Minute, papillon !

unbrindemaman © EM – Le temps qui passe

Aujourd’hui, je ne vous retrouve pas pour vous parler du roman d’Aurélie Valognes qui fait un carton, que je vois partout et que j’ai fini par me procurer sur les bons conseils de mon amie Suzanne qui en a fait un billet complet sur son blog. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié ce roman et vous pouvez retrouver mon petit retour sur Instagram (quatrième onglet à droite du blog dans la rubrique « suivez un brin de maman »…). Non, là n’est pas le sujet…

Depuis quelques jours, mon salon est envahi de grands et beaux papillons. Dès que je laisse la fenêtre ouverte, j’en retrouve un sur le canapé, un posé sur la fenêtre, un autre sur un mur… Ils sont particulièrement grands et colorés. Ils sont beaux, forts et fragiles à la fois.

Ce qu’il faut savoir c’est que j’aime beaucoup les papillons mais que j’en ai une vraie peur bleue. J’ai d’ailleurs peur de tous les insectes qui ont une capacité à se mouvoir trop rapidement, qui peuvent voler et se diriger vers moi à toute vitesse. En bref, j’ai peur de tous leurs déplacements imprévisibles qui pourraient les rapprocher de moi sans que j’y sois préparée et « consentante », autrement j’ai le sentiment d’être agressée par ces petites bestioles… Quand je vois un papillon, je peux donc rester un peu paralysée, lui laisser une zone dans laquelle je ne viendrai pas et observer ce beau spécimen de loin.

Vous le savez sûrement, un papillon possède une duré de vie très limitée, une journée pour certaines espèces à 9 mois pour d’autres, d’où l’expression « minute papillon » qui suggère de prendre le temps de savourer les choses puisque le temps passe vite, très vite, et que tout a une fin.

Cela fait déjà un petit moment que j’avais envie de mettre sur feuille mon ressenti vis-à-vis du temps qui passe, alors j’ai profité de cette invasion et de ces longs moments figés dans le temps pour faire mûrir ma réflexion, et je prends aujourd’hui quelques minutes pour la déposer ici.

Ah le temps qui passe… C’est un sujet inépuisable qui me prend au ventre parfois. Pourtant je suis jeune et j’ai une vie bien remplie, mais je le ressens bien, les journées filent à une vitesse folle. Aucun jour ne se ressemble, et même s’il est d’usage de dire, lorsque tout roule bien et que l’on passe du bon temps, qu’« on ne voit pas le temps passer », eh bien moi j’ai un ressenti qui se trouve aux antipodes de cette phrase toute faite.

Moi, le temps je le vois passer tous les jours, à chaque minute. Non pas que je ne sache pas profiter des instants qui se présentent à moi. Je dirais plutôt que je sens les choses changer, avancer petit à petit. C’est un sentiment qui me donne le vertige si je me concentre sur le fait que le temps défile sans se soucier de savoir ce qui se trouve sur son chemin. Si on y réfléchit bien et que l’on prend de la hauteur, il y a un grand bruit, celui de la vie qui s’agite, abrité dans un univers sourd, et à travers tout cela il y a le temps qui emporte tout sur son passage et qui se fiche de savoir s’il s’adresse à un être ou à une pierre… et tout en bas, là-bas, noyées dans la masse, plus faibles que les éléments et en nombre inférieur, il y a de toutes petites têtes d’épingles… nous, de fragiles êtres humains avec nos vies, nos joies, nos tracas et notre quotidiens. Ça y est ? Vous l’avez, le vertige ?

Je pense que depuis que je suis maman, c’est une sensation qui s’est installée et qui s’exacerbe chaque jour parce qu’un tout petit petit être anime mon intérieur et que je vois des évolutions significatives, rapides et constantes à longueur de temps. Je me demande chaque jour comment la protéger, la contenir dans une bulle de bonheur à l’écart de l’agitation imprévisible du monde tout en lui laissant son entière liberté.

