#LesBrindillesDessinent (6) Dessiner, oui, mais à quelle fin ?

unbrindemaman © EM – #LesBrindillesDessinent (6) Dessin personnel réalisé pour l’exercice du jour, au crayon en une demi-heure (excusez la qualité de la photo).

Bonjour et bienvenue à ce sixième « cours » du programme #LesBrindillesDessinent.

Hier, nous avons enfin sauté le pas et nous sommes ainsi passées de l’observation de notre paysage environnant en 3D, à une retranscription en 2D, sur feuille.

Aujourd’hui, je voudrais passer encore à une autre retranscription que je n’ai pas encore abordée ici, mais qui a son importance. Pour cela, je voudrais commencer par vous parler du rôle du dessin. Je voudrais mettre l’attention sur le fait que la majeure partie du temps, nous voulons dessiner pour une raison. Pendant longtemps, le dessin avait pour but essentiel de capturer des réalités dans une volonté de les immortaliser dans un souci de réalisme ; cela pouvait être des faits historiques, des portraits, des souvenirs en somme… Depuis, la photographie a pris une ampleur phénoménale à tel point que pour « apprendre à dessiner » plus facilement, je vous propose justement, pour commencer, de vous baser sur des photographies…

Notre rapport à l’art peut prendre mille formes. Parfois, le dessin est une activité qui nous détend. Parfois, nous aimons nous mettre des défis pour réussir à bien reproduire une chose qui nous fascine ou qui nous plaît tout simplement. Parfois, nous pouvons être passionnées par l’histoire de l’art au point de vouloir infiltrer ce monde pour le comprendre et y « laisser une trace ». Parfois encore, nous pouvons ne rien y connaître et vouloir nous approprier ce médium pour transporter des idées. C’est en fait de cette dernière transcription dont je voudrais parler aujourd’hui. Car oui, le dessin est aussi utilisé comme tel depuis des millénaires.

Si vous souhaitez apprendre à dessiner pour bien retranscrire la réalité, alors je pense que les « cours » précédents peuvent être un minimum utiles pour vous aider à progresser. Cependant, nous ne nous sommes pas encore exercées à retranscrire des idées par le dessin.

Pour cet exercice, il n’y a ni support photo à reproduire, ni réalité à représenter dans une volonté d’y être fidèle. Munissez-vous du médium de votre choix (crayon ou stylo…) et d’une petite feuille de papier. Choisissez un thème qui vous plaît et donnez libre cours à votre imagination. Vous pouvez vous inspirer de la réalité ou d’images connues, mais aucune reproduction fidèle n’est attendue, au contraire. Vous devez construire une nouvelle image que vous avez imaginée et qui raconte quelque chose. Vous pouvez avoir un style réaliste ou complètement décalé, surréaliste… En bref, traduisez ce que vous avez imaginé en dessin. Vous pouvez chercher à transmettre un message ou simplement avoir pour volonté de proposer quelque chose de nouveau qui vous appartient : l’essentiel est de transmettre une émotion.

Personnellement, je sais que je suis bien meilleure lorsque je reproduis de manière réaliste une chose existante, pour le plaisir d’utiliser des techniques, des effets et des compositions qui me plaisent, mais… je me suis aussi prêtée au jeu. (C’est d’ailleurs ce que je m’efforce à travailler au travers des #penséesfarfelues (sans model) ou des #unbrindemamanmadit (mais l’effort est moins flagrant dans cette dernière rubrique).Il n’en reste pas moins que je ne manque pas une occasion pour m’entraîner !

Internet regorge de personnes qui développent leur propre univers en dessins, pour faire passer des idées, des messages ou juste pour exposer des critiques de notre société (caricatures…) ou pour faire rire. Le dessin est un chouette support artistique. Parfois, vous verrez des illustrateurs ou des dessinateurs qui ont énormément de talent, leur art est plutôt décoratif, parfois il interroge et parfois il raconte des choses, mais l’ensemble reste figé. Il n’en reste pas moins que leur art est considéré comme tel car il produit une émotion, il interpelle, tout simplement.

Parfois encore, vous retrouverez sur la toile des illustrateurs ou des dessinateurs qui ont d’immenses lacunes en dessin mais qui ont beaucoup de choses à dénoncer ou à dire. Les proportions sont tirées par les cheveux, les perspectives sont fausses et les logiques anatomiques des personnages sont déroutantes, pourtant certains de ces comptes ont des dizaines de milliers d’abonnés au compteur. A votre avis, pourquoi ont-ils autant de succès ? Et bien ils réussissent à capter un public car il est réceptif aux histoires qu’ils racontent. Le fond du message a alors plus d’importance que le dessin qui ne reste d’un support signature qui permettra au lecteur de retrouver et reconnaître l’artiste et son univers. C’est là que le dessin est magique. N’importe qui peut dessiner pour traduire son imaginaire, transmettre des messages au travers d’histoires qui émeuvent et qui interpellent. Que le dessin soit bof ou pro, le dessin peut être utile. Bon, à travers nos cours de la semaine, j’aimerais tout de même que vos dessins soient plutôt intéressants et réussis plutôt que bof… 

Si la pratique du dessin vous intéresse dans une logique décorative (reproduction fidèle à la réalité, que ce soit une reproduction simple, partielle, ou une composition nouvelle qui finit par vous être propre (travail nouveau à partir de scènes réelles)), alors je vous conseille de pratiquer beaucoup à l’aide des exercices précédents.

