« Un petit deuxième ? » La question qui tue

unbrindemaman © EM – « Un petit deuxième ? » Et dire que le camembert pourrait être divisé en bien plus de parts : que vous vouliez un ou dix enfants, c’est pareil…

– Alors,  le petit deuxième, c’est pour quand ?
– Heuu… Un troisième, tu veux dire ?  #mamange #twinsmum

Situation gênante, bonjour ! Parfois, on essaie d’esquiver les questions comme on peut, mais ce n’est pas toujours évident.

On l’a toute plus ou moins connue, d’abord on se mari et rapidement la question des enfants se fait pressante de la part de l’entourage. Puis vous avez votre première grossesse, vous pensez alors être enfin libérée des attentes des uns et des autres, mais aussitôt votre accouchement effectué que survient déjà la question du petit deuxième… Le cycle infernal est lancé… Si vous n’avez que des filles, vos collègues de bureau continueront inlassablement de vous glisser à l’oreille avec la grâce d’un éléphant qu’il faut tenter un petit septième pour enfin avoir « un p’tit gars », et vice versa 🎶… Et j’exagère à peine.

Les femmes sont déjà soumises à assez de contradictions intérieures pour que l’on vienne les bassiner/tourmenter voire juger de l’extérieur sur des questions qui, rappelons-le, sont tout de même de l’ordre du privé, vous ne pensez pas ?

Le post du jour tire clairement son inspiration d’une publication de @grainesetailes que je vous avais partagée hier matin en storie sur Instagram. Elle avait d’ailleurs provoqué beaucoup de réactions en messages privés, ce qui me laisse penser que nous sommes nombreuses à trouver ces questions trop intrusives. (Elles peuvent même être blessantes parfois…) Eh oui, Élodie le disait très bien dans son post, nous avons des parcours différents, des histoires différentes, et parfois, répondre à ce genre de question relève du défi pour ne pas verser une larme.

Je pense aux femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants, à celles qui ont connu des fausses couches à répétition (et qui ne veulent pas forcément en parler), à celles qui ont eu un/des enfant(s) mais qui en ont aussi perdu un ou plusieurs, à celles qui essaient mais qui n’arrivent pas, à celles qui veulent attendre, et à celles qui n’en ont pas (ou plus) le désir… Je pense que cette publication peut être très parlante.

On a beau avoir nos propres réflexions personnelles sur ce genre de sujet, on n’a pas toujours envie de les partager pour plusieurs raisons (pas envie d’argumenter, pas envie de se faire juger…) . Et puis bon, soyons réalistes, la vérité, c’est que nous sommes plus de 7 milliards sur cette terre et que, sans surprise, il existe au moins autant de schémas de pensées. (Dans les faits, il n’y a pas de bonne réponse. Mémé Lucienne du bout de la rue pourrait aussi bien s’insurger du fait que souhaitiez peu d’enfant, que la caissière du monop’, outrée en constatant que votre ventre s’arrondisse pour la quatrième fois…)

NB : Je n’ai qu’une vie et vous vous doutez que je n’ai pas vécue toutes ces situations moi-même, mais j’entends tellement de choses sur les réseaux et je vois tellement de choses dans ma vraie vie que je me devais de rendre justice à cette question du « petit deuxième » avec l’éventail de possibilités farfelues (mais bien réelles) que ce faux débat comprend.

Je pars du principe que tant que la personne qui vous pose ces questions n’est pas impliquée au point d’être votre moitié, alors ses propres schémas de pensées peuvent bien différer des vôtres sans aucun problème ; il est alors même inutile de débattre sur ces sujets délicats. C’est comme les goûts et les couleurs, tellement subjectifs que ça ne se discute pas, et là encore moins, car il y a beaucoup de facteurs sur lesquels nous n’avons pas prise.