Alors jour après jour, je suis là et je m’émerveille… un sourire, un retournement, un quatre pattes, et puis un beau jour les premiers pas de courses… Il y a les premiers babillages et puis un matin, les premiers mama font enfin leurs apparitions… (Paradoxe quand tu nous tiens) Oh tiens, une nouvelle dent…

Je suis témoin du bienfait du temps depuis plusieurs mois maintenant. Il faut dire qu’avec un bébé, les choses s’accélèrent et cette prise de conscience devient de plus en plus frappante.

Malgré tout, quand je la regarde, je pense à tout ce qui l’attend. Les années de maternelle, de primaire puis de collège, le lycée, puis les études supérieures… Il y a ça et tout le reste, la vie tout simplement, noyée dans un temps. Serais-je présente pour le partager ?

Je me pose souvent cette question et je me surprends d’ailleurs assez souvent à faire des calculs : « Et quand elle aura vingt ans, quel âge j’aurai déjà ? » Et cela me donne le vertige à nouveau.

J’ai déjà fait un billet sur la mort et je pense que ce n’est pas mon sujet ici. Je pense plutôt au temps qui passe, aux temps partagés, à la nostalgie des moments qui filent si vite et que je garde comme des souvenirs presque parfumés, bien gardés.

Cet après-midi, j’ai regardé un papillon bloqué chez moi. Il se débattait de toute part pour trouver une sortie et retrouver sa liberté.

J’ai eu le sentiment qu’il était entré dans un guet-apens, celui d’une construction qui est venue perturber sa vie, mon chez moi. Sa trajectoire s’est vue interrompue nette alors que le monde est aussi à lui et que nous n’avons d’autre choix que de cohabiter dans cette vie, dans ce temps imparti. Ma peur était-elle un motif suffisant pour me donner le droit de le garder emprisonné, et donc de le priver des précieuses minutes de sa courte vie ? J’ai pensé que non.

J’avais vraiment peur de lui, mais j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis approchée au risque qu’il me percute pour lui ouvrir la fenêtre. Envole-toi, papillon.

Finalement, la question devient inévitable : comment obtenir qu’une tête d’épingle manque au monde ou à l’univers entier ? Comment ébranler le temps lui-même ? Marquer son existence ?

Après réflexion, je crois compter sur deux choses : ma fille, ma descendance plus généralement, c’est-à-dire ce que je laisse sur cette terre d’une part. En second lieu je compte sur les souvenirs que j’aurai laissés derrière moi, ceux qui seront ancrés dans les mémoires, ne serait-ce que dans celle du beau papillon que j’ai rencontré cet après-midi.

Alors minute, papillon ! ou minute ! tout court ? Puisque rien ne nous assure au final de vivre plus longtemps que le papillon que l’on vient de croiser… Il faut se rendre à l’évidence, le temps passe et il nous dépasse.

EM.

Nous sommes déjà vendredi pardi ! Je vais tout faire pour faire entrer ma proposition au rendez-vous des mots de la semaine dans cette semaine, mais cette fois-ci je ne promets rien !

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22 réponses à Minute, papillon !

  1. Dinde De Toi dit :

    Vu que j’ai le rhume de l’année, tu sais celui qui te transformes un en légume gémissant, je ne peux qu’approuver et applaudir ce bel article… que j’ai du relire pour bien le comprendre !
    Tu as un point commun avec Nicole Kidman : elle aussi a peur des papillons (oui, ma réflexion ne vole pas haut… lol).

    • EM dit :

      Coucou, je répond avec beaucoup de retard ! Désolée… J’espère que ton rhume est passé. Je te remercie beaucoup pour ton avis sur mon article, ça me touche beaucoup 🙂 Je ne savais pas dutout pour Nicole Kidman ^^
      A très vite ! :**
      EM.

  2. Paty dit :

    Cc EM,
    En fait, ta peur des paillons t’a fait perdre de précieuses minutes puisque tu es restée figée en laissant passées de précieuses minutes qui t’ont empêcher de poursuivre normalement ta journées peuplées de minutes qui défilent bien trop vite pour que tu puisses faire tout ce que tu as en tête… Ok, je file, mes minutes passent encore plus vite que les tiennent, je crois 😉
    Lol !!!!!!!!!! 😉
    Bon week-end, EM … et si tu trouves quelques minutes pour moi, passe sur mon mur FB je vais y déposer un lien dans quelques minutes 😉

    • EM dit :

      Coucou Paty !
      Je répond avec des jours de retard et j’en suis désolée mais j’avais bien pris connaissance de ton commentaire 🙂 Oui ^^
      Oui ! J’ai vu le nouveau design de ton site qui prend forme et il est top !
      A très vite Paty !! Pleins de bisous,
      EM.