Si la pratique du dessin vous intéresse avec toute l’étendue des palettes qu’il propose comme je l’ai définie plus haut (pour aussi transmettre des messages), alors je vous conseille de vous exercer à traduire votre imaginaire régulièrement. Et pour bien réussir cette prouesse, je vous conseille très fortement de ne pas omettre de vous entraîner à dessiner « pour de vrai, la vraie réalité», en reproduisant, toujours à l’aide des exercices précédents. Car une belle idée, bien transmise, passe forcément par un dessin expressif et un minimum bien dessiné. Ce n’est qu’en connaissant bien la réalité, et en retrouvant les codes de cette réalité, que vous parviendrez à toucher votre auditoire. Inévitablement, pour s’émanciper des supports qui vous permettent de « bien reproduire », pour « bien dessiner », il faut finir par les connaître presque par cœur. Petit à petit, vous trouverez le meilleur moyen de décrire cette réalité, avec votre style signature, toujours en résonance avec les codes de l’imaginaire collectif qui permettront à vos dessins, et aux messages qu’ils transmettent, d’être compris ! N’ayez crainte, à force d’entrainement, vous aurez vos automatismes.

Il se peut qu’une illustration qui ne se base que sur une scène imaginée soit retranscrite avec un peu moins de détails qu’une reproduction d’après modèle. Selon le style que vous souhaitez adopter, je peux vous conseiller de réunir beaucoup d’images de ce qui compose l’idée que vous avez imaginé et que vous souhaitez dessiner. Vous aurez ainsi plusieurs supports au service de vos idées, qui vous aideront à trouver les bons repères.

Par exemple, pour l’exercice du jour, pour ma proposition personnelle, j’ai pensé à mes enfants et j’ai eu l’idée de dessiner mon cœur que j’estime plus grand depuis leur arrivée dans ma vie. J’ai pensé à deux fleurs (symbolisant mes enfants) s’y étant fermement enracinés. Symbole de mon mon cœur qui grandit à travers eux… « de la plus belle des façons ». Ne sachant pas par où commencer, j’ai regardé plusieurs photos de cœurs réels, je me suis ensuite servie de ces modèles pour dessiner un nouveau cœur « à ma sauce », avec mon style (qui reste plutôt réaliste pour le coup). Pour les fleurs, je n’ai pas jugé nécessaire de regarder des modèles mais j’aurais très bien pu m’inspirer de quelques modèles réels également (de mon jardin ou à l’aide de supports photos libres de droit par exemple).

Pour l’exercice du jour, quel que soit le style que vous voulez rendre, n’oubliez pas que si vous dessinez parce que vous avez quelque chose à dire, ou que vous avez une histoire à raconter, un message à faire passer, alors, vous devez exercer votre plume pour mettre toutes les chances de votre côté pour que le message puisse être compris. Personnellement, j’accorde toujours une attention particulière à la qualité du dessin, et quand il y a un message et/ou une émotion en plus et que tout est bien équilibré, je suis conquise ! (Généralement, quand le dessin est bof, je n’accroche pas, même si le message est intéressant… C’est à vous de voir.)

Voilà pour l’exercice du jour, un peu différent… et qui n’intéressera d’ailleurs peut-être pas tout le monde, mais qui reste à mon sens bienvenu pour cette semaine de dessin. Lorsque vous commencez un dessin, demandez-vous toujours pourquoi vous le faites. Si vous vous adressez à un auditoire, alors votre dessin doit être lisible. Pour être lisible, il doit être un minimum juste. Pour rendre cela possible, entraînez vous ! Apprenez à comprendre la réalité pour mieux l’illustrer. C’est donc un exercice à réaliser après vous être entraînées aux exercices précédents, pour obtenir un rendu de qualité, avec des dessins intéressants et un style maîtrisé. J’ai hâte de voir vos productions !

unbrindemaman © EM – #LesBrindillesDessinent (6) Voici ce que mon mari a imaginé, sans support d’image pour la réalisation. Vous observez que la balle et le filet sont bien réussi. Il avait déjà eu l’occasion d’en observer des vrais, lors du premier exercice et le résultat est là ! Avez vous remarqué l’expression de la balle ? On croirait à une petite vignette de BD. L’exercice est réussi parce que l’image raconte une histoire, elle dit quelque chose et on comprend la scène au premier coup d’oeil… le dessin fonctionne bien. 

EM.

J’espère sincèrement que ce sixième cours vous aura été utile. N’hésitez pas à partager vos productions avec le mot-dièse #LesbrindillesDessinent ; que vous réalisiez les exercices durant cette semaine ou plus tard. N’hésitez pas à vous abonner, à commenter, à partager et à m’envoyer votre travail en privé sur Instagram ou par mail (em(@)unbrindemaman.com) si vous ne souhaitez pas le partager en public. Je reste à l’écoute de vos questions. Et je vous dis à demain pour un dernier petit cours !

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2 réponses à #LesBrindillesDessinent (6) Dessiner, oui, mais à quelle fin ?

  1. Je ne participe pas mais je lis avec attention tes articles! J’ai pas tout tout compris……il faut m’expliquer longtemps !!!! Mais quelle belle idée ! Ça change des articles classiques !
    Dès que tu apprendras à ta fille à dessiner, pense à moi et à mon niveau rester à l’âge des premiers dessins! En maternelle, je préférais écrire que dessiner et je pouvais pleurer des heures pour ne pas le faire…….tu vois le problème !!!
    Bonne fin de week-end

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