayant une contrepartie sympa. Notre objectif avec l’association que nous avons fondée à deux, suite au décès de notre fils, serait de parrainer des orphelins en priorité, aider des enfants dans le besoin, des familles. Cette partie de notre vie est complètement bénévole. On le fait avec passion, parce que ça nous fait plaisir, parce que moi ça me fait une activité annexe, épanouissante, où je me sens utile et où je m’amuse à la fois. Voilà pour le résumé global. Et j’ai hâte de pouvoir emballer vos petites commandes dans ma pièce bleue, qui a une symbolique d’autant plus forte.

Le site de vente va donc être refondé pour mieux permettre aux personnes extérieures au blog de bien comprendre toute l’histoire (ça prendra aussi un peu de temps mais ça viendra). Je profite de ce temps là pour dessiner la nouvelle collection. Il y aura quelques changements. Il y a aura aussi une page « actus » dédiée à l’asso où vous aurez un aperçu des actions en cours ou à venir, des partenariats, etc. Hâte de partager tout cela ! En attendant, patience.

Je suis à un moment de ma vie où tout tourne au ralenti. Avec un bébé dans les bras H24, j’en profite à fond parce que je sais que ces petites boules d’amour grandissent vite. Alors je savoure pleinement sans me poser de question. Il m’arrive de passer mes matinées à la regarder dormir sur moi pendant que ma grande est à l’école, et je ne le regrette pas. C’est doux, c’est lent. Chaque chose en son temps.

En attendant, si des produits ou des services d’illustrations vous intéressent, je reste disponible pour toutes demandes. Pour les portraits, je n’ai plus de disponibilité pour décembre, mais il y aura de nouveau de la place dès janvier. (J’ai réduit à deux portraits par mois pour éviter les temps d’attente interminables). Dans tous les cas, si vous avez une demande, n’hésitez pas. La boutique est en maintenance mais le lien Paypal reste actif, il suffit de m’envoyer un mail ou de m’écrire en MP. Les produits disponibles sont recensés plus clairement sur la nouvelle page insta : @memoiredanges

A très vite je l’espère pour un nouveau billet « un brin de maman m’a dit » qui parlera d’allaitement. J’ai tellement de choses à en dire !

Gros bisous les copines.

EM.

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Une rentrée en décalé.

unbrindemaman © EM – Une rentrée en décalé.

Coucou par ici,

J’avais promis de revenir assez rapidement et me revoilà (hum hum, j’ai écrit cette phrase il y a plusieurs jours… donc autant vous dire que l’écriture de cet article a été interrompu au moins dix fois !). Tout d’abord un grand merci à vous pour vos très nombreuses réactions sur le blog, en privé ou bien sur Insta. Ça me réchauffe le coeur de voir que vous êtes toujours au rendez-vous, que vous avez compris nos choix… que vous êtes heureuses pour nous. Merci beaucoup pour vos mots et votre enthousiasme.

Aujourd’hui, je reviens avec un billet tellement plus léger, moins réfléchi. Le genre de pavé qui va sortir tout seul comme si je parlais à une bonne copine autour d’un bon café pour raconter un peu ce début d’année scolaire en toute simplicité, et parler un peu de mes projets à venir.