Comme nous le disions en messages privés insta, par-dessus nos avis, nos préférences et nos « choix », il faut prendre en compte le fait qu’un bébé, ce n’est pas un jouet que l’on commande, c’est une vie ; un cadeau du ciel qui arrive quand il arrive… 🙏

Bien sûr, je fais la part des choses entre les questions intrusives avec jugements, comparaisons et « donnage de leçon » d’une collègue froide de boulot, de la secrétaire méprisante de votre médecin traitant ou d’une inconnue dans la rue et j’en passe… et puis les questions bienveillantes d’un proche qui sait rester discret et qui veut juste savoir si tout va bien et si vous avez besoin de parler… Pour ceux-là, merci. Je pense notamment aux mamans des principaux intéressés qui ne recherchent finalement que le bonheur de leurs enfants et petits-enfants. Elles sont généralement des figures protectrices, désintéressées et à l’écoute de nos questionnements. Si nous ne pouvions pas nous livrer auprès d’elles (et/ou de nos soeurs, frères ou meilleures amies selon les cas…), lorsque nous en ressentons le besoin, je pense que nos relations seraient bien tristes avec autant de tabou.

Vous savez quoi ? J’ai peut-être d’ailleurs moi-même déjà été amenée à poser la question à des amies proches, même si j’essaie d’éviter, car j’ai toujours peur d’être maladroite… Dans ce cas, je restais vigilante à ne pas reporter mes propres schémas/envies/espoirs ou frustrations sur les autres.

De toute manière, il faut garder à l’esprit que dans ces moment précis, ce n’est pas de notre vie dont il s’agit là. Faire des enfants, leur nombre, et l’écart d’âge plus ou moins grand entre ces derniers, tout cela n’est pas quelque chose que l’on peut ou que l’on doit imposer, forcer, interdire, encourager, ou tenter de dissuader.

Chaque couple est différent et chaque histoire unique. Respectons l’intimité des personnes que nous aimons. ♥

EM.

Voici un petit billet que je n’allais initialement publier que sur Instagram en réaction à nos échanges en privé, mais j’ai fini par écrire un pavé, alors le blog s’est présenté à moi ! J’espère que ma petite réflexion vous parle et que vous aurez esquissé quelques sourires. En tout cas, je me dis qu’il vaut toujours mieux relativiser et dédramatiser. Chacun de nous connaît ses attentes, ses envies et ses possibilités, et ainsi va la vie…

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17 réponses à « Un petit deuxième ? » La question qui tue

  1. Oh combien je l’ai vécu… Tu décris bien les situations. Chacune et chacun a son histoire, son ressenti et on ne fait pas ce que l’on veut mais ce que l’on peut. Ayant eu moi aussi un parcours chaotique en matière de grossesse. C’est des situations que j’ais toujours contourné parce qu’elles me blessaient

  2. J’ai beaucoup souri durant ce billet, notamment avec tes visuels en début d’article 😉
    C’est vrai que c’est une sacrée pression que l’on met sur les épaules des parents… Et comme tu le dis, ça ne regarde personne d’autres que le couple en lui même !
    A bientôt,
    Charlotte.

  3. une mummy dit :

    Mon opinion rejoint totalement la tienne, d’ailleurs j’en avais rapidement parlé dans mon article sur l’image de la mère en France. La question de l’enfant est au plus profond de l’intime du couple et les demandes extérieures sont, à mon sens, malvenues, pour la plupart. Le commun des maladroits n’imagine pas tous les scenarii qui peuvent se cacher derrière une absence d’enfant, toi, moi et hélas plein d’autres le savent en revanche très bien, et savent la douleur les plaies que ça peut rouvrir. Et même si aucun drame n’a touché le couple en question, ne pas vouloir d’enfant ou n’en vouloir qu’un seul n’a rien de honteux. On est bien assez nombreux sur Terre. ^^

  4. Ton article est très juste. Je suis toujours outrée par ce genre de questions ou son corollaire « et c’était voulu ? » quand on parle de la troisième, etc. grossesse ou cette maman si délicate et bienveillante qui m’avait demandé si je savais déjà pendant la grossesse « que ma fille était comme ça » et que je l’avais quand même gardée…
    Je me demande toujours si les gens sont cons, méchants, maladroits ou tout en même temps.

