Quand la grossesse est hyper médicalisée

unbrindemaman © EM – Une pomme par jour tient le docteur à distance ?

Lors de ma première grossesse, nous avons été reçus pour notre toute première échographie alors que nous étions déjà à peu près certains que je portais la vie. Nous sommes arrivés très en avance, trop impatients d’avoir bonne confirmation. La sage-femme qui nous a reçu était très sereine, douce et gentille. Elle était très calme et très rassurante. Elle devait approcher la quarantaine, elle avait du métier et je l’avais remarqué au premier coup d’œil. Elle m’expliquait les différentes étapes à venir en regardant son écran tout en effectuant des gestes qu’elle devait avoir répétés des centaines de fois avec une aisance déconcertante. Ses propos étaient clairs et lumineux. Ce premier rendez-vous se déroulait bien et rien ne laissait présager ce qu’elle allait découvrir. Elle s’arrêta de parler net, et suite à un court silence, elle eut une réaction des plus spontanées. Après un petit sursaut de joie, la main sur sa bouche : « Oh ! Il y en a deux ! ». Elle ne s’y attendait pas, et nous encore moins.

Mon époux et moi étions fous de joie. A la fin de l’examen, elle me demanda rapidement : « Vous voulez continuer avec moi ? Ah non mince, mais qu’est ce que je raconte. C’est une spécialiste des grossesses gémellaires qui va vous suivre. C’est comme ça ici, vous avez une grossesse atypique et à risques alors vous aurez un suivi particulier. »

Suite à cette annonce, j’étais partagée. D’une part, j’avais adoré cette première rencontre. Le feeling était bien passé entre nous et j’aurais bien aimé poursuivre le suivi avec elle. (En plus de quoi, c’est elle qui venait de me révéler le secret inattendu que cachait mon petit ventre.) A côté de cela, j’étais vraiment contente d’avoir un suivi différent et « adapté » à ma situation. Je me rassurais en me disant que j’étais en face de professionnelles et que tout irait bien. J’ai accepté, tout en sachant que je n’avais pas vraiment le choix.

Avant de quitter le rendez-vous, la sage-femme m’a regardé dans les yeux et m’a dit : «  Attention, avec cette médecin vous devez arriver à l’heure, elle ne supporte pas les retards, vraiment pas. » Je suis quelqu’un de plutôt ponctuelle, alors je ne m’en suis pas trop inquiétée, j’ai tourné les talons et nous sommes rentrés chez nous.

Je suis restée sur un petit nuage avant d’arriver au fameux rendez-vous où j’allais rencontrer la fameuse personne qui allait me suivre.

J’arrive et tout se déroule bien. Elle me pose mille questions et prend le temps de remplir mon dossier calmement. Elle approche de la retraite et je sens aussi qu’elle a de la bouteille, alors je suis rassurée. Elle m’envoie pleins de sourires et il y a un grand rayon de soleil qui traverse son bureau. Je me sens bien. Elle m’explique que pour ma grossesse, j’aurai les trois bon gros rendez-vous classiques avec elle (à base d’échographies de contrôle…), mais aussi un rendez-vous par mois (à base de monitorings, pour contrôler les cœurs des bébés… pas toujours en sa présence). Très bien. Je ressors avec un grand sourire béat et je rentre dire à mon époux que cette médecin est géniale et que je me sens privilégiée.

Je passe les jours qui me séparent de mon prochain vrai rendez-vous à l’inonder de compliments. Je dis à tout mon entourage que j’ai une chance folle et que je suis tombée sur une pointure qui va bien s’occuper de moi et de mes deux petits loups. J’en viens à dire « Je l’aime vraiment, c’est comme une vraie maman ».

Oh que ma désillusion fut grande ! Le prochain rendez-vous était impressionnant. La médecin était pire qu’une tornade, elle effectuait les examens très rapidement, sans me dire un mot. En ne m’expliquant pas ce qu’elle était en train de faire. Elle attribua un « J1 » à l’un de nos enfants, puis un « J2 » à son jumeau. Je suis ressorti très perplexe de ce premier vrai rendez-vous.