Alors par où commencer ? L’alerte poux à l’école de ma grande, à peine deux semaines après le rentrée ? (Ouf, rien à l’horizon pour le moment !) La gestion de la continence d’un enfant de trois ans post confinement, ou comment tu te re-confines volontairement par la force des choses par crainte d’un pipi surprise en pleine sortie familiale… Ok, prenons deux minutes pour parler de ça… Comment vous faites, vous ? Avec un enfant qui a une vessie aussi active qu’une femme enceinte à son troisième trimestre ? L’autre jour, j’ai eu l’immense joie de découvrir que le centre commercial du coin possédait des mini toilettes trop mignonnes pour enfant, avec une LUNETTE, et large en plus, le rêve quoi… C’était propre, c’était bien fait. J’ai dit à mon époux que nos longues sorties allaient probablement se résumer à des escapades aux alentour de CE centre commercial pendant un temps car ces toilettes pour enfant (donc forcément moins empreintes de maladies graves potentiellement échouées par ci, par là) étaient parfaites. Puis il y a eu ce samedi après-midi où nous avons longuement attendu derrière cette porte, j’aurais dû avoir des soupçons. Puis soudain, la porte qui s’ouvre, et là surprise, je vois une femme qui a bien plus de 3, 6 ou 12 ans… en sortir, avec pour toile de fond « les » toilettes, que dis-je, NOS toilettes saccagées ! Cette vision d’horreur a été terrible… Même si ces toilettes se font nettoyer mille fois, je n’ai plus confiance. Je crois que je ne pourrai plus y remettre les pieds… J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les toilettes publiques, mais alors laisser mon enfant de deux ou trois ans dans ces lieux… c’est encore plus difficile que ce que j’imaginais. Aujourd’hui, je vous livre la seule astuce que j’ai (pas écolo du tout) : les sacs plastiques jetables. Voilà voilà. Ma solution économique reste de découper les deux extrémités d’un sac poubelle de 50 L et de le recouper ensuite en deux pour obtenir deux larges cercles ajustables sur n’importe quel toilettes (adultes ou enfants). J’en ai toujours au moins deux prédécoupés dans mon sac… #VieDeMaman

Sur une note plus joyeuse, il y a donc eu la rentrée. La toute première rentrée de ma choupette. Elle a été source de pas mal d’émotions pour nous. Un peu d’inquiétude pour moi (c’est normal je pense). Finalement, l’adaptation s’est faite très rapidement, tout simplement. L’amour pour l’école… c’est très beau à voir, et constater tous les matins cet enthousiasme était plutôt surprenant puisque je m’étais plutôt préparée à des torrents de larmes. Contre toute attente, il n’y a rien eu. Alors je savoure. Il faut dire que nous l’avions très bien préparée en amont et ce depuis des mois. Il y a deux paires de jumeaux (au complet) dans sa classe… ça ne s’invente pas. Ça me touche, mais je la trouve super sociale alors je suis rassurée. Peut-être aussi que c’est justement sa gémellité manquée qui l’aide autant à aller vers l’autre. C’est une force malgré tout. A ce jour, elle a déjà une super meilleure copine et je suis trop heureuse pour cela. De mon côté, pour garder un pied dans l’institution qui s’occupe d’elle, parce que le cordon est difficile à couper mais aussi parce que j’aime bien ce genre de rôle actif, j’ai décidé de me présenter aux élections de délégués des parents d’élèves. Je m’attendais à un combat sans nom, je préparais mon plus beau plaidoyer (aller, c’est rigolo non ?) et puis finalement, il y a eu zéro concurrence… Je ne pourrais même pas me la jouer. Non, visiblement ça n’intéresse personne. Mais bon, une victoire est une victoire, n’est-ce pas ? Je ne crache pas sur cette chance de pouvoir m’investir dans cette petite école qui voit ma fille grandir dans son giron. Je suis tout de même un peu étonnée de voir que si peu de parents sont intéressés par cette possibilité. Est-ce-que ça ne les intéresse juste pas ? Ou alors c’est parce qu’ils bossent tous ? Ou bien c’est parce que nous n’avons eu aucune information sur les réelles fonctions que les déléguées auront ? ^^ Dans tous les cas, tant mieux pour moi. En vérité, c’est avec ce genre de détail que je réalise à quel point ça me plaît de pouvoir passer mon temps plein à m’occuper de mes enfants, avoir ce genre de choix possible… et je suis encore plus épanouie quand je parviens à me gratter du temps pour mes projets perso.