    • EM dit :

      Horrible horrible horrible. Non mais qui a bien pu te sortir ça franchement je suis choquée. Je t’embrasse fort et je te remercie pour ton commentaire.

  5. Comme je me retrouve à travers ces mots… Ces questions auxquelles il m’a toujours été compliqué de répondre, peut-être parce que je n’en avais pas envie, peut-être parce que je n’assumais pas que ce que la nature avait décidé était contraire à notre volonté, mais en toile de fond cette impression de toujours devoir se justifier…

  6. C’est vrai que ces questions sont tellement intrusives ! J’arrive à peu près à pardonner quand ce sont des personnes sans enfant qui ne se sont jamais posé la question du parcours pour avoir un enfant mais quand ce sont des parents qui posent ce genre de question lourdement et sans discrétion ça m’énerve vraiment ! Je ne comprend pas que lorsqu’on a vécu et réfléchit à la conception d’un enfant on ne puisse pas être un minimum empathique et penser aux sentiments des personnes à qui on pose ces questions…

    • EM dit :

      Eh oui c’est là le grand problème. On mélange curiosité et maladresse et ça donne des situations bien difficile à supporter émotionnellement parlant… Merci beaucoup pour ton commentaire.

  7. Paty dit :

    Cc EM,
    Toujours aussi juste dans ta réflexion, respectueuse des choix de chacun…
    Alors, pour prendre, à mon habitude ;), le contre pied de ta réflexion, je te donne une piste tout aussi (voire plus) gênante (si c’est possible !), cette autre situation :
    – Le quidam  »gêneur » : « Oh !!!! Félicitations !!!!!!
    – Vous : ????? Pour ??????
    – Ben, pour le x ème qui arrive !!!!! 😀 »
    Et vous regardez bêtement votre petit ventre qui est un peu trop rond … pour bien d’autres raisons !!!!!!!!
    Bonne journée, EM
    Bisous !!!!!

    • EM dit :

      Coucou ma Paty !
      Quel plaisir de te voir ici (pour moi qui ai tellement de retard dans la découverte de tes jolies créations sur Facebook et ta boutique !).
      LA situation que tu décrit est des plus horrible !!! XD Mieux vaut en rire je crois sinon on ne s’en sort plus. Alors moi, figure toi que lorsque je sort de chez moi et que j’ai le l’impression d’avoir un ventre de femme enceinte (et qu’il pourrait se remarquer), et bien j’ai tendance à mettre plus souvent ma main sur mon ventre comme si je l’était vraiment. XD Les gens qui me dévisagent n’ont cas imaginer ce qu’ils veulent, ma vie ne les regarde pas ! La réalité c’est que nous, les femmes qui avons déjà enfanté, nous mettons trop le focus sur notre propre ventre alors qu’il a accomplie des miracles. Dans les fais, ce ne sont que des impressions que nous avons et puis bon, les femmes sont si durs entre-elles qu’à mon avis, celles qui font ces remarques sans s’assurer avant que c’est bien le cas, le font souvent par pure méchanceté/comparaison… Je le répète, mieux vaux en rire ! ^^

  8. Justine dit :

    Tu as tout dit… Parfois, cette question venant de gens qui t’aiment vraiment n’a rien à avoir avec du jugement, c’est juste une sorte de projection pour certaines mamies, par exemple, pour qui c’est normal de vouloir plusieurs enfants par exemple. Je te suis reconnaissante de l’avoir préciser. J’entends et lis beaucoup ce genre de messages, que je comprends bien, c’est difficile de ressentir cette sorte de pression. Mais je t’avoue qu’à chaque fois, je pense à ma grand-mère, qui la personne la plus altruiste que je connaisse et qui est juste un tout petit peu curieuse. Et le fait de penser que certains la trouvent incorrecte, ou impolie, ça me fait de la peine. En fait, je crois que tout dépend des intentions de la personne. Si elles ne sont aucunement mauvaises, bien sûr que ça peut quand même réveiller en nous des sentiments ou émotions difficiles, mais il suffit de le dire, d’être honnête, et peut-être même que ça fera du bien à tout le monde… Merci pour cette belle réflexion en tout cas <3

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