  3. Colette dit :

    Pour les papillons, tu pourrait utiliser un rideau ou une moustiquaire…
    Quant à cet article (merci papillon), il sonne juste, il est rédigé d’une façon réaliste et agréable à lire. Je me posais ce genre de question il y a quelques années, quand j’ai eu mes enfants. Puis ils grandissent nos petits chéris! Et le temps continue de passer…
    Alors je me suis dis ‘ainsi va la vie’; tu aimes, tu t’émerveilles, tu travailles, tu vibres, tu es en vie… J’espère qu’en vieillissant ma mémoire ne flanchera pas parce que j’ai un stock de photos à regarder et autant de souvenirs à faire revivre dans mon esprit. Et comme on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, j’ai et j’aurai surement encore de belles choses à découvrir….

    • EM dit :

      Bonjour Colette,
      Tu as pleinement raison, je réfléchit très sérieusement à investir dans un sytème de grille très fine amovible à appliquer dans le cadran de mes plus grandes fenêtres…
      J’espère aussi que ma mémoire tiendras le plus longtemps possible…
      Merci pour ton passage et ton commentaire 🙂
      EM.

  4. Suzanne dit :

    Comme je te le disais sur IG, c’est comme à chaque fois un bel article ! Au fil de la lecture, j’ai tout de suite repensé à ta réflexion sur le temps 😀
    Je trouve les papillons magnifiques mais je n’aime pas trop quand un papillon de nuit entre dans la maison, ceux-là me vont peur lol
    Autrement, il faut savoir vivre l’instant présent 😀

    PS : mon RDVdesmots est prêt à être publié !

    • EM dit :

      Coucou Suzanne,
      J’ai encore plus peur des papillons de nuit dont j’ai longtemps cru à tord qu’ils resteraient collé à ma peau s’il se posaient sur moi 0_0
      Merci beaucoup pour ton retour ! 🙂

      Oh Suzanne, je suis vraiment désolée, je n’ai pas réussi à tenir le rythme du rendez-vous des mots ces dernières semaines mais dès la semaine prochaine je compte bien me tenir à une citation par semaine ! Je ne pense pas pouvoir publier celui que tu as préparé dès cette semaine, j’ai prévu un autre article qui m’a pris énormément de temps alors je propose de repartir sur une nouvelle lancée plus régulière à compter de la semaine prochaine 🙂
      J’espère que ça ne te dissuadera pas trop de continuer à y participer..
      Je te dis à très très vite ! Bisous !
      EM.

  5. Tu as tellement raison ! Le temps file à une vitesse, je ne sais combien de fois on se dit : « ah mais on est déjà tel jour ? » ou « oh tu te rends compte c’était il y a déjà 6 mois »…. sur le moment on profite du temps présent, on peut même s’ennuyer profondément et compter les minutes, de temps en temps. Et puis qq jours après se dire, oh là déjà ! Avec les enfants, c’est encore plus flagrant. Il suffit que je regarde mon petit dernier, pour me dire, oh là là, il rentre en maternelle, c’est fini le « bébé ». Et pourtant il n’y a pas si longtemps, il était encore à 4 pattes. Je me rapproche doucement(ou pas) d’un âge avancé, 2 de mes filles vont bientôt être majeures (pas déjà :'( ) et j’ai l’impression que le temps défile plus vite que les années précédentes.
    Et effectivement pour nos amis les beaux papillons, le temps est vraiment compté.

    • EM dit :

      Bonjour Catherine,
      Je suis absolument d’accord, le passe à une vitesse folle. C’est triste et réjouissant à la fois lorsque l’on voit les choses avancer dans le bon sens.
      Merci beaucoup pour ton petit mot :**
      EM.