En parlant de ça, il faut que je vous parle de l’asso et tout le tralala. Pour le moment, on ne va pas se le cacher, ça ne décolle pas vraiment. Il y a eu plusieurs commandes depuis le départ mais la cagnotte actuelle ne nous permet pas encore de réaliser une belle action concrète. En secret, notre premier objectif avec Mémoire d’anges serait de parrainer un petit orphelin. C’est vraiment notre intention première depuis le tout départ. Alors je vais continuer de travailler dans ce sens. Je vais essayer de proposer de nouvelles choses dans ma boutique en ligne dans les prochains mois pour diversifier un peu plus mes produits. Quel que soit le rythme avec lequel j’avance, j’aime ce projet de tout mon coeur et il reste totalement d’actualité. Par contre, je pense que je vais refermer définitivement la porte d’Etsy qui a finalement été un casse-tête à gérer sachant que mon site de vente continuait de générer plus de ventes que sur Etsy où il est assez difficile, à mon sens, de tirer son épingle du jeu. Mais cela m’aura énormément appris et je vais donc retravailler mon site de vente en conséquence dans les prochains mois (ça va prendre du temps de le rendre plus attractif, mais je dois m’y pencher sérieusement). On apprend, et on s’amuse surtout ! C’est le principal.

Je vous en parlais aussi sur Instagram il y a quelques temps, mais je pense très sérieusement à déménager mon atelier vers une petite pièce plus cosy de la maison qui demande à être rénovée. Si vous me suivez depuis un moment, vous devez vous souvenir de la série d’articles où je vous décrivais la rénovation de ce qui servait de cave aux anciens propriétaires pour nous aménager des petits bureaux. Finalement, y travailler avec les enfants est un peu trop complexe. Il y fait un peu trop froid, il y a du passage… Bref, je n’habite clairement pas dans un château (poke Dinde de toi (à quand la suite de tes articles « envers du décors » d’ailleurs?)), mais il y a pas mal de travaux à effectuer et je vais profiter d’une pièce que nous voulions rénover de toute façon pour la « squatter » le temps que les enfants grandissent et que je finisse par partager cet espace bureaux avec eux. Je vous embarquerai avec moi pour garder en archives ces moments de vie que j’adore relire par la suite.

Pour ce qui est du roman dont je vous parle depuis des mois et que je mets visiblement mille ans à écrire (en même temps, il s’est aussi passé mille choses ces derniers mois…), il reste tout autant d’actualité. Je suis juste un peu lente à raconter l’histoire que j’ai fini d’imaginer. Laissez-moi le temps de dérouler tout cela et vous serez les premières informées ici sur le blog dès que je l’aurais terminé, enfin… après mon époux qui reste mon premier lecteur !

Le blog et Instagram (qui reste mon réseau social de prédilection après le blog) seront un peu plus actifs (disons un post par semaine pour commencer si possible. Et plus de stories sur insta…). Ah ! Et je compte bien faire repartir mes petits Rendez-vous des mots dis donc ! Bref, je fais (enfin) ma rentrée… en décalé, mais que ça fait du bien !

Je vous embrasse tout fort les copines.

EM.

Et vous ? Quoi de neuf ?

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Et soudain, le bonheur.

unbrindemaman © EM – Et soudain, le bonheur.

– Séquence d’ouverture : Videezy.com.
– Musique : Spring Day.
– La mise en scène, toutes les prises vidéos à compter de la septième seconde, ainsi que le montage vidéo ont été réalisés par mes soins. 
(Je n’autorise aucune récupération de mes images, pas même à des fins personnelles.)

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Oh… par où commencer ? La page est blanche et pourtant elle est déjà pleine. J’ai retenu tant et tant de mots et contenu tellement encore de sentiments. J’ai eu peur, très peur. Depuis le tout début d’ailleurs, et puis j’ai espéré très fort…

Il y a un peu plus de trois ans, mon cœur s’est figé avec l’arrêt de celui de mon fils. Sur le doppler, à l’échographie, la ligne plate et continue qui accrochait mon regard terrifié m’empêchait de contempler une dernière fois celle pleine de vie de ma fille, quelques minutes avant qu’elle ne voie le jour, esseulée.