Le rendez-vous suivant, j’étais très malade (vomissements dus à la grossesse). Nous avons eu le malheur d’avoir quelque chose comme 4 minutes de retard. Madame était énervée. Toujours rapide et froide. Les 40 minutes du premiers rendez-vous se sont transformées en 15/20 minutes les fois suivantes. A chaque fois, je ressortais soucieuse et insatisfaite du temps qui m’avait été accordé. Mais elle faisait son travail, alors je me laissais emporter par ce tourbillon qui me dépassait.

Lors du rendez-vous suivant, il allait être possible de déterminer les sexes des bébés, alors nous étions particulièrement impatients. Nous somme arrivés très très en avance pour éviter de mettre en rogne la médecin en ce jour si important. Figurez-vous que ce jour précis, elle eut près d’un quart d’heure de retard… (Cette question d’horaire était devenu ma bête noire, je sortais de plus en plus tôt et j’attendais longuement assise et nauséeuse sur les sièges froids de la salle d’attente, ce qui était très fatiguant et douloureux pour moi qui avait des douleurs ligamentaires (oui oui, j’ai eu toutes les douleurs possibles qu’une grossesse peut générer, c’est possible, j’en suis l’exemple vivant)).

Ce jour-là, avant même de passer la porte, une jeune femme est venue à moi en me serrant la main. « Bonjour madame, je suis étudiante et je suis en apprentissage. Ça ne vous dérange pas que j’assiste à votre consultation ? » Prise pas surprise et par simple empathie à son égard, j’ai dit ok sans broncher.

Durant ce rendez-vous, c’est cette jeune étudiante qui a commencé par effectuer l’échographie. Elle était totalement perdue et elle ne savait absolument pas ce qu’elle faisait, ce qui était très inquiétant pour moi puisqu’elle grimaçait et que je n’avais pas la moindre idée des causes qui la mettaient dans cet état. Je m’imaginais le pire… La médecin attitrée attendait à son bureau, de l’autre côté du mur et elle lui lançait quelques « Ça va ? Ça se passe bien ? » L’étudiante a fini par révéler à demi-mot qu’elle pensait qu’il y avait au moins une fille dans le lot.

Puis, enfin, la médecin a daigné prendre le relais et nous avons enfin su avec « certitude » que nous attendions notre fils, ainsi que notre fille…

Avec du recul, je réalise que j’ai en quelque sorte été prise en otage et que cette méthode qui ressemble à un forcing est totalement déplacée. Qui pourrait froidement dire « Si, ça me gène, n’assistez pas à mon rendez-vous » ?

Voilà ce que nous sommes, des cobayes, des sujets d’études. Cette situation l’a clairement illustré et j’ai définitivement laissé tomber tout l’espoir qu’il me restait vis-à-vis du système dans lequel j’étais entrée.

Le rendez-vous suivant, j’ai fait remarquer à la médecin qu’elle avait inversé « J1 » et « J2 », dont elle avait déjà attribué les sexes précédemment. Froidement, je me suis retrouvée à entendre : « Non, je sais ce que je fais, je connais mon travail Madame ». Je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle se soit trompée puisque je passais mes semaines à contempler les échographies où elle avait inscrit elle-même, noir sur blanc, les correspondances…

Je me disais régulièrement que l’attitude de cette médecins était incroyable « Mince alors, elle a du passer par là avant moi, pourquoi elle ne fait pas l’effort d’être vraie et d’être humaine avec sa patiente pour qui c’est le premier enfant ? Les premiers enfants ? »

Je n’ai pas encore parlé des rendez-vous par mois qui se sont transformés en rendez-vous par semaine sur la fin. Je précise que je me déplaçais à chaque fois alors que j’avais justement des contractions.