  6. Ton billet résonne avec mes réflexions du moment.Le temps suspendu entre vacances et reprise est souvent synonyme de réflexions, encore plus depuis bébé nuage. Pas nostalgique mais avec l’envie de vivre plus intensément, de libérer des papillons 😉. Merci pour tes mots.

  7. Ton article m’a fait penser à cette citation que j’avais gardé quelque part dans mes notes : « Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps. »
    Merci pour ce joli billet poétique qui invite à la réflexion. S’il y a bien une chose qui fait que nous sommes vivants c’est bien cette notion de temps que nous ne contrôlerons jamais.
    A bientot,
    Charlotte.

  8. Et oui, le temps passe si vite… je crois que c’est la naissance de mon fils qui m’a permis de découvrir la vraie signification du mot nostalgie ! Quand j’ai rangé ses petits pyjamas taille naissance alors qu’il avait trois semaines en pleurant car le temps passait trop vite !

  9. Honeymum dit :

    Quelle belle réflexion … Inévitable le temps qui passe. Tu n’es pas seule à te poser toutes ces questions. Profitons au maximum ! Moi ce qui me donne parfois le vertige, c’est quand je pense à cette première année, à tout le bonheur qu’elle nous apporte et je me dis qu’elle s’en souviendra pas. Ce sera à nous de lui raconter ces beaux souvenirs 🙂
    A bientôt Em.
    Estefania,
    Honeymum.

    • EM dit :

      Bonjour Estefania,
      Merci beaucoup pour ton passage et ton petit mot si vrai. Il y a beaucoup de sentiments contradictoires qui me traversent quand je pense au temps qui passe. Je pense que toute les mamans le ressentent encore plus fort grâce à nos petits bouts qui grandissent si vite. Je partage ton regard sur les choses.
      A très bientôt :*
      EM.

  10. Anaïs dit :

    Hello !

    Forcément, le titre de ton billet m’a appelé (puisque je viens de publier un article sur le fameux livre ). Finalement je découvre un article bien loin du livre (même si le fond du sujet reste le temps qui passe et ce qu’on en fait). Bref, juste un petit commentaire pour te dire que la sensation de temps qui passe bcp trop vite est universelle. En revanche, la réaction qu’elle provoque est différente pour tous. Moi je me sens comme « obligée » de faire un maximum de choses, quitte à m’épuiser, pour ne pas « gacher » du temps. Je cours après le temps. Et plus ça va, plus je me rends compte qu’au final, je ne profite pas de l’instant présent, de peur qu’il ne s’arrête. Finalement, devrions-nous pas simplement prendre le temps de savourer la vie, si courte soit-elle ?

    • EM dit :

      Coucou Anais,
      J’ai d’ailleurs lu ton article que je trouve très complet comme je te le disais sur instagram. Effectivement il y a différentes manières de « jouer » avec ce temps qui nous est impartie. Alors « savourer » oui, après il y a différentes manières de le faire. C’est un sujet inépuisable et la tournure que tu lui donne me fait penser à un autre article que j’ai écrit il y a quelques mois intitulé « la liberté à en mourir ».
      Merci beaucoup pour ton passage et à très vite 🙂
      EM.

  11. Je passe et reste là, à lire ton billet que dis-je ton article. Il se lit, se dévore avec délectation. Une question me vient de plus en plus à l’esprit depuis que je suis ton blog…. Tu as une écrire si limpide, facile à lire, des sujets intéressants et qui intéressent les lectrices que nous sommes. Tu as une facilité à écrire des textes. Alors je te la pose cette question qui me brûle les lèvres. Pourquoi tu n’écris pas des livres, tes propres écrits, tes romans… Je suis de plus en plus persuadée que tu es faite pour cela.. Qui sait?
    Au plaisir de toujours te lire EM

    • EM dit :

      Jeanne, ton commentaire me réchauffe le coeur. Je te remercie énormément de me soutenir comme tu le fais, avec tes encouragements si sincères. Merci.
      Comme je le disais dans l’article « l’heure du débrief est arrivé » ,un livre est bien prévu… Tout ce projet va prendre du temps mais je le garde bien en tête (et en coeur…) Il y a même un onglet « le livre » qui est prévu à cet effet.
      Milles merci et à très vite !
      EM.

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