Il y a un peu plus de neuf mois, j’ai retenu mon souffle à nouveau et je me suis confronté de nouveau à cet examen difficile, et pourtant tellement banal. Durant ce rendez-vous que j’ai voulu précoce, et pour la première fois depuis ce souvenir funeste, j’ai vu un cœur. J’ai entendu des battements, et j’ai vu un petit muscle en mouvement. Juste un cœur. A ce stade, je n’aurais rien pu espérer voir de plus, mais ce cœur-là, comme je l’ai vu, avec toutes les images qui sont gravées dans ma mémoire, je l’ai enregistré très profondément pour ne jamais oublier ce miracle de la vie. Un petit cœur comme ça qui flotte, c’est une image impressionnante que je n’avais pas eu l’occasion de voir pour mes jumeaux puisque j’avais découvert ma grossesse plus tardivement à l’époque.

J’avais un petit cœur dans le ventre : une pompe incroyablement réconfortante. Un bonheur puissant qui ne retire en rien les craintes. Mais le bonheur, c’est ça après tout. Ce n’est rien de plus qu’une station. Un sentiment qui émerge et qui ne se révèle que si on veut bien le voir et le vivre au moment où il se présente. Alors bien sûr, j’ai continué d’avoir peur jusqu’au bout et aujourd’hui encore il m’arrive d’avoir peur, mais j’ai prié encore et j’ai savouré chaque petit bonheur, caché derrière des remparts d’espérance. Je savais que tout pouvait basculer, mais je savais aussi que cela n’enlèverait en rien ces petits et grands bonheurs que nous étions en train de vivre étape après étape.

Evidemment, il y a eu des hauts et des bas, mais par chance, ce qui était inespéré arriva. Un confinement est tombé du ciel (j’ai un peu honte d’avoir aimé ce confinement lorsque l’on sait le nombre de morts et le désastre social qui se cache derrière cette décision… mais c’est ainsi), et malgré tout ce que cela a pu impliquer en termes de problèmes, de restrictions ou de drames pour le monde, pour nous, cela nous aura permis de vivre quelques mois complètement retirés du monde, au calme, hors du temps, en famille. Mon époux a pu être beaucoup plus présent physiquement, ce qui n’était pas négligeable pour m’aider au quotidien avec notre grande. Il m’a énormément soutenue durant cette « grossesse d’après ». Grâce au confinement, nous avons pu prendre le temps de vivre chaque moment de cette nouvelle grossesse à trois. J’ai fait le choix de ne pas partager ce bouleversement sur le blog et les réseaux, même s’il est évident que j’aurais sans doute partagé cette étape cruciale de ma vie quoi qu’il serait arrivé. Mais j’avais envie de prendre ce temps pour comprendre ce qui était en train de nous arriver. Me recentrer sur les essentiels et avancer simplement, sans réfléchir, juste en me laissant porter par les événements.

En réalité, si je devais choisir un mot pour décrire cette grossesse, je choisirais sans doute l’image de l’apnée. Nous étions véritablement en apnée. J’ai retenu mon souffle jusqu’au moment où j’ai eu le bonheur de ressentir celui du petit cœur qui s’était logé en moi. Et quel souffle… Ce souffle de vie est un baume si puissant qu’il m’en ferait presque oublier les mois de nausées, de fatigues et toutes les souffrances et les angoisses relatives à la maternité. Au même titre que ma grande qui rayonnait de vie et de joie et ce dès les premiers instants. Mais cette fois-ci, c’était différent. Ils n’étaient plus deux. Il ne serait pas question de pleurer et de sourire dans le même temps. C’était beaucoup plus simple. Ce serait joie ou tristesse. Un temps pour chaque chose.

Dieu merci, un bébé est finalement né, et nous sommes tous les deux restés vivant. Une claque de vie dans la figure. Des éclats de bonheur. Un suivi de grossesse et un accouchement idéaux qui m’auront réconcilié avec le milieu médical et le personnel hospitalier.