A l’époque, j’étais novice sur la question. Je ne savais pas du tout qu’une sage-femme pouvait venir à la maison. Personne ne me l’avait proposé. J’étais épuisée. Je me déplaçais avec des sacs poubelles dans mon sac à main pour avoir de quoi m’aider si j’avais besoin de vomir en chemin. Un véritable calvaire. C’est d’ailleurs suite à l’un de ces rendez-vous que le travail s’est déclenché et que j’ai dû rester hospitalisée une vingtaine de jours, alitée.

On m’a fait croire que cette hyper médicalisation m’éviterait le pire, je pense qu’elle a participé à préparer le pire. J’étais épuisée de toute ces visites, de tous ces déplacements, épuisée mentalement d’entendre dire que j’avais une grossesse à risque. J’étais endolorie de tous ces monitorings trois fois trop serrés et rapprochés qui empiraient les contractions. Fatiguée de toutes ces rencontres à peine rentabilisées ne serait-ce que sur le plan humain. J’aurais tellement préféré être suivie par une seule et même personne de confiance avec qui le courant passait bien. Pas « une maman » dans le sens matriarcale, une femme qui serait passée par la peut être, sans doute oui, mais surtout une copine, une amie, une confidente, une femme compréhensive et sensible.

Voilà ce que je pense de cette hyper médicalisation :

– Elle part du postulat que le pire peut arriver et elle insiste sur ce point négatif.

– Elle nous présente en sujet d’étude à l’état de surveillance.

– Elle a quelque chose de totalitaire. J’étais devant le fait accompli et on ne m’a laissé aucun choix, aucune explication, pas de nuances. Une série d’affirmations m’ont amenée à me laisser embarquer dans ce système hyper stressant.

– Elle devait permettre de garder un œil sur l’état des risques, mais toutes les stimulations que ces examens impliquaient ont justement accru les risques.

– Elle a impliqué de nombreuses personnes, ce qui a complètement déshumanisé le suivi.

– Elle aurait dû me rassurer et me donner confiance en moi. Au lieu de cela, j’étais perpétuellement en train de penser aux risques, au pire que l’on pourrait m’annoncer au lieu de vivre sereinement ma grossesse sans me poser mille questions inutiles.

– Elle devait avoir pour but de garder le contrôle, mais la vie en a décidé autrement et j’ai malgré tout perdu mon fils en un battement de cils que personne ne pouvait prévoir et que personne ne peut même expliquer.

Pour en revenir à ma petite illustration d’introduction… « Une pomme par jour tient le docteur à distance ? » Eh bien je pense que l’hyper médicalisation consiste à dire que le docteur est une pomme. C’est une drôle d’illusion.

Voilà ce que je pense de l’hyper médicalisation comme on nous la propose en France à l’heure où j’écris ces lignes. En me basant sur mon expérience personnelle, je peux aisément dire que c’est une mascarade qui déploit des moyens et qui mobilise un temps considérable que personne ne semble avoir envie de vivre subir, ni les professionnels de la santé, ni les patients. Une femme qui a vraiment ce que l’on appelle une « grossesse à risque » n’a certainement pas besoin de l’entendre tous les jours. Une femme fatiguée ne devrait pas être contrainte de se rendre à des rendez-vous stressants et douloureux pour elle. Un système de visite à domicile devrait être prévu et proposé. Une femme devrait aussi avoir le droit de refuser un tel suivi sans recevoir de chantage affectif en contrepartie : « Faites-le pour vos bébés, Madame ». Je suis très perplexe sur les résultats actuels. Le suivi est partagée entre 5 à 10 personnes distinctes, et alors que tout ce petit monde prétend être là pour de nouveaux petits êtres, l’humanité, elle, s’en est allée depuis un moment.

C’est un constat bien triste. Dans une grande ville aujourd’hui, la plupart du temps vous êtes un numéro. Si vous n’y connaissez rien, que vous êtes un peu naïve, que vous avez un peu peur, vous vous laisserez entraîner comme j’ai pu l’être. J’ai mis du temps à comprendre ce qui m’était arrivé. Je n’ai pas encore tout compris. Ce que je sais, c’est que dorénavant je dis non avec beaucoup plus de force. Je le dis beaucoup plus souvent. Dès que je ne suis pas sûre, je dis non avant de dire oui pour garder un contrôle ; après tout, je suis responsable de ma vie et ce celles de mes enfants. Alors justement, c’est pour mes enfants que j’apprendrais encore et encore à dire non, car pour qu’une grossesse se déroule bien, la maman doit aller bien physiquement mais aussi mentalement.

EM.

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36 réponses à Quand la grossesse est hyper médicalisée

  1. Mme dit :

    Très bon article ! Je suis totalement d’accord avec ce que tu écris ! Jai vécu un peu la même chose mais dans d’autres circonstances … j’etais enceinte en surpoids et la gynéco bien que très pro ne me parlait que de ça alors que moi je voulais juste pour une fois dans ma vie qu’on me voit autrement ! Par exemple elle était persuadée que je devais manger moins (sous entendu je mange trop donc) et qu’à coup sûr je ferai du diabète gestationnel ce qui n’était pas le cas… Au final je l’ai revu après une perte de 37 kilos elle était ravie … je la revoit le mois prochain avec 5 kg de + mais sous contrôle et j’ai déjà peur de ses remarques … Dommage dans ces moments intimes et psychologiquement déjà perturbants ! Je pense aussi que le monde médical manque cruellement de psychologie

    • EM dit :

      Bonjour, merci pour ton retour et bravo à toi pour tes 37 kilos de perdu ! Je suis d’accord avec toi niveau psychologie la majeur partie des médecins se braquent et appliquent froidement ce qu’ils ont appris dans mes manuels sans vraiment se soucier de l’être sensible qui se trouve en face d’eux.
      EM.

  2. Pour mes grossesses (la normale et celle à risque), je n’ai pas eu la même équipe! Entre temps, il y a eu fusion de maternité ! Au niveau suivi, nous sommes rapidement prévenus que l’hôpital reçoit des étudiants donc nous allons forcément tombés sur eux!!! A ma première césarienne, une stagiaire infirmière est venue me demander si elle pouvait venir. La veille à l’écho de contrôle, il y avait foule car le sage-femme avait détecté une « anomalie » : mon fils avait le dos collé à la paroi de l’utérus et la césarienne était plus que nécessaire (contrairement à ce qu’avait dit le chef de service !). Donc il était allé chercher mon dossier et il est revenu avec tous plein de stagiaires………ils ont tous été discrets, ils se sont posés derrière nous, laissant mon homme au premier rang, et pas un bruit quand le sage-femme montrait l’anomalie!

  3. Honey Mum dit :

    Salut Em,
    Je suis triste de lire ce constat… En Belgique, je pense que ça existe aussi ce genre de pratiques, mais on tend plus vers des méthodes plus douces actuellement. Je te comprends tellement et en plus c’était ta première grossesse, et parfois les premières fois, on ne sait pas comment réagir! On pense que c’est « normal ». Tu as fais de ton mieux… Et tu as surtout le recul nécessaire pour ne plus jamais te laisser faire (ici pour la grossesse, mais ça pourrait être dans d’autres domaines médicaux).
    Je t’embrasse,
    Estefania.
    Honey Mum

    • EM dit :

      Coucou Estefania,
      Oui tu as absolument raison, maintenant que j’ai été éprouvé je pense que je serais plus forte pour la suite. Merci pour ton commentaire.
      EM.

  4. Paty dit :

    Cc, EM,
    Je ne sais que dire… Oui, l’hyper médicalisation n’est pas forcément la solution… Une seule personne qui te suit ? Et si elle se trompe ? J’ai connu une maman qui a été suivie par une sage-femme habitant à côté de chez elle, devenue une amie. C’était sa deuxième grossesse (à la maman, pas la sage-femme !)… Tout s’est bien passé jusqu’aux derniers instants. Le col s’est ouvert : « Oh, tu as le temps, vu que pour ton premier accouchement çà a mit des heures » ! Elle est devenue mamange, l’enfant est né sous elle dans la voiture alors qu’elle se rendait à la maternité et ce serait étouffé…
    Il n’y a malheureusement pas de vérité. Chaque cas est unique, et c’est là où je te rejoins : courir après la rentabilité et la « banalité » est stupide. Il faut ré-humaniser le système. Mais en a-t-on les moyens ? Et encore plus la volonté ? Certaines personnes pensent que si le monde médical s’investit trop dans l’affectif, le personnel ne peut pas tenir le coup. Il faut traiter les « malades » comme des numéros pour ne pas sombrer… No comment…
    Quant aux étudiants, c’est compliqué, il faut bien qu’ils apprennent pour devenir de bons médecins, car la théorie ne fait pas tout… Après, on peut peut-être le faire, une fois de plus, avec beaucoup plus d’humanité ?…
    Bisous EM 🙂

    • EM dit :

      Bonjour Paty,
      Ton commentaire est resté dans ma tête plusieurs jour. Je trouve cette histoire tellement triste et traumatisante. Au fond nous sommes d’accord. Tu as raison peut être pas être suivit par une seule et unique personne mais par une équipe de confiance restreinte.
      Merci pour ton commentaire.
      EM.

      • Paty dit :

        😀 Oui, tous les commentaires sont sur la base d’une expérience, ils sont donc tous juste… Ce que je déplore à la lecture de tout çà, et de ton propre témoignage, au passage, c’est que l’on veut une fois de plus mettre tout le monde dans le même moule. Alors que chaque cas, et encore plus particulièrement la grossesse, est un cas unique. Il ne peut pas y avoir qu’une seule réponse. Tous cela est une fois de plus bien compliqué, mais en y mettant un peu plus de bon sens et de réelle compassion, on arriverait certainement à avoir des mamans moins traumatisées par le passage obligée de la « surveillance »…
        N’oublions pas qu’avant tout çà, la mortalité infantile était énorme. La médicalisation a eu du bon, mais comme à chaque fois, on passe d’une extrémité à l’autre, sans aucun discernement et avec ce seul mot à la bouche : combien çà coûte et pour quel bénéfice…
        Bisous EM

        • EM dit :

          Oui, c’est sûr que tu as raison tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier, ceci étant dit, il n’en reste pas moins que le passage obligé de la « surveillance  » a été très traumatisant pour moi, avec le pire qui a fini par arriver…
          Attention, je ne suis pas contre la surveillance, je parle bien de sur-médicalisation ! Il me semble, par exemple, totalement illogique de serrer sur un ventre à risque, un monitoring une fois par semaine 0_0 Encore plus quand la patiente dois faire le trajet chaque semaine et se rendre sur place (alors que son cas est à risque ++) . Moi je pense que la surveillance doit se faire, mais elle dois se faire plus humainement en prenant en compte l’état réelle de la patiente et non simplement en appliquant les manuels et autres protocoles à la lettre.
          Mon témoignage ne reste que mon histoire mais je pense que si ceux qui ont vécue le pire, ne se lèvent pas pour le dire (et ils sont légitimes), alors le systèmes ne sera jamais remis en question. Dans beaucoup de mes articles je parviens à faire la part des choses. Mais dans celui là je voulais exprimer mon scepticisme face à la sur-médicalisation mal organisé et déshumanisé que j’ai subit. Je te remercie pour ton commentaire Paty 🙂 Je te dis à bientôt :*

          • Paty dit :

            Oui, Je comprends tout à fait ton cri d’alarme … malheureusement, notre société a l’air de s’orienter vers une déshumanisation générale, c’est mon sentiment, que j’espère totalement faux… mais voilà, la surmédicalisation est aussi due au fait qu’en cas de problème, il faut pouvoir prouver (pour les professionnels) que l’on a tout fait pour éviter le pire … et cacher que le pire peut arriver à cause de ces précautions qui n’étaient pas adapter à ce cas là.
            Mon médecin est parti à la retraite, les nouveaux que je vois déversent leurs questions immuables et identiques à chaque visite. La liste des absurdités de cette « évolution » est tellement longue que je préfère m’arrêter là 😉 … et parfois, le médecin de famille te connaît tellement bien qu’il passe à côté de certaines pathologies !!!!
            Rien n’est simple, mais comme pour tout, à force de trop en faire, on oublie l’aspect essentiel : la considération de l’être humain en tant que personne et non un numéro (social ou autre), pour un tas de raisons plus ou moins pertinentes.
            Bon dimanche EM 😀

          • EM dit :

            Absolument d’accord avec toi, passe une belle journée 🙂

  5. Oups j’ai appuyé sur envoi !!!
    Pour la deuxième, suivi totalement différent car j’ai eu une interne en gynéco car mon gynéco était malade, c’est le sage-femme qui a vu la grossesse. Lui et moi n’étions pas confiant pour la suite, finalement nous avions bien eu raison. Quand mon gynéco est revenu, il m’a tout de suite dit que ça serait compliqué donc suivi renforcé et lors des visites supplémentaires pas de stagiaire (seulement lors des rdv « normaux). Avec les sages-femmes que je connaissais, j’ai pu leur dire que je ne me projetais pas sur le bébé contrairement à la première fois. Je pense que quelque part au fond de moi, je savais ce qui allait se passer!
    A part, le gynéco chef de service, j’ai pas eu de soucis avec l’équipe !!

  6. une mummy dit :

    Comme toujours, tes réflexions sont pleines de bon sens! Mon coeur se serrait en lisant ces lignes, quel gâchis de moments qui auraient pu être magiques! Quant au coup de l’étudiante, ce qui me choque c’est qu’elle ait demandé à « assister » à l’examen et non de le pratiquer, ce qu’elle a finalement fait. Pour moi, accepter qu’elle y assiste n’a rien à voir avec accepter qu’elle le pratique. M’enfin, je ne suis guère surprise… Comme toi, je trouve la surmédicalisation plus nocive que bénéfique, sauf quand elle est vraiment indispensable. Ma grossesse (aboutie) était évidemment à risques vu mon passif. J’ai eu ma première écho à 8SA au lieu du T1 pour une grossesse physiologique mais, ensuite, un suivi absolument normal: une écho par trimestre et un RDV sage-femme par mois à partir du 4è. Cela m’a semblé amplement suffisant et assez stressant comme ça!

    • EM dit :

      Coucou, merci pour ton commentaire. Oui difficile de dire non lorsque la bonne femme est planté bras tendu en face de nous… Les rencontre fréquentes avec les médecins sont très stressantes oui ! Merci pour ton retour.
      EM.

  7. Super article ! C’est vrai que la surmédicalisation de la femme enceinte considérée « comme à risque » peut parfois être une mauvaise expérience. Sous prétexte que les médecins savent et que la femme est dans une situation « à risque », on se permet de la mettre souvent de coté. Elle et ses sentiments. Je trouve ça super que tu arrives à en tirer du positif, une « leçon ». Savoir dire non ce n’est pas facile. Surtout face aux blouses blanches. Mais pour son bien être personnel, ça me parait à moi aussi fondamental !! 😀

    • EM dit :

      Absolument Charlotte, c’est précisément ce que je voulais souligner. Quand les sensations et les sentiments de la future maman ne sont pas considéré à leur juste valeur c’est vraiment dévastateur. Merci pour ton commentaire.
      EM.

  8. petite étoile*** dit :

    Très bon article je suis tout à fait d’accord avec toi. Il y a malheureusement trop peu d’humanité quand justement on aurai besoin d’un peu de gentillesse.. Tout à fait d’accord sur le fait aussi que les medecins insistent toujours trop sur les risques vraiment trop. Cela participe à stresser encore plus les parents après je pense qu’ils le font aussi pour se protéger en cas de complications. Concernant les stagiaires je pense que quand on a pas envi simplement il faut dire non parceque c’est notre droit. J’ai refusé une fois et la sage femme était très agressive par la suite. En fait on a le choix de rien souvent ce qui fait que quand on a à faire au domaine médical on est toujours stréssé de savoir sur qui on va tomber..

    • EM dit :

      Exactement, difficile de refuser quand on ne sais pas comment la vraie personne en charge va réagir sachant qu’elle est elle même passé par là… Les médecins se protègent en appliquant des protocoles strictes et parfois dépourvu d’humanité. C’est vrai aussi..
      Merci pour ton passage petite étoile, à bientôt,
      EM.

  9. Il est top ton article! Question contrôle, j’ai eu le même avec ma première gynéco. Elle m’a déclenché sans même me faire une radio du bassin pour voir si bébé passait! Et moi comme un mouton j’ai suivi.. Et comme les contractions n’étaient pas des vraies, ben j’ai fait la péri. Je voulais accoucher sans péri à la base

    • EM dit :

      Mince alors, les déclenchements sont très fréquent sans que ce ne soit franchement obligatoire sous prétexte que le bébé est « trop gros ». C’est bien triste. Heureusement tes enfants et toi sont en bonne santé. Les mauvais souvenirs ne s’effacent pas aussi facilement je sais…
      EM.

  10. Anaïs dit :

    Hello !

    D’abord je suis désolé pour ton fils, je suis assez nouvelle sur ton blog alors j’apprends ton histoire au fil de tes articles.
    Je suis mitigée. Effectivement il faut pas déshumaniser la médecine et être le plus possible rassurant et chaleureux. Ça fait parti du rôle des médecins.
    Mais pour ce qui est de l’étudiante, je pense au contraire que c’est une bonne chose. Je suis née avec de graves soucis cardiaques, j’ai été opérée à cœur ouvert et depuis je suis toujours suivit de près. Toute ma vie, j’ai été présentée à des internes et autres étudiants en médecine comme un cas « spécial ». J’ai eu de la chance, l’opération s’est très bien déroulée et j’ai eu les meilleurs médecins en France. Je vis tout à fait normalement, je fais du sport et il y a à priori aucune contre indication à une grossesse. Alors quand un étudiant me fais une écho ou assiste un rendez vous, je suis contente de me dire que je suis « utile » à la science. Il faut bien qu’ils commencent quelque part. Mais pour les cas les plus « difficiles » je crois qu’il est bien de ne pas impliqué les étudiants (ou qu’ils ne soient que spectateurs).
    En tout cas merci d’avoir partagé ce petit bout là de ta vie !
    Je t’envoie plein de bonnes ondes 😉

    • EM dit :

      Coucou Anais, Je ne savais pas non plus que tu avais vécu une telle opération. Je suis d’accord avec toi, les étudiants doivent bien apprendre. Ont doit aussi leur apprendre à communiquer avec le patient qui n’a rien demandé. En faite ce qui me gène vraiment c’est de passer pour un sujet d’étude au moment où j’ai besoin de discussion, d’explications et de douceur. Quand le docteur passe son temps à expliquer les choses à l’étudiant au lieu de parler à son patient (qui reste une être humain sensible et inquiet) alors je trouve que cela pose problème.
      Merci beaucoup pour ton retour.
      A bientôt,
      EM.

  11. J’ai beaucoup aimé ton article EM et je partage ton avis concernant cette hypermédicalisation qui n’apporte rien de bon je trouve. J’ai eu la chance d’y échapper en grande partie : un seul bébé, une seule sage femme merveilleuse et un petit hôpital cocooning. Malgré tout je me rend compte, au fur et à mesure de mes lectures, que mon accouchement à surement été trop médicalisé. Je pense qu’on veut nous faire croire qu’une grossesse est risquée et que seul le milieu hospitalier peut la maitriser. Alors bien entendu, il y a toujours un risque, mais ce n’est pas parce que les médecins mettent le nez dans tout et choisissent pour nous que ce risque n’existe plus. Aujourd’hui des chiffres nous prouvent que dans les pays du Nord où les femmes accouchent majoritairement chez elles il y a moins de décès chez la mère et l’enfant que chez nous. Peut-être que ça fera réfléchir…

    • EM dit :

      C’est quelque chose que je lit beaucoup en ce moment. Même les grossesses les plus classiques, les plus « simple » en terme de risque sont hyper-médicalisé. La maman ne choisi pas sa posture lors de l’accouchement, les décisions sont prisent à la hâte, pas de communication… C’est très frustrant. L’important est que tout le monde aille bien au final mais disons que certaines plaies « psychologique » peuvent rester.
      Merci pour ton passage et ton commentaire.
      A bientôt,
      EM.

  12. WorkingMutti dit :

    C’est horrible quand la médicalisation se transforme en risque comme ça … Pour mes grossesses, j’ai toujours pu bénéficier de la surveillance à domicile. Je n’allais au cabinet du gynéco que exceptionnellement car il pouvait se reposer sur son réseau de ville.

    • EM dit :

      Apprendre qu’une grossesse gémellaire comme la tienne ait pu être suivi à domicile sans encombre me rassure beaucoup. Encore une fois je remarque que j’étais simplement naive, j’écoutais et je suivais ce que les professionnelles me disaient à la lettre…
      Merci pour ton passage et ton commentaire,
      A bientôt,
      EM.

  13. Suzanne dit :

    La logique du système 😣
    Je suis triste de lire ce que tu as pu subir…cette froideur de ce médecin..,
    Je comprends qu’une grossesse gemellaire est à risque mais le bien-etre de la maman est super important !
    J’ai été suivie pour mes deux grossesses par mon gynéco et ça s’est bien passé.
    J’avoue que le corps médical peut être si froid et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai gardé mon médecin traitant depuis toutes ces années.
    Mes filles sont suivies par un pédiatre que je connais du lycée.

  14. Je regrette quelque part cette surmédicalisation excessive. J’ai eu deux grossesses normales mais les deux accouchements ont été à risque. Les bébés étaient en souffrance. Pour la première, j’étais dans un CHU et en rentrant, je savais que j’aurais des étudiants. Accouchement le weekend et le docteur qui me suivait (beaucoup de fausse couches avant d’avoir un bébé et l’autre) n’était pas de garde…. J »avais une armée d’étudiants et d’étudiantes qui avaient les yeux rivés sur mon…. endroit le plus intime parce que j’étais aussi à risque. Pour le deuxième, j’étais dans un hôpital à taille plus « normale », le gynéco qui me suivait était là mais malgré la péridurale, cela a été très long et difficile pour le bébé mais j’ai été mieux prise en charge. Dans le corps médical, pour une grossesse ou pour un autre suivi, on rencontre des personnes dévouées et d’autres qui ne sont pas faites pour le rapport avec les êtres humains que nous sommes .

    • EM dit :

      Comme tu le dis c’est une question de « chance », parfois le suivi est super avec des médecins humains et compréhensifs. Parfois c’est affreux. Nous avons des histoires différentes mais je vois que tu as traversé des choses qui demandent une attention et un soin particulièrement doux d’un point de vue psychologique. Difficile de supporter l’armé d’étudiants dans ces cas là ! C’est triste de voir qu’il y a encore des personnes froides face à de tels évènements. Merci beaucoup pour ton témoignage.

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