Cécile, Fanny, Fabienne et tant d’autres… Ce sont des prénoms et des regards (masque oblige) qui resteront gravés dans ma mémoire. J’ai rencontré des femmes en or, des professionnelles passionnées et humaines que je n’oublierai jamais.

Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez à quel point mon regard sur ce milieu s’est assombri au fil de mes rencontres et de mes expériences. Je n’avais plus d’espoir, mais cette dernière expérience en est la preuve : tout n’est pas perdu. Il y a encore de l’espoir et quelques perles rares. Il faut juste bien chercher.

Alors, il y a quelques semaines, la super médecin que j’ai choisie, qui m’a suivie, et qui m’a accompagné jusqu’au bout, m’a aidée, avec sa superbe équipe, à donner naissance à un merveilleux bébé dans le respect de mes volontés et de ma personne. Il s’agit d’une petite fille qui est venue rejoindre notre famille comme vous avez pu le deviner dans la petite vidéo que j’ai pris plaisir à réaliser. (Avec du recul, le passage me fait rire par sa durée, mais autant vous dire que la « longue » séquence du chapelet n’était pas de trop dans cette courte vidéo vu tout le temps que j’ai passé à prier.)

Une deuxième fille, c’est un bonheur sans nom. Nous tenions à offrir un compagnon de vie à notre grande fille (eh oui, choupette est devenue grande…). Aucun enfant au monde ne pourra remplacer son jumeau et la volonté d’agrandir notre famille était évidemment à mille lieux de ce dessein. Ceci dit, je sais, pour avoir plusieurs sœurs, que c’est une chance incroyable dans la vie que d’avoir ce lien unique. Mon souhait le plus intime serait que leur relation soit aussi forte et belle qu’elle l’aurait été si elles avaient été jumelles. On peut affronter la vie seule, mais ensemble, main dans la main, c’est plus doux.

Aujourd’hui, nous sommes cinq. Avec l’un d’entre nous qui nous regarde d’en haut. C’est beau quand on y pense. Aujourd’hui, je suis apaisée, mais un jour je penserais à décrire davantage les montagnes russes émotionnelles par lesquelles je suis passée ces derniers mois. J’ai eu si peur, si vous saviez. Mais pas assez peur pour ne pas retenter l’expérience il faut croire. Un peu de folie, beaucoup d’amour, de patience et d’espoir et nous voilà aujourd’hui. Dans une nouvelle temporalité, dans un nouveau schéma de vie. Avec ce nouvel être qui ne dort nulle part ailleurs que dans nos bras pour notre plus grand bonheur.

J’ai envie de dire que nous nageons dans le bonheur. Alors évidemment, et vous le savez, la parentalité ce n’est pas tout rose. C’est plein de fatigue, d’angoisse, de stress et d’incertitudes. C’est éreintant et très déstabilisant par moments. Mais quand on a perdu un enfant, on goutte à tout cela avec un œil plus doux. On dédramatise les petites nuits et les vomis… Evidemment, le bonheur n’est pas un état moral constant, mais je me le suis promis durant cette grossesse et je tiendrai parole : dorénavant, et pour de vrai, je m’autoriserai à être heureuse quoi que la vie nous réserve, parce que la liste de ce qui me procure du bonheur dépasse de loin mes espérances et que tous les petits et grands miracles que nous avons la chance d’avoir vécus ou que nous vivons en ce moment méritent d’être soulignés et considérés en tant que tels. Cela ne m’empêchera pas de pleurer parfois, mais comme toujours, il faudra continuer de faire la part des choses avec beaucoup de reconnaissance pour les trois cœurs que j’ai portés et qui ont battu en chœur avec le mien.

Qu’on se le dise, la grossesse d’après, ce n’est pas une grossesse normale. C’est une grossesse avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête. Elle a un goût supplémentaire totalement nouveau, dépourvu de la naïveté des débuts. Elle s’accompagne d’une limite inconsciente à une projection pleine d’espoir. Elle se vie avec une armure épaisse, et parallèlement, elle porte en elle une grande fébrilité. C’est une véritable épreuve. Et en écrivant ces mots, j’ai une pensée particulière pour les mamans qui me lisent et qui ont vécu un deuil périnatal.

Si tu me lis, que tu a vécu le deuil d’un enfant, et que tu vis ou que tu souhaites vivre cette fameuse « grossesse d’après », je n’ai qu’un seul conseil à te donner : Laisse toi porter. Accepte tes états d’âme, laisse la palette étendue de tes sentiments s’épanouir. Ne refoule rien, exprime-toi, parle, écris, libère-toi et vis. Trouve des professionnelles de santé qui te correspondent et ne ressasse pas à t’en rendre malade. Entoure-toi bien et pense à inspirer (mieux que moi). Laisse-toi porter. Il arrivera ce qu’il arrivera et tu traverseras ce que tu traverseras, et la vie continuera son cours. Tu te relèveras. Rappelle-toi que la vie embrasse la mort et que nous y passerons tous. Vivre, c’est se permettre d’essayer d’expérimenter ce que l’on choisit de tenter. On le décide ou non, mais toujours en sachant que nous n’avons pas la mainmise sur tout. Vivre, c’est traverser des choses et laisser des empreintes. C’est écrire une histoire, des histoires… Et quoi qu’il arrive, toutes ces petites vies comptent. C’est une philosophie libératrice. Qui donne le vertige parfois quand on y pense profondément. Mais c’est réel. Certains soucis sont là seulement où on veut les voir. Autorise-toi à y croire. Raccroche-toi à tes convictions, à tes croyances, rattache-toi aux personnes que tu aimes et qui t’aiment pour trouver du réconfort et de l’écoute, et en dehors de tout cela, laisse couler. Laisse-toi porter.

Ces conseils ont été plus faciles à écrire qu’à appliquer sur le moment pour moi, mais ils m’ont vraiment aidée, alors je les transmets à mon tour. Et puis peut-être aussi que mon discours peut paraître un peu nébuleux (en même temps, je n’ai que quatre heures de sommeil dans les pattes aujourd’hui), mais je sentais que si je ne prenais pas enfin le temps pour écrire ce soir, ce billet n’allait jamais sortir, et je voulais vraiment garder une trace de mon état d’âme à ce moment précis de ma vie.

Il est temps pour moi de retrouver un rythme (je vais vraiment essayer) qui me permette de revenir plus souvent sur le blog. J’en ai besoin. J’ai encore plein de jolies choses à partager. Des réflexions, des souvenirs, des archives de vie. Du partage tout simplement. J’espère que cette petite cachoterie ne vous aura pas trop vexées. La vie, c’est ça aussi. Des moments d’apnée où l’on n’est pas toujours prêts à tout déballer d’un coup. Ce blog est tout de même resté un outil super utile pour moi. J’ai partagé quelques articles très libérateurs durant cette grossesse. Aujourd’hui, je reviens compléter le puzzle en vous partageant cette annonce qui me réjouit le cœur, pour partager ce bonheur avec vous.

Là où une naissance peut paraître banale et facile dans les regards qui se projettent sur des siècles durant… ici, à l’échelle de ma petite vie, avec mon expérience, je sais que la grossesse est une épreuve physique, morale et émotionnellement remarquable. C’est une étape de vie, et la naissance heureuse est une victoire miraculeuse.

Dieu merci.

EM.

A bientôt pour un prochain billet. Je vous embrasse très fort.

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Jamais deux sans toi

* Jamais deux sans toi *

L’annonce que j’ai couvée, que j’ai mis du temps à dévoiler et qui a été la raison de mon absence ces nombreux mois… la voici.

Accordez-moi encore quelques jours. Je viendrai tout vous raconter.

A très vite, et merci pour votre patience et votre fidélité.

EM